Il y a un peu plus d’un mois, nous évoquions la sécheresse qui s’amorçait tout juste et la nécessité de prendre le plus tôt possible les mesures d’économie indispensables pour éviter une crise plus grave.
Deux jours plus tard, nos amis de Chapi-Chapo consacraient un article sur le même sujet. Évidemment, le ton n’était pas tout à fait le même. Même si l’article faisait état de la sécheresse en France, il se voulait rassurant sur la situation auboise, par miracle épargnée des affres climatiques : « Il ne faut pas tomber dans le catastrophisme [...] Les nappes phréatiques ont un taux de remplissage excellent… » expliquait ainsi le président des agriculteurs-irrigants.
Un mois est passé, toujours aucune réaction du côté de la préfecture. Christophe Bay, le nouveau prefet de l’Aube ne pipe toujours pas mot sur cette situation et ne semble envisager aucune mesure.
Or, depuis, cette situation s’est largement dégradée. 15Mm seulement de pluie en avril au lieu des 50 attendues. Le mois de mai qui s’achève ne fera qu’aggraver un peu plus les choses avec pour le moment 11 petits millimètres de pluie au lieu des 60 prévus.
Au final, comme le montrent les graphiques suivants, le déficit de ces 5 premiers mois est tout simplement considérable. Il s’ajoute à la sécheresse chronique que nous connaissons depuis plusieurs années. Comment dès lors expliquer l’inaction des pouvoirs publics ? Car quelque soit la pluviométrie des prochaines semaines, il est semble totalement déraisonnable de parier sur une amélioration à court ou moyen terme. Au mieux, nous vivrons l’été le plus pourri du siècle et nous éviterons de justesse les mesures de restrictions. Au pire, la sécheresse s’amplifiera faisant en comparaison de l’été 1976 une saison maussade. Entre les deux, la raison devrait nous inviter à agir vite pour ne pas subir des restrictions plus drastiques.
Pourtant, on ne fait rien. Il est d’ailleurs étonnant de constater que lorsqu’une entreprise perd de l’argent, que les caisses de retraites sont en déficit, ou que votre compte en banque plonge dans le rouge, on n’attend pas la faillite ou le dépôt de bilan pour agir. Dès les premiers découverts, les banquiers vous rappellent à l’ordre et vous invitent à vous serrer la ceinture ! Ici, on laisse la ressource se réduire, on regarde les déficits se creuser mois après mois sans rien faire si ce n’est lever le nez au ciel et attendre une pluie providentielle.













