Thennelières qui n’en veut pas. Lusigny qui négocie. Pont Sainte Marie qui porte plainte. Bar/Aube qui se prépare... c’est aujourd’hui au tour de Sainte-Savine de récupérer la patate chaude des gens du voyage !
Ce dimanche en effet, 50 à 100 caravanes sont venues s’installer autour du complexe sportif de la Noue. Branle bas de combat des autorités qui sur place étaient facilement reconnaissables à leur air grave et au téléphone portable vissé à l’oreille. Branle bas de combat donc des autorités compétentes épaulés par... deux policiers en uniforme !!! Il est loin le scandaleux discours de Grenoble au cours duquel Sarkozy gonflait le torse et menaçait de renvoyer au pays tous ces voleurs de poules. Qu’importe si pour la plupart, leur pays c’est la France ! La réalité est bien moins glorieuse et les communautés gitanes continuent de traverser la France, déclenchant ici ou là les réactions épidermiques et les fantasmes d’élus qui ne veulent pas prendre leurs responsabilités.
La patate chaude passe d’une commune à l’autre sans que personne, et surtout pas le préfet tranquillement en vacances, n’envisage une solution sérieuse. Personne ne veut de « ce problème » chez soi, ni sous la forme des occupations « sauvages » actuelles, ni sous celle d’une aire qui, de toutes manières, ne suffira pas à répondre aux besoins.
En un mot, chacun cherche à se débarrasser de la patate chaude ou, au moins, à cacher la vilaine chose. Pour preuve, à Sainte-Savine, les quelques caravanes, installées autour de la piste athlétisme, ont été invitées à quitter les lieux. Pour aller où ? A quelques mètres de là, au milieu du parc où elles seront loin des regards d’une population inquiète. Le hasard veut que je me sois retrouvé au milieu de tout ce ramdam. J’ai traversé le parc au milieu des caravanes, croisé les familles. Et, loin des fantasmes, je n’ai vu aucune grosse berline allemande (mais beaucoup de vieilles camionnettes) et je n’ai pas été dépouillé ! Au contraire, beaucoup d’enfants et d’adultes m’ont aimablement salué et j’ai pu, sans la moindre crainte, accomplir mon jogging dominical.
Bref, de Lusigny à Sainte-Savine, la patate chaude passe donc de ville en ville. Pendant ce temps, le préfet est en vacances et l’aire de Thennelières, trop petite, est toujours dans les cartons. Dans quelques jours, la patate chaude passera dans les mains d’un autre maire. Lequel ? Les paris sont ouverts.
Mise à jour du 8 août : Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour, cette fois-ci, intervenir. En l’espace de quelques heures et avec l’intervention des autorités, les caravanes ont été priées de quitter les lieux. La patate chaude est relancée !











