Un inventaire à la Prévert... c’est ainsi que le journal le Monde a qualifié la longue liste des 47 pratiques reconnues, cette année, comme « patrimoine immatériel de l’humanité. »
47 éléments qui vont de la dentelle d’Alençon, à la fauconnerie, en passant par l’art du pain d’épice Croate ou l’acupuncture chinoise. Parmi ceux-ci, les médias ont surtout retenu le classement du repas gastronomique à la Française : une consécration pour cet art de vivre constitutif véritablement de notre identité nationale !
47 éléments dans ce long catalogue mais pas une seule trace du dossier troyen intitulé « Troyes : foyer exemplaire de la culture et de la pensée occidentales aux Xie et XIIe siécles ». Il faut dire que notre dossier, si cher à Fanfan, ne serait pas encore finalisé, pas encore prêt pour être soumis aux autorités compétentes. En vérité, il ne le sera jamais ! Pour s’en convaincre, il suffit d’observer ces 47 dossiers. Leur point commun ? Il s’agit, pour tous, de pratiques culturelles vivantes. Le dossier troyen, lui, ne présente qu’un patrimoine totalement virtuel, dont la spécificité revendiquée n’est qu’une construction artificielle voulue par les élus pour les besoins de la cause.
Plus concrètement : qui y-a-t-il de commun entre la danse des ciseaux du Pérou, la musique Marimba de Colombie, l’art des tapis azerbaïdjanais [1] et notre foyer exemplaire de la culture occidentale du Xie et XIIe siècle ? Rien, absolument rien. Et ce n’est évidemment pas les soirées « Ville en Lumières » qui pourront rendre crédible la candidature troyenne.
Inutile d’en dire davantage. Nous avons ici depuis fort longtemps dénoncé cette candidature « bidon », à des années-lumières des exigences de l’Unesco. Cette évidence crève les yeux depuis le début. Disons donc les choses franchement : ou nos élus sont incapables de lire et de comprendre les critères de l’Unesco, ou ils ont sciemment monté ce projet pour la gloriole.
Quelque soit l’option choisie, force est de constater, qu’aujourd’hui, plus personne ne communique sur ce dossier de l’Unesco. Après avoir obtenu les récompenses attendues (mémoire du monde, ville d’Art et d’Histoire, patrimoine européen), la municipalité tente manifestement de faire oublier le projet phare de ce « bouquet de labels ». Implicitement, c’est là l’aveu d’un échec programmé. Dommage qu’aucun responsable n’ait le courage de reconnaître l’erreur initiale...
[1] 3 pratiques récemment classées








