L’édition 2011, sous l’égide de l’excellent Jean-Louis Aubert, sonne le temps de l’austérité. Finie la multitude des concerts à travers l’agglomération. Fini le plateau haut de gamme mêlant artistes confirmés et jeunes talents. L’heure est au régime sans sel et... sans saveur.
Oh, bien sûr, la tête d’affiche a de la gueule. L’ex-leader de Téléphone reste sans doute l’un des meilleurs artistes de la scène française remplissant toutes les salles à la seule force de sa réputation et de son talent. Mais il s’agit de l’arbre qui cache la forêt... ou plutôt le désert. Car derrière Aubert, c’est « Waterloo morne plaine ». La programmation a les allures d’ un « Hard Discount » du Rock, avec dans les rayons, quelques vieux produits passés de mode : Lavilliers, Raphaël, Catherine Ringer, Paul Personne, Cesaria Evora... accompagnés de deux ou trois autres produits démarqués : Renan Luce, Alexis HK, Benoît Doremus. Finalement, seuls Asa et Abd Al Malik, couronné à la pelle de victoires de la musique, peuvent redresser la barre de cette triste édition.
La scène française ne manque pourtant pas de jeunes talents dans la veine et l’esprit de ce festival : Marie Cherrier, Cocoon, lilly wood and the prick, Brigitte, Hangar, Julien Doré, Pierre Lapointe, Da Silva... j’en passe et des meilleurs !
Comment faire tourner la pompe à fric de GL Events ?
Oui mais voilà... les Nuits de Champagne ont le cul entre deux chaises. D’un côté, ils doivent réduire la voilure et retrouver très vite l’équilibre financier. De l’autre, ils sont contraints d’occuper et de remplir l’entrepôt, le Cub3, pompeusement considéré comme une salle de concert ! Pour Jean-Louis Aubert, pas de problème. Il fera salle comble et tiendra la baraque avec le talent qu’on lui connait. Mais comme il en fallait davantage pour faire tourner la pompe à fric de GL Events, nos aimables organisateurs ont du d’ajouter deux autres soirées au catalogue de cet infâme hangar : « Lavilliers et Raphaël », le 26 octobre, et « Cesaria Evora et Asa » (le 27 octobre). Chacun aura donc la lourde, pour ne pas dire l’impossible tâche, de faire chauffer la billetterie pour ne pas replonger dans le déficit. Pour saisir toute la difficulté de l’opération, rappelons que l’an passé, la soirée « Moriarty, Jeanne Cherhal, Gaëtan Roussel », autrement plus prometteuse, n’avait attiré que 1 800 spectateurs sur les 6 000 que peut contenir la boîte noire. On voit mal comment ces deux plateaux pourront faire mieux... D’autant que les prix prohibitifs proposés (de 35 à 43 euros pour ces deux soirées) devraient en dissuader plus d’un !
Un concert acoustique au Cub3 ? C’est faire jouer Fédérer ou Nadal au milieu d’un terrain vague qu’on aurait loué en se coupant un bras
Fort heureusement, « on garde le concept artistique », nous expliquait Pierre Marie Broccard il y a peu. Ah ouais ??? Mais quel concept ? Et pour quelle qualité artistique ? Lorsqu’on connait un poil ce peuvent faire Asa, Cesaria Evora ou Raphaël (ce dernier donnera un concert acoustique au Cub3... cherchez l’erreur), on voit mal, artistiquement parlant, ce que pourront apporter les murs froids et l’horrible qualité sonore de ce hall, à part un bon rhume ! C’est par comparaison un peu comme si on s’acharnait à vouloir faire jouer Fédérer ou Nadal au milieu d’un terrain vague qu’on aurait loué en se coupant un bras ! Ce ne sont évidemment pas ces considérations artistiques qui ont commandé les choix de programmation mais bien la nécessité de rentabiliser l’investissement de ce Cub3, quitte à sacrifier l’esprit du festival et la qualité musicale offerte à ses participants.
Tout cela coûtant très (trop) cher, le reste de la programmation souffre de cette gabegie. Aucun véritable nouveau talent, pas le moindre concert hors de Troyes, la cure d’austérité et le mauvais choix de garder le Cub3 nous imposent, hormis Jean-Louis Aubert, une programmation sans relief, sans sel, sans saveur. Redisons-le, la direction prise sous la contrainte du Cub3, est en train de faire perdre à ce festival, non seulement des dizaines de milliers d’euros, mais surtout toute l’originalité qui en assuré le succès depuis de longues années.
A ce titre, le sondage réalisé cette semaine ne trompe pas puisque la programmation n’est jugé positivement (bien et très bien) que par seulement 35% des internautes...










