Le parti radical est un parti confidentiel. À l’exception de quelques secteurs géographiques où il possède des fiefs, il a peu de candidat, encore moins d’élus et une influence politique qui tient plus à son histoire qu’à ses « divisions électorales ». Dans l’Aube, depuis la perte de Romilly sur Seine il ne possède qu’un élu sur Troyes (Marc Bauland) et un conseiller général renouvelable en mars prochain, Daniel Lebeau sur Bouilly. Remarquez, un conseiller général sur 33 c’est beaucoup mieux que le parti socialiste… dans l’Aube ! A quelques mois du renouvellement du conseil général, le PRG présentait hier sa stratégie électorale à Libération-Champagne. Un grand moment pour les aficionados de la politique politicienne.
| Chronique inélégante d’une manœuvre inélégante... |

- Résultat d’un combat fraternel entre partenaires...
17 cantons renouvelables en mars prochain, trois à gauche, et c’est là que le PRG présente des candidats...
17 cantons sont renouvelables en mars prochain dans l’Aube. 13 sortants UMP ou apparenté, un MoDem, un PRG et 2 communistes… Conseillers généraux de l’Aube renouvelables en 2011.
Le PRG Daniel Lebeau ne se représente pas... Il y a donc 15 cantons où la gauche n’est pas présente à conquérir pour ce PRG…
Et que croyez-vous que propose Marc Bauland et les sept ou huit personnes qui l’entourent ?
A Bouilly, où le sortant est PRG, ce parti ne présentera personne et soutiendra le socialiste. Dont acte, c’est un sacrifice sur l’autel de l’union de la gauche… Le PRG et son sortant soutiendront donc Francis Ferbeuf du PS…
Le PRG ne se présente pas dans les 13 cantons qu’il pourrait essayer de prendre à la droite...
Reste 13 cantons où le sortant est de droite dont certains comme Troyes VII sont gagnables par la gauche qui y a été majoritaire à la dernière présidentielle, aux dernières Européennes et aux dernières régionales, soient dans les 3 derniers scrutins… Ce canton contient les communes de Bréviandes, Rosières, Saint-Julien qui votent à droite mais également le secteur des Chartreux très à gauche. Ce canton a d’ailleurs longtemps été le fief de Bernard Pied, figure emblématique du PS local. L’élu sortant, Jacques Rigaud, le maire de Rosières, ne devrait pas se représenter. Il soutiendrait mollement un élu de sa liste. Face à lui on devrait voir un élu UMP de Saint-Julien et peut-être Didier Quacchia qui avait fait un joli tour de piste il y a six ans, bref trois candidat de la droite modérée qui vont s’étriper au premier tour… Ce canton est donc gagnable par la gauche… Le PRG n’y va pas ! Comme il n’ira pas dans les 12 autres cantons de la droite…
Le PRG ne se présente que là où les communistes sont sortant...
Non, le PRG a choisi d’être candidat sur La-Chapelle-Saint-Luc et Romilly-sur-Seine où les sortants sont… communistes. Sarah Auzols ira canarder Joé Triché et Jean Jouanet essaiera de détrôner Marie-Françoise Pautras…
Rassurez-vous, ce n’est pas de l’anticommunisme primaire, il n’y a plus que Philippe Beury pour s’exercer à cette tâche vulgaire. Ce sont des candidatures « constructives ». « Le parti radical de gauche a choisi de ne pas multiplier les candidats pour être plus efficace » dit Marc Bauland…
Dont acte... Le PRG ne multiplie pas les candidatures, il n’en présente que deux… Et comme le micro-parti revendique l’efficacité, il vise l’efficience, il veut donc réussir son opération, bouter le PC hors du cénacle aubois !
La sémantique du brillant Marc Bauland est d’ailleurs tout à fait « langue de bois » à cette occasion. Le PRG présente quelqu’un face à Pautras mais « C’est une partenaire, non une adversaire » ; tu l’as dit bouffi…
En gros, vaut mieux être un adversaire du PRG comme Elisabeth Philippon qu’un partenaire… en tout cas on est plus tranquille au moment des élections ! Son acolyte Jouanet en rajoute une couche : Le PRG souhaite un candidat unique de la gauche sur ce canton dit-il, et « chacun a le droit d’être candidat. Mais la dispersion des voix de gauche au premier tour risque de favoriser l’élection d’un candidat de droite » Voilà, voilà ! Donc pour le PRG la dispersion à gauche risque de faire passer le canton à droite c’est pour cela qu’il sera candidat en plus du socialiste et de l’écologiste… Pour être sûr de faire passer le candidat de droite ? Comprenne qui pourra !
« Le contexte de Romilly-sur-Seine est différent », explique Sarah Auzols. « Il n’y a pas de risque sur ce canton qu’un candidat de gauche ne soit pas au second tour. D’autre part, il y a toujours eu plusieurs candidats de gauche au premier tour », ajoute-t-elle. C’est peut-être vrai… C’est oublier que la ville phare de la gauche est passée à droite aux dernières municipales… et, en 2008 déjà, la dispersion des voix de gauche n’entraînait aucun risque !… Faut croire qu’Eric Vuillemin est un type de gauche ! Rassurez-vous, Sarah se présente pour faire « grandir sur ce canton le besoin d’une gauche moderne, pragmatique » CQFD. Joé sait donc maintenant qu’il est ringard et utopique… Ça va mieux en le disant…
Dans ma campagne, on dirait que le PRG et Marc Bauland en tête « tortillent du cul pour chier droit »… car enfin, soit le PRG veut éliminer les cocos du conseil général, et ce serait mieux qu’il le dise, soit il ne le veulent pas et ce serait mieux qu’ils ne présentassent pas de candidat contre les rouges…
Un peu de franchise serait plus correct.
Pour conclure :
Je ne suis pas un soutien du parti communiste qui représente pour moi une philosophie obsolète et qui a été dévastatrice pour les pays qui ont eu le malheur de tomber entre ses mains. Mais, au moins je le dis… Cette attitude d’alliés qui étrangle leur ami ne peut servir ni la gauche, ni la France, ni la démocratie… Mais c’est probablement « inélégant » de le dire…
A moins que la ficelle ne soit encore plus grosse… Et que Marc Bauland cherche à se rapprocher d’Alain Carsenti, lui-aussi anticommuniste primaire pour reconstituer un grand parti Radical. Cela expliquerait l’absence d’Anna Zajac pour la conférence de presse de l’opposition de Troyes.
La « gauche » traditionnelle comprendra-t-elle un jour que le temps des magouilles est un peu passé, que les citoyens sont beaucoup mieux informés qu’avant, que ce qui étaient valable au temps de la troisième République est maintenant obsolète... qu’il faut faire de la politique autrement !
J’attend avec impatience la réaction des communistes face à l’attitude pour le moins curieuse de leur « partenaire »... La lecture de la Dépêche de l’Aube jeudi devrait être intéressante...
Ce qui est étonnant ce n’est pas que le PRG présente des candidats au cantonales... C’est normal qu’un parti veuille s’implanter. Ce qui est choquant c’est qu’il ne présente des candidats que là où il y a des communistes sortants alors qu’il se réclame de la " gauche ".








