La vie politique de Saint-Julien-Les-Villas n’est pas un long fleuve tranquille. Loin de là... Et depuis la mort de Francis Mielle, les affaires municipales sancéennes ressemblent parfois furieusement à un mauvais soap opéra brésilien.
L’arrivée de Daniel Picara n’a rien arrangé à l’affaire. Bien au contraire ! Comme tout bon élu menacé par le p’tit melon, celui-ci veut laisser une trace dans l’histoire, un symbole visible et fort. Adnot aura son auditorium, Baroin sa médiathèque, Dhuicq son centre d’enfouissement de déchets nucléaires, Daniel Picarra, lui, nous laissera un pont. Et pas n’importe lequel. Un pont, sur la Moline, reliant l’avenue Terrenoire et le centre commercial situé au delà de la Seine. Un truc de 120 mètres de long qui coûtera quand même la bagatelle de 3.5 millions d’euros, soit 30 000 euros le mètre linéaire !!! Et sans doute bien plus, puisqu’on sait que le budget final de ce genre d’ouvrage à la fâcheuse habitude de s’envoler...
L’opposition politique avec Saint Julien Demain
Évidemment, devant ce truc totalement disproportionné, la contestation monte. Une contestation qui chronologiquement a d’abord été politique. L’association Saint Julien Demain, dont plusieurs personnalités siègent aux Conseil Municipal informe actuellement les sancéens sur ce dossier. Un tract circule actuellement et invite les habitants à venir s’exprimer lors de l’enquête d’utilité publique qui se tient actuellement, et jusqu’au 15 mars prochain au Centre technique municipal.
Ces opposants politiques dénoncent le coût exorbitant de cet aménagement mais également ses conséquences sur la vie des quartiers concernés : « le pont amènera un flot de circulation Allée du Château des Cours, Avenue Michel Baroin (venant de Troyes pour rejoindre les Chartreux) qui aujourd’hui n’existe pas, la circulation dans l’avenue Michel Baroin et la rue de Moulin le Roi sera très importante, le visage de vos quartiers sera à tout jamais changé. »
Un comité d’intérêts des Quartiers de la Moline
Côté citoyens, les choses s’organisent également. Un comité d’Intérêts des Quartiers du Pont de le Moline vient de se constituer. Un site internet a vu le jour et permet à chacun de consulter les éléments du dossier et surtout d’ouvrir le débat avec les citoyens grâce à un forum dédié. Et ceux-ci valent leur pesant de cacahouètes ! On peut ainsi y lire les arguments pour benêts officiels pour justifier la construction du Pont Picara. Selon les responsables, ce machin à 30 000 euros le mètre linéaire devrait permettre : « d’assurer une bonne qualité d’usage et de vie » et de « créer une nouvelle dynamique d’aménagement » (sic). Pour un peu, ce pont donnerait même bonne mine, sourire et ferait maigrir les femmes avant l’été ! Au delà de cet argumentaire, la création de ce comité d’intérêts des Quartiers de La Moline est significative des errements de Daniel Picara sur ce dossier. Constitué, comme son nom et ses statuts l’indiquent, d’habitants de la Moline, ce comité indique que ce pont routier est loin de faire l’unanimité au sein même des quartiers concernés. Et pour cause : chacun se rend parfaitement compte que le service que pourrait rendre ce pont (faire gagner quelques hectomètres aux automobilistes) est infiniment moindre que les nuisances qu’il génèrera (circulation, bruit, pollution, risques accrus d’accidents...). Le projet paraît d’autant plus inutiles que la perspective d’une liaison propre rendrait les mêmes services égrainés par les documents officiels, tout en évitant les nuisances et les 4 millions d’euros.
Bref, pour les Sancéens, le choix est possible. L’alternative existe. A chacun maintenant de venir s’exprimer lors de l’enquête d’utilité publique qui se tiendra jusqu’au 15 mars au Centre Technique Municipale de Saint Julien













