Mon sang ce matin, en lisant Chapi-Chapo, n’a fait qu’un tour. L’Etat soutiendrait la candidature de Troyes au Patrimoine mondial de l’Unesco ! Dame Lise aurait donc gagné ! Au moins la 1er manche, car pour prétendre à ce label chaque dossier doit être présenté et officiellement soutenu par son gouvernement. « la cité tricasse est donc sur la bonne voie pour obtenir un jour cette reconnaissance », ajoute ainsi la journaliste.
Heureusement, j’ai lu l’article jusqu’au bout... et à l’image du « Royal Wedding » où aucun champagne aubois ne fut servi à la table des mariés, ici, le projet « Troyes, épicentre de la pensée patati, patata... » n’a pas reçu le moindre soutien officiel du gouvernement français. Portée par son enthousiasme, notre journaliste est allée un peu vite en besogne. Pire encore, Frédéric Mitterrand aura, si on lit sérieusement sa déclaration, remis en cause la candidature troyenne !
Certes, notre ministre de la culture, présent à Troyes, a déclaré : « Je tenais à vous assurer de mon soutien pour accompagner la candidature de Troyes au titre de Patrimoine mondial de l’Unesco. ». Mais il ne s’agit là que du soutien personnel d’un ministre et pas, comme cela est sous-entendu, du soutien de l’Etat. La nuance est de taille car, comme on l’a dit plus haut, chaque dossier doit, avant d’être examiné par l’Unesco, passer par le filtre d’une commission gouvernementale. Au terme de cet examen, le gouvernement choisi alors de présenter à l’Unesco tel ou tel projet.
Le soutien de Frédéric Mitterrand peut sans doute sembler flatteur mais il n’apporte pas le moindre début de commencement d’un éventuel et improbable classement. D’autant plus qu’au passage, le ministre de la culture, avec la langue de bois nécessaire lors d’une visite chez un collègue (a fortiori quand le collègue tient les cordons de la bourse...), a poliment dézingué le projet troyen.
« Je tenais à vous assurer de mon soutien pour accompagner la candidature de Troyes au titre de Patrimoine mondial de l’Unesco. » a-t-il dit sans préciser s’il s’agissait du patrimoine matériel ou immatériel. Et d’ajouter juste après : « L’approche par le patrimoine immatériel est possible mais celle du patrimoine matériel culturel rendrait d’autant plus justice à la richesse de cette ville ». Difficile de ne pas comprendre que Frédéric Mitterrand, au milieu d’une ville aux réelles richesses architecturales, exprime ici ses réserves face à l’orientation et aux chances réelles du dossier "immatériel" troyen.
En d’autres mots, si le ministre de la culture soutient Troyes au patrimoine mondial, c’est, dit-il, sur un dossier crédible, sérieux reposant sur « la richesse [matérielle] de cette ville » et pas sur un patrimoine « immatériel » sur lequel il n’aura finalement dit aucun mot !










