suite des arguments pro-revenu puis critiques pro autonomie...
suite du 45709
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Comment ça marche ?
Imaginons prendre comme base de réflexion la valeur d’usage des choses plutôt que la valeur monétaire :
On décide (qui, quand comment ?) quels sont les usages nécessaires qu’il faut garantir à chacun : logement, santé, éducation, transports, énergie, culture...
On voit comment assurer de fournir ça à tout le monde. Chacun pourra ainsi vivre très correctement, sur une base modeste (décroissance) mais confortable, sans travailler plus.
Ceux qui veulent plus pourront travailler plus, mais en respectant certaines règles de bon sens :
pas d’activités polluantes ou dangereuses sauf s’il est collectivement établi que la production effectuée est assez valable pour justifier la pollution générée ou le danger.
les activités gênantes (à définir) seront réglementées après débats sur leur apport à la collectivité par rapport à la gêne induite...
etc.
On voit comment fournir cela : avec des sous et/ou sous forme de gratuité. Dans certains domaines la gratuité est facile ou même existe déjà. Les services publics sont la meilleure base qui soit pour faire avancer les domaines de gratuité. Or, justement, la préservation des services publics est également un mot d’ordre qui passe très bien auprès des gens, y compris non militants.
Pour financer tout cela, on n’a rien de spécial à faire : l’inertie de la machine fait qu’il est plus facile de continuer à produire, servir etc. que de tout arrêter. Donc, on continue tout, mais petit à petit, certaines choses vont s’arrêter :
les gens qui ont des boulots très pénibles ou très mal payés ne seront plus obligés de les faire puisqu’ils auront leur existence confortable garantie de toute façon. Ce sera donc soit la fin de ces travaux, soit les dirigeants devront améliorer les conditions de travail et/ou les salaires. Sinon, leur business fermera faute de main d’œuvre.
en sens inverse, s’il manque des choses importantes, soit on apprend à s’en passer, soit on se demande pourquoi ça manque. Et du coup, se posera la question "est-ce que ça en vaut la peine ?". Si oui, la collectivité mettra en place les conditions pour que "ça en vaille la peine".
Finalement, la notion de profit perdra d’elle même beaucoup de sa splendeur. On pourra cultiver d’autres valeurs, plus humaines, plus conviviales.
Donc au début, on ne "casse" pas le capitalisme, on lui fait juste une cisaille. Et on laisse cette cisaille grandir toute seule jusqu’à ce que la trame du capitalisme s’effiloche d’elle-même.
Et si plus personne ne travaille ?
La nature humaine n’est pas paresseuse, elle est même plutôt agitée. Il y aura toujours assez de monde pour faire des choses, et si cela ne correspond à ce qu’on veut NOUS, et bien ce sera à NOUS de faire ce qu’on VEUT !
Si personne ne fout plus rien, on va tous mourir de faim J. Jusqu’au moment ou certains voudront retrouver un certain confort et se remettront au travail, mais sur des bases complètement nouvelles, autogestionnaires, avec travail réduit (très réduit), partage des tâches, etc.
Pareil pour les services gratuits : ils coûteront à la collectivité moins que maintenant car ils seront fournis aussi sur les nouvelles bases de travail. Ce qui est indispensable sera collectivement décidé et les tâches collectivement partagées (si personne ne s’en charge spontanément) - avec ou sans salaire, je ne sais pas - toute la mécanique doit être étudiée pour voir comment ça peut marcher.
Je reviens quand même au constat qu’on n’est pas mieux loti maintenant avec la "main invisible du marché ». Donc, cette expérimentation ne peut qu’être positive.
Et si on perd un peu de notre niveau de vie au passage ? Et alors ? On aura tellement gagné par ailleurs !
J’insiste aussi sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas de piller les pays du Sud pour ne plus travailler dans le Nord, mais bien au contraire, de réduire la voilure en général, ce qui réduira aussi l’ampleur du pillage. Sans oublier d’annuler la dette, bien entendu.
Est-ce économiquement viable ?
Drôle de question en réalité. Le monde actuel est-il économiquement viable ? Pour qui ?
Mais voyons ce que ça donne avec des petits calculs J :
D’après l’INSEE, nous étions en France en janvier 2009 :
un peu plus de 50 millions d’adultes (18 ans et plus)
un peu plus de 14 millions d’enfants et jeunes (moins de 18 ans)
Il faut donc 651 milliards d’Euros par an pour donner 1000 € par mois à chaque adulte et 300 à chaque enfant. Mais on avait dit que les moyens d’existence ne sont pas tous monétaires, donc en réalité, en panachant avec des services et de la gratuité un peu partout, on peu réduire massivement la part de l’argent dans tout ça.
Le PIB de la France était de 1574 milliards d’Euros en 2007 (ou 24 486 € par habitant, ce qui fait 2 041 € par personne et par mois, enfants compris). Ca montre, très grossièrement, que si on le décide, c’est faisable. La question n’est pas financière, mais politique.
Comment mettre ça en marche ?
En commençant peut-être par les services gratuits :
grands chantiers de construction de logements,
vraie gratuité de l’éducation (y compris les livres, les sorties...
pareil pour la sécu,
transports publics gratuits (ils viennent de le faire à Aubagne (43 000 habitants).
etc.
Imaginons que l’ensemble de l’état est un service public, dans sa globalité comme dans chacune de ses parties. Pour assurer ce service, il y a de nombreuses personnes qui travaillent.
Avec des moyens d’existence garantis, certains cesseront de travailler. Pas tous, car le service de l’état (et des collectivités…) est plutôt gratifiant. On peut imaginer que beaucoup de gens seront heureux de travailler pour maintenir le niveau des services actuels, de façon certainement différente (moins d’heures de travail, organisation différente…).
Surtout, on pourrait imaginer que les gens qui travaillent pour la collectivité ne soient pas payés ou peu payés en dehors des moyens d’existence garantis. Il ne s’agit pas de dévaloriser ce travail, mais bien au contraire, c’est parce qu’il est utile et valorisé qu’il ne nécessite pas d’être réalisé par des personnes « vendues ».
En réalité, tout le monde touchera son revenu garanti et tout le monde bénéficiera des services gratuits : donc plus besoin de payer pour le travail en général.
Mais pour éviter de trop choquer J et pour éviter des réactions violentes de la part de certains, le « monde du travail rémunéré » continuera de coexister à côté du monde du travail collectif autogéré – au moins pendant un certain temps – qui pourra être aussi long qu’il y aura des gens pour cela.
Ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus pourront le faire autant qu’ils veulent, si ça ne pollue pas et ne nuit pas aux autres.
Comme on a tous envie de faire des choses dans la vie, si les moyens d’existence sont assurés, on se libère des dominations liées au fric et chacun peut réaliser son projet, personnel ou collectif - personnel et collectif. Pas besoin d’être rémunéré pour cela, on crée et on fait ce dont on a besoin et on l’utilise quand on en a besoin.
Tout peut tourner pareil, mais sans rémunérations. Enfin, pas tout : on imagine aisément que des tas d’entreprises vont fermer. Celles qui font des choses inutiles, nuisibles, sans intérêt. Celles où les conditions de travail ne donnent pas envie de travailler. Restera ce qui est utile, beau, agréable ou simplement nécessaire.
Moins de superflu, plus de temps libre. C’est la fin des inégalités financières - ou presque. Sûrement moins de violence...
Et les compétences ?
Plus de temps libre = plus de temps pour apprendre et acquérir toutes les compétences qu’on veut.
Et maintenant ?
Il y a beaucoup de choses à voir dans les modalités d’application, ce qui donnera lieu à bien des débats :
montant des « moyens d’existence »,
nature ces moyens (sous + services gratuits + "chèques services" + ???),
conditions (inconditionnel, conditions de services, conditions de revenu...),
gestion collective des ressources (nationalisation des services et des entreprises en faillite…)
qui décide quoi et comment (nature des contreparties s’il y en a, nature des moyens si ce n’est pas que de l’argent...),
cumul avec d’autres revenus et limites éventuelles...
etc.
Il est clair qu’il faudra expérimenter, ajuster... Le tout est de commencer quelque part.
Faisons confiance à "l’intelligence invisible de la collectivité" pour trouver des idées et solutions. Ce sera toujours mieux que la "main invisible du marché" qui nous régit actuellement.
J’imagine assez facilement qu’en se réappropriant le temps dont on disposerait en "travaillant moins", on créera plus de lien, avec plus de créativité et que ce sera le prélude à des tas de choses qu’on ne peut pas imaginer dans l’état actuel du monde.
J’ai une autre crainte : la violence qui pourrait être mise en œuvre pour arrêter tout ça si on commence à le mettre en marche. En effet, les « possédants » ne vont pas se laisser déposséder si facilement. Mais peut-être qu’ils ne le verront pas venir assez vite si on est rapides et subtils ???
reaction 1
merci de ce panorama...
quelques remarques
nos 2000 M d’euros de pib... sont obtenus de maniere plutot catastrophique, pollution, exploitation...
... et "nos services publics",Embrigadement Nazionnale, de santé, de reversion etc etc
en absorbent pres de la moitié
qd je lis grand chantiers de construction... je tremble.... je prefererai lire multiples chantiers de reappropriation (collectives !) ou mieux cabanes, camions recyclés et desurbanisme.. etc..
le point le plus important pour arriver a se desaliener des laideurs travail et citoyennisme...
imho c’est :
ne rien faire passer par de trop grosses structures mais arriver a penser et mettre en place cet enfin confort de vie...
par des initiatives locales..
plutot employer les moyens collectifs en soutien aux initiatives solidaires...
ex ; jardins de quartier collectifs seme qui veut recolte qui veut..
ateliers de tout...
et surtout de concertation pour où et quoi investir/produire/creer
et comment tout simplement se repartir l’abondance.. ;
ou parfois gerer (en elargissant les cercles à un niveau supra local...).. les penuries !
et plutot l’abondance, le gratuit donné créé...
que via l’argent l’achat ou meme le troc et l’echange...
bref le confort et la solidarité par l’organisation locale horizontale amicale collective...
avec la couche de federalisme la plus legere possible par en dessous..
c’est a dire une pure antithese aux trucs etato-bureaucratiques asservissants et alienants et big brotheriens de "revenu" qu’il soit minimum ou optimum... :
reaction autre...texte...
pourquoi le concept de revenu d’existence
est pour certains d’entre nous juste une nouvelle horreur...
salaire revenu bénéfice profit :
pourquoi ce ne sont que les faces différentes d’une même arnaque ?
"revenu"... bien que vieille lune déjà réfutée il y a plus de cent ans cette idée asservissante revient à la mode .
une des idées par laquelle tentera aujourd’hui de s’imposer le "citoyennisme d’état", la religion la plus intégriste qui ait sans doute jamais été conçue et imposée par l’homme.
le système de pensée d’exploitation et productiviste actuel est en fin de course, usé jusqu’à la corde, il a besoin de se renouveler. Vient la tentation d’un pouvoir pseudoécolocrate. (cf rené riesel, georges semprun)
d’où cette vente de rêve entre catastrophisme et angélisme pseudo-écolo : "il suffirait de mettre deux petits panneaux solaires sur ton petit toit, petite voiture qui pollue moins dans la ville mais énormement à côté, acheter un petit peu aux petits agriculteurs bio, petites toilettes sèches, petit tas de compost, et ..."
si les solidarités et prises de décisions ne sont pas locales mais impliquent des états, ce sera l’insupportable pyramide et son corollaire : le flicage type orwellien 1984 ou brazil !
quels besoins cherchons-nous a satisfaire par cette ’revendication’ ?
"revenu" ca sonne un peu comme ce que nous critiquons à juste titre.. un revenu= un systeme monétarisant, un etat ou institution pour l’organiser le "distribuer"... pourquoi ne pas penser plutot directement, en systeme collectif anticipant et assurant à tous et chaleureusement, la création/récolte/cueillette/partage des biens et échanges conduisant à une satisfaction minimale puis optimale des contraintes (internes et externes) et besoins essentiels de chacun-e et tous..
c’est sans doute cet aller et retour collectif et consensuel qui peut nous garantir au mieux de se sentir bien ??
reste comme toujours à affiner améliorer décanter /trouver une formule réductrice (mais pas trop !!) pour que cela soit dicible/compréhensible/partageable largement...
dit en plus littéraire, par un autre écolo "historique", ça donne :
"Le revenu inconditionnel fait partie de ces idées généreuses qui vont bien dans le sens de l’Etat ou de l’institution providentielle et n’en déplaise à certains, elle va à l’encontre de l’idée d’autonomie et d’autogestion.
Si l’autonomie dans la gestion de ses besoins dits essentiels serait obtenue, il n’en serait plus le cas pour l’autonomie de nos prises de décisions, car ou va-t-on chercher les moyens d’assurer ce revenu incontionnel à tous si ce n’est dans un mode d’imposition généralisé ?
Autre tare de cette fausse bonne idée, c’est celle de ramener les conditions d’existence à la monnaie. il y a quelques contradictions à vouloir d’un coté pérenniser la monétarisation de nos échanges et de l’autre afficher une générosité et solidarité universelle qui si elle était réelle ne devrait plus avoir besoin de ce médian. Par ailleurs [la possibilité] d’accès [à des ateliers,] à la terre pour chacun et pour toute communauté (et donc assurer son autonomie alimentaire et..) me paraît plus primordiale que le droit à un revenu, car cet acces va davantage dans le sens d’une autonomie globale des personnes et des groupes.
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Ce qui est difficile quand on se dit de gauche, c’est de défendre la solidarité et l’autonomie en même temps, du coup on est accusé de faire le jeu de la droite parce que l’on défend in fine une idée libérale. Et pourtant qui aurait eu l’idée saugrenue de taxer "les soviets" de droite ? En fait je crois qu’il y a une impensé dans la gauche d’aujourd’hui, celle de concevoir la solidarité autrement que par le truchement de l’Etat-nation. Penser la solidarité à partir du local n’est pas encore parvenu jusqu’au cervelet de nos hommes et femmes de gauche, une explication plausible serait que s’ils pensaient ainsi cela signifierait la fin de leur carrière politique "d’hommes d’Etat", tout comme la LCR ne peut pas parvenir à penser autrement qu’à partir d’une idée de centralité
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... suite et bientot fin de la discute ??