L'article

22
août
2011

Le pan de bois version cache-misère ou version haute-couture

Il y avait les rénovations "haute-couture" où les pans de bois des maisons troyennes étaient restaurés dans leur état d’origine. Il y a maintenant le pan de bois "Cache-misère" : quelques poutres calibrés de manière industrielle pour recouvrir une façade sur laquelle on ne prend même pas la peine de de retirer les volets !!

Nos amis de Chapi-Chapo reviennent ce lundi sur cette vraie-fausse rénovation de la rue Zola.

Selon le journal local :

« La façade depuis plusieurs mois [...] laisse transparaître les typiques poutres à pans de bois : « Nous avions envisagé une réhabilitation moitié XVIe siècle-moitié contemporaine mais nous avons opté pour un ensemble XVIe siècle » assure le propriétaire »

Les amoureux du patrimoine se seront sans doute étranglés en lisant cet article. Qu’ont-ils de typique ces pans de bois contemporains ? Qu’il y a-t-il de "XVIe siècle", mis à part la ferme d’avant corps, dans cette construction moderne ? Comme nous le disions auparavant, nous sommes loin du style de réhabilitation en cours à l’Hôtel des Comtes de Champagne (cf ci-dessous).

Voici ce que nous avions publié le 2 juillet dernier.

Version cache-misère

Rue Zola, à l’emplacement de l’ancien bar "Le César". Une rénovation qui prend le parti du contemporain avec des poutres droites comme la justice.

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Version haute-couture

Rue de la Monnaie, l’hôtel des Comtes de Champagne illustre une manière de faire bien plus respectueuse de notre patrimoine. Ici, les architectes restituent le pan de bois dans son état originel.

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La question se pose de savoir si l’esprit du secteur sauvegardé, l’ambition d’inscrire notre ville au patrimoine de l’Unesco peut s’accommoder de rénovations "cache-misère".

post scriptum :

- Première publication le 2 juillet 2011
- Mise à jour le 22 août 2011



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Les commentaires (10)

Le pan de bois version cache-misère ou version haute-couture
  • Commentaire 48357 Poupon La Peste
    le 3 juillet 2011  à 14:20

    L’inscription au patrimoine Unesco ne se fait pas sur le pan de bois, mais sur du virtuel, pardon, de l’immatériel. Alors qu’importe l’authenticité, faisons du pastiche, encore du pastiche, le plus merveilleux des pastiches, un symbole pour la ville : la maison du tourisme !!! La ville se meurt du pastiche ! Que diable ! De la modernité, du contemporain ! Faites preuve d’inventivité et de création : imaginer des formes contemporaines qui ne soient pas du pastiche mais qui restent harmonieuses à un ensemble. Il y a bien quelques exemples dans la ville !!!

  • Commentaire 48358 PH
    le 3 juillet 2011  à 15:34

    Sauf que Troyes envisage de nouveau de concourir au patrimoine matériel : http://www.auboisementcorrect.com/7...

    Et voir auss le dernier press’Troyes.

    Il me semble donc particulièrement important, d’être très attentif à la valorisation de ce patrimoine bâti.

  • Commentaire 48360 Poupon La Peste
    le 3 juillet 2011  à 21:54

    Je ne vois nul part de déclaration ou un quelconque article provenant de la municipalté dans lequel elle dit se ranger du côté de l’avis du ministre... et les ministres passent (très bientôt, d’ailleurs...)...

  • Commentaire 48361 PH
    le 3 juillet 2011  à 22:25

    La ville y travaille

    Les propos du ministre :

    il [le ministre] s’est engagé à soutenir la constitution du Pôle muséal et la candidature de Troyes aux labels de l’UNESCO, en exprimant son souhait de ne pas faire candidater notre cité, uniquement pour le patrimoine immatériel, mais également pour le patrimoine matériel.

    source : Press’Troyes, juin 2011, p.10

    Et surtout, cet article de l’Est-Eclair et son dernier paragraphe précisant que la ville travaillera sur ce dossier à l’automne prochain : http://www.lest-eclair.fr/article/a...

  • Commentaire 48362 Poupon La Peste
    le 4 juillet 2011  à 00:34

    Bon, OK pour l’article de "chapi-chapo"... Qu’il aura fallu du temps à "Dame Lise" pour prendre conscience de ce que beaucoup disaient déjà.... Une porte de sortie pour l’immatériel ? J’attends avec impatience de voir qui sera désigné dans le "comité de pilotage". Des architectes et leurs commanditaires spécialisés dans le "pastiche" ??? Les très conservateurs pilotes de la SAT ? La future maison du tourisme n’est-elle pas le symbole de cette ville-pastiche que l’on veut nous vendre ?

  • repondre Répondre



  • Commentaire 48980 Mistake
    le 22 août 2011  à 17:48

    Pourquoi vouloir à tout prix et partout recréer à chaque fois les standards du XVIème ? Bien sûr il faut rénover et entretenir le patrimoine existant. Mais prenons conscience que nous sommes en 2011, qu’il y a de nouvelles techniques, de nouveaux matériaux, des architectes innovants,... La ville de Troyes ne laissera pas grand chose de notre temps aux futures générations si ce n’est un parc d’attraction.
    Je suis d’autant plus frustré lorsque je vois le projet de la future maison du tourisme censée devenir le fleuron de cette ville imaginaire créée par la main de nos contemporains. La seule fiertée architecturale que notre époque peut avoir est la médiathèque. Heureusement d’ailleurs qu’elle n’a pas été réalisée en pan de bois. Mais je suis sûr qu’ils y ont pensé...

  • Commentaire 48999 un amoureux du patrimoine
    le 23 août 2011  à 15:57

    Vous avez honte des pans de bois ? c’est avzec des discours comme les votres qu’on a détruit une bonne partie du patrimoine de troyes dans les années 60 et 70 !

  • repondre Répondre



  • Commentaire 48989 Poupon la Peste
    le 23 août 2011  à 00:16

    C’est quoi un pan de bois originel ? Sait-on comment il était... ? De quand date-t-il ??? Les maisons ont une histoire. Faire du pastiche et du "cache misère" appartient à l’Histoire... nos historiens, plus tard, commenteront la politique de rénovation de Troyes, sa volonté de faire "plus vrai que vrai", plus "moyenâgeux" que médiéval...
    Ils nous font avaler tout ce qu’ils veulent.
    Je rejoints entièrement Mistake quant à la politique urbaine du pastiche.
    Je regrette aussi le manque d’originalité, d’inventivité....etc... Quand je vois le pastiche de la maison du tourisme, ce qu’est devenu le projet de l’extension du nouveau siège du CG10, et combien d’autres projets encore qui, sous couvert d’authenticité et de nécessités liées aux règles du secteur sauvegardé se réfugient avec des architectures conservatrice, pastiches et cache-misère, sans saveur...

    repondre Répondre



  • Commentaire 48993 Mistake
    le 23 août 2011  à 09:16

    Très bon exemple aussi. Le premier projet présenté pour l’extension du conseil général était digne de notre époque, doté d’une véritable architecture contemporaine et rivalisant de prouesses techniques, qui certainement n’aurait pas laissé indifférents les troyens et les touristes pendant de longues années.
    Malheureusement c’est le deuxième projet qui a été adopté avec toujours ce retour aux sources... Dans une dizaine d’années, il ne fait aucun doute qu’il se sera fondu dans le paysage urbain actuel, noircit de tristesse.

  • Commentaire 48996 Poupon la Peste
    le 23 août 2011  à 11:03

    C’est simple pourtant : appliquer la charte de Venise... Et on n’en serait pas à une telle dérive conservatrice aboutissant au pastiche qui semble être devenu la règle à Troyes. voici un petit rappel de deux articles fondamentaux de cette charte de Venise qui date de .... 1964 !!!

    Article 9.
    La restauration est une opération qui doit garder un caractère exceptionnel. Elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s’arrête là où commence l’hypothèse, sur le plan des reconstitutions conjecturales, tout travail de complément reconnu indispensable pour raisons esthétiques ou techniques relève de la composition architecturale et portera la marque de notre temps. La restauration sera toujours précédée et accompagnée d’une étude archéologique et historique du monument.

    Article 11.
    Les apports valables de toutes les époques à l’édification d’un monument doivent être respectés, l’unité de style n’étant pas un but à atteindre au cours d’une restauration. Lorsqu’un édifice comporte plusieurs états superposés, le dégagement d’un état sous-jacent ne se justifie qu’exceptionnellement et à condition que les éléments enlevés ne présentent que peu d’intérêt, que la composition mise au jour constitue un témoignage de haute valeur historique, archéologique ou esthétique, et que son état de conservation soit jugé suffisant. Le jugement sur la valeur des éléments en question et la décision sur les éliminations à opérer ne peuvent dépendre du seul auteur du projet.

    En appliquant cette règle, on aurait évité ce qui va devenir le "phare" du tourisme troyen...
    Quant au siège du CG10... Quel manque d’imagination ! Quel monument triste et sans saveur, et qui va dominer une si belle place...

  • repondre Répondre



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