Il y a des petits gestes, des rassemblements, des mobilisations, qui en disent long, plus long que n’importe quel discours sur l’étroitesse d’esprit de nos élus.
Étroitesse d’esprit ? Le mot est sans doute trop léger, trop aimable pour qualifier la mobilisation des élus du PNRFO, ce samedi, contre... les voleurs de poules. Mieux faudrait-il parler, ici, d’élus contaminés par la petite musique du racisme ordinaire. Ce qu’ils refusent ce n’est donc pas l’extension de la décharge de Montreuil, ni la proximité des déchets nucléaires. Non... ça, ils s’en accommodent volontiers pourvu que les euros sonnants et trébuchants tombent chaque année.
Ce qu’ils refusent l’implantation d’un centre de grand passage de quelques hectares, destiné à accueillir, quelques semaines chaque année, une petite centaine de caravanes des voleurs de poules [1] ! Car dans l’esprit étroit et un peu xénophobe de ces élus, venus de tous le périmètre du parc, les clichés un peu rance ont la vie dure. Ces gitans, ces bohémiens, ces manouches ne sont que de potentiels voleurs de poules. Rien d’autre qu’une poignée d’individus menaçant le petit confort de quelques nantis, quelques vieux retraités effrayés par le moindre visage un peu halé...
Vous me direz : « On a les élus, qu’on mérite ». Dans ce cas, j’ose espérer que non. Et je veux croire que les habitants du Parc valent mieux, bien mieux, que ce rassemblement d’écharpes tricolores animés par l’égoïsme, la bêtise et la cupidité. En vérité, la seule chose que méritent ces élus, c’est un bon coup de pied dans l’arrière-train. Un « pointu » dans le fondement de ces messieurs suffisamment douloureux pour leur rappeler que ces voleurs de poules sont souvent aussi Français qu’eux, et qu’à ce titre, ils ont aussi droit à la fraternité inscrite aux frontons des mairies.
Pour tout vous dire, les visages fiers et souriants de ces élus, chez Chapi-Chapo, mobilisés pour exclure les voleurs de poule de chez eux, ternissent, selon moi, l’image de la politique. Être élu, ce n’est pas défendre son champs contre l’invasion de roulottes ! Non. Il y a d’autres causes à défendre, d’autres combats à mener, des murs à faire tomber, des ponts à construire qui honoreront davantage cette fonction et nous permettront d’approcher un peu plus l’idéal que porte notre civilisation.
[1] Indiquons que cet aménagement se situera à 500 mètres des premières habitations













