L'article

20
avri
2011

Chronique d’une sécheresse annoncée : Faut-il renoncer à cultiver le maïs ?

Dans quelques mois, comme chaque année, les autorités compétentes se réveilleront et nous annonceront des mesures de restriction dans la consommation d’eau. Comme chaque année, chacun fera mine d’être surpris. On se tournera vers les agriculteurs et leurs champs de maïs trop bien arrosés. On regardera avec suspicion les terrains de foot trop verts, les piscines trop pleines et l’on se lamentera de ne pouvoir laver son monospace pour emmener les bambins en vacances...

Dans quelques mois, on redécouvrira que l’été, il fait beau ! Parfois même chaud... Et sous couvert d’une bonne conscience écolo on s’inquiétera, moi le premier, du triste état de nos nappes phréatiques et de nos rivières.

Chacun sait pourtant parfaitement ce qu’il va se passer cet été. Il suffit de regarder le ciel bleu de ces dernières semaines. Et si cela n’était pas assez, les chiffres des précipitations des 4 premiers mois de l’année annoncent sans la moindre parcelle de doute, les mesures de restriction de cet été.

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Le relevé des précipitations pour le mois d’Avril

- Ainsi, au mois de janvier, à la station météo de Troyes Barberey, on a relevé 30.6mm de précipitations contre une « normale » de 51.3mm.
- En février, ce fut pire : 17mm de précipitations contre une « normale » de 47.4mm.
- Mars relève la tête mais reste déficitaire : 45mm de précipitations contre une normale de 51mm.
- Avril qui s’achève s’annonce dramatique avec 7.6mm de précipitations contre une normale de 50.8.mm.

C’est donc bien dès aujourd’hui, au regard de ce déficit pluviométrique, qu’il faut agir. Comment ? En prenant d’ors et déjà des mesures de restriction sur les usages domestiques. En invitant les agriculteurs à renoncer à certaines productions excessivement coûteuses en irrigation comme le maïs [1]. En sensibilisant les particuliers, les collectivités et les entreprises aux économies d’eau. Bref, en agissant maintenant plutôt qu’en subissant demain.

Évidemment, cela demande du courage. Cela nécessite un préfet qui sache tenir tête à quelques gros agriculteurs, aux particuliers mécontents ou aux élus plus ou moins déraisonnables. Mais cela redonnerait un peu de lustre à la chose publique seule capable de prendre les mesures préventives nécessaires et nettement moins coûteuses que les restrictions d’urgence qui nous guettent.

notes :

[1] C’est fin avril, début mai que se font les semis de maïs



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Les commentaires (3)

Chronique d’une sécheresse annoncée : Faut-il renoncer à cultiver le maïs ?
  • Commentaire 47404 Rorschach1093
    le 21 avril 2011  à 20:18

    désolé mais quand les gens pensent d’abord à l’arrosage automatique de leur pelouse , à laver leur voiture ( tout le monde fait du rally en forêt maintenant ? ) etc etc etc

    faut pas s’attendre à ce qu’ils soient concernés par la sécheresse qui guette depuis bien avant qu’elle soit annoncée.

    bilan : les vieux desséchés vont crever la gueule ouverte , les pauvres aussi , les enfants vont fondre à l’arrière de la voiture quand maman va les oublier ,

    et pendant ce temps là , les autres feront un golf en 4x4 :)

  • Commentaire 47425
    le 22 avril 2011  à 12:13

    et les centrales, on les refroidit comment ?

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  • Commentaire 47519 PH
    le 25 avril 2011  à 11:22

    Un ami m’a adressé par mail quelques critiques particulièrement pertinentes.
    Je me permets de les reproduire :

    « - tu nous invites à constater (encore une fois) que la fête est finie (économies d’eau chez, pour les particuliers)
    - tu casses du sucre sur le dos des agri (qui n’en ont rien à foutre)
    - tu demandes à Papa la loi, par le préfet de contingenter..

    Bref, m’écrit-il, tu proposes toujours de faire la même chose. _ »

    Il a raison. Et derrière surgissent d’autres questions :
    - Comment gérer ce bien commun le plus efficacement et durablement possible ?
    - Comment ne pas léser les agriculteurs qui sont indispensables à notre vie et qui sont des maillons essentiels dans la question de l’eau ?
    - Comment sortir du recours à une loi coercitive ?
    - Comment faire coïncider les enjeux économiques, écologiques et sociaux ?

    repondre Répondre



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