Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 1 :
Le département de l’Aube, évoqué par André Chamson.
« L’Aube, dont le beau nom fait penser à l’éveil quotidien de la nature, n’offre pas aux voyageurs des paysages illustres, ni des horizons sublimes. La mélancolique poésie de la Champagne crayeuse n’est pourtant pas sans grandeur, et les vallonnements boisés du Bassigny cachent de précieux joyaux, près des rives de l’Aube et de la Seine qui reflètent dans leurs eaux ces témoins de notre histoire. »
André Chamson, in La France à Table, bimestiel, n°122, octobre 1966, p.3.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 2 :
La Champagne des champs, évoquée par Claude Duménil.
« Dans les pays de grande culture, en Champagne, à degré moindre en Perthois et dans le barrois, on peut désormais prendre conscience de la pauvreté de l’environnement naturel à laquelle on a abouti. Sans haie, sans talus, sans arbre, cet openfield verdit au printemps ; il se colore diversement en été selon qu’y poussent maïs, betteraves, céréales, luzerne, colza, ou oeillette-pavot ; avec les premiers frimas, la morne nudité réapparaît à perte de vue. »
Claude Duménil, in Champagne Ardenne, Christine Bonneton (Encyclopédie Régionale), 1987, p.318
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 3.
Le port de Hong Kong, évoqué par Jacques Lanzmann.
« Le maître d’hôtel m’a invité à m’asseoir près de la grande baie vitrée d’où le regard peut se cogner comme un papillon de nuit dans l’attraction des lumières et ne plus jamais s’y retrouver. L’œil s’assomme lui-même contre la beauté sauvage. A quoi bon soigner le décor d’une salle de restaurant quand on a sous les yeux le cataclysme bouleversant d’une ville à ventre ouvert, césarienne pas encore cicatrisée et d’où s’échappent au grand galop des voiles, les jonques sœurs jumelles des sampans qu’éclaire le fanal des accoucheurs, ces grands navires venus du bout du monde auprès desquels s’affairent les grues et les coolies, les mendiants de placenta et les mulets bipèdes qui traînent leur pouse-pousse rouge sang pour une promesse de riz. »
Jacques Lanzmann, Hong Kong, in Jacques Lanzmann avec la collaboration de Vincent Landel, fou de la marche, Paris, Editions Robert Laffont, 1985, p.191.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 4.
Réflexion sur la mort, née avec le luxe, selon Paul Valéry.
« L’idée que la mort doit être le principal sujet de réflexion et la principale attention des vivants est née avec le luxe-avec l’abondance des réserves. D’où cette étrange question : En fait de choses inutiles, à quoi penser ? »
Paul Valéry, Histoires brisées (Robinson), in Paul Valéry, La Jeune Parque, L’Ange, Agathe, Histoire brisée, préface et commentaire de Jean Levaillant, Paris, Nrf gallimard (Poésie : 102), 1989, p. 70.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 5.
La mort, un « rendez-vous manqué », selon Anne Philipe (1917-1990).
« La mort ? Un rendez-vous à la fois inéluctable et éternellement manqué puisque sa présence signifie notre absence. Elle s’installe à l’instant où nous cessons d’être. C’est elle ou nous. Nous pouvons en toute conscience aller au devant d’elle, mais pouvons-nous la connaître, ne fût-ce que le temps d’un éclair ! »
Anne Philipe, Le temps d’un soupir, 200ème mille, Paris, René Julliard, 1964, pp.12-13.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 6.
Diverses représentations mentales de la mort, selon la page de présentation d’un ouvrage de Marc Oraison (1914-1979).
« On l’a appelée un « passage », on l’a considérée comme un préliminaire au « grand voyage » soit vers un monde meilleur, soit vers un autre monde imaginé selon nos terreurs ou nos espérances, on l’a vue aussi comme une étape ultime préludant à la plongée dans le néant. Mais, en tant que telle, la mort, qu’est-ce que c’est ? Rien, puisqu’elle ne se caractérise qu’en référence avec la vie. »
In Marc Oraison, La mort… et puis après ?, Paris, Librairie Arthème Fayard (Le livre de poche : 3418), 1972, page de présentation.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 7.
Appréhension humoristique de la mort par Pierre Dac (1893-1975).
« Le mort n’est, en définitive, que le résultat d’un défaut d’éducation puisqu’elle est la conséquence d’un manque de savoir vivre. »
Pierre Dac, Les pensées, Paris, France Loisirs, 1979, p.48.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 8.
Venise, une « sirène », selon Henri de Régnier (1864-1936).
« Quant à Venise dont la Lion ailé étend ses griffes sur notre cité vicentine, ne prime-t-elle pas en puissance et en étrangeté ? Reine des Mers, elle est l’incomparable sirène qui enchante les yeux et les cœurs. Elle attire à elle la curiosité du monde entier, et les étrangers qui la visitent conservent à jamais dans leur mémoire le souvenir de sa grâce inoubliable. » Henri de Régnier, L’illusion héroïque de Tito Bassi, roman, 14ème édition, Paris, Mercure de France, 1920, pp.29-30.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 9.
L’Irlande, évoquée par Marie-Françoise Hans.
« L’Irlande, ce fut un mois d’amour fou, de fascination réciproque, d’interminables discussions au cours des balades dans des paysages verts, mouillés, mélancoliques. »
Marie-Françoise Hans, coup de dés, roman, Paris, Editions du Seuil, 1982, p.39.
Citations du jour par Dominique Cauvé, lundi 2 mai 2011, 10.
Mort omniprésente dans la maison d’un défunt, selon Henri Cueco (1929- ).
« Premier retour à la maison depuis la mort de la grand-mère, cet été. Les vivants fabriquent leur vie durant un milieu fait d’espaces, d’objets, de traces, d’intervalles. Après leur mort, les vides restituent leur existence en creux. Ce sont des fantômes qu’un rayon de soleil, la place d’une table, la distance entre la cuisinière et l’évier, un pot de fleurs, un tiroir, un objet anodin, un parfum, sécrètent en permanence. »
Henri Cueco, in Autrement, n°87, février 1987, La mort à vivre, p.199.









