Le Président MASONI en rêvait et a trouvé dans son entraîneur l’homme orchestre providentiel pour enfin réaliser son rêve : créer une marque à jouer troyenne (l’équivalent du point Jacquard version footballistique) qui serait reconnue dans tout l’hexagone et même au-delà. Après un minutieux décryptage de cette première saison du nouveau tandem fort, voici, en exclusivité, les 7 préceptes fondateurs qui ont guidé l’équipe tout au long de cette saison avec le résultat que l’on sait.
1- Se dégager au plus tôt des inutiles Coupes pour se consacrer à plein temps au maintien en Ligue 2.
Sans remonter à plusieurs générations, la tradition est désormais bien ancrée (depuis plusieurs années) dans les habitudes troyennes. Malgré le risque exorbitant pris cette année (JM FURLAN avait connu la gloire dans un passé lointain grâce à ses exploits en Coupe de France), elle a été une nouvelle fois respectée à la lettre avec des éliminations précoces en Coupe de la Ligue (élimination au premier tour) et en Coupe de France (élimination dès les 32èmes de finale).
2- Démarrer en douceur et terminer décontracté pour mieux résister à la pression des 90 mn.
Avec, comme contrepartie à cette tactique visant à ménager les joueurs, le risque de prendre des buts. C’est un peu ce qui est arrivé dès la toute première journée : but encaissé à VANNES dès la 4ème minute. On ne compte plus les exemples par la suite : but de GUIE GUIE pour TOURS à la 8ème mn (6ème journée) ou ceux de THIL à TROYES dès la 3ème mn et au retour à BOULOGNE dès la 6ème mn ou encore celui de RIVIERE à AJACCIO lors de la 22ème journée dès la 2ème mn (c’est le record)… On ne citera pas tous les exemples… L’inverse vaut également à partir de la 12ème journée où L’ESTAC s’est mis à prendre des buts, plus ou moins préjudiciables, en fin de partie : ça commence avec le but de SAVADET à la 88ème mn pour CLERMONT (12ème journée) et ça se poursuivait encore vendredi soir (37ème journée) avec le but de NABAB pour LAVAL à la 92ème mn.
3- Développer un jeu de passes latéral sans dépasser le milieu de terrain.
C’est là où ils sont véritablement les meilleurs et où ils font preuve d’un art du jeu et d’une maîtrise technique remarquables admirés par leurs adversaires (qui ne risquent pas grand-chose à les regarder jouer dans cette partie du terrain). Cette pratique a aussi le mérite d’offrir la meilleure visibilité pour l’ensemble des spectateurs puisque se situant au centre du terrain et non près des buts. Cette stratégie a l’inconvénient de nuire un peu à l’efficacité offensive, si bien que l’attaque a du mal à fonctionner. Classée au 17ème rang de Ligue 2, elle ne peut que progresser au cours des prochaines saisons.
4- Utiliser l’irrégularité dans les performances pour dérouter l’adversaire.
C’est tout autant remarquable. D’abord, on gagne davantage à l’extérieur en limitant les victoires à domicile. Puis après avoir laissé passer une longue période de disette, on inverse tout en début d’année pour surprendre l’adversaire en gagnant à domicile et en prenant soin de perdre systématiquement en dehors de chez soi.
5- Procéder par cycle en insistant sur les cycles longs négatifs.
Le Président l’a bien résumé en disant que l’équipe était capable du pire (2 longs cycles négatifs) comme du meilleur (comme en début de Championnat où elle s’est retrouvée à la toute première place après 9 journées) ! Heureusement par la suite, l’équipe s’est bien rattrapée en réalisant 2 longues périodes vides. Les Troyens ont été, depuis, copiés par les Tourangeaux et les Havrais, signe que le jeu à la Troyenne commence à faire des émules.
6- Argumenter à chaque contre-performance que l’équipe manque de maturité et d’expérience et décrocher le maintien grâce aux jeunes.
Rien ne vaut les déclarations-mêmes de l’entraîneur (non sorties de leur contexte) comme à l’issue du match contre ANGERS (31ème journée) : « C’est la frustration de cette saison parce qu’on se rend compte que l’équipe manque de matches de Ligue 2, d’expérience et de suffisamment de maturité pour se dire que, finalement, le match nul est un bon résultat, face à une équipe qui, elle, possède une grande maturité et une grande expérience ».
C’est finalement une équipe beaucoup plus jeune que d’habitude avec SAUNIER (21 ans) SIBIDE (18 ans) SISSOKO (21 ans) NSAKALA (20 ans) BARETTO (20 ans) CAMARA (20 ans) qui a décroché le maintien vendredi soir, face à tous les éléments contraires (des défaites à domicile en série, 1 but de retard au tableau d’affichage et l’angoisse de tout perdre).
7- Prôner la descente en puissance progressive (par opposition à la montée en puissance).
Depuis la 10ème journée, L’ESTAC en application de cette recommandation a gentiment dégringolé avec méthode dans les profondeurs du classement (de la 1ère place au soir de la 9ème journée jusqu’à la 16ème à l’issue de la 37ème journée) jusqu’à se faire peur ; voire même faire très peur à son Président car il savait que le Club ne survivrait pas financièrement à une nouvelle relégation en National (se référer à notre article prémonitoire du 2 mai et à l’aveu du Président quelques jours après le 18 mai, dans l’Est Eclair). Le suspense est garanti en fin de saison grâce à cette stratégie.
Il est prématuré, après une seule saison, d’en tirer les codes définitifs. Ils vont s’affiner (tout au moins on l’espère) au cours des prochaines années ; ce qu’on ne manquera pas de suivre avec un intérêt décuplé. Le club a quand même sauvé le vital cette saison et on espère une dernière exhibition, vendredi prochain au Stade de l’Aube, à la fois insouciante et décoincée.









