Depuis l’arrivée au conseil municipal de Troyes de trois élus sur la liste investie par le MoDem, on assiste à une évolution de l’opposition municipale. La liste dont j’étais la tête, se réclamait d’opinions « plurielles », multicolores, allant du parti Socialiste à l’UMP. Le seul point commun de ses membres était d’offrir une offre différente aux Troyens dans la gouvernance de la cité.
Un score honorable nous a permis d’avoir trois élus dont l’un a aussitôt réclamé son indépendance faisant alors penser à certains qu’il avait plus « utilisé » notre liste pour être élu qu’utilisé cette candidature pour changer les choses...
Depuis bientôt trois ans, les élus de la liste « Troyes 2008 » essaie de mener leurs actions de conseillers municipaux autrement. Il ne s’agit pas de « s’opposer » systématiquement mais plutôt de toujours rechercher à faire avancer les dossiers, à progresser pas à pas, à faire progresser la ville de Troyes. Pour nous, un dossier n’est pas « mauvais » parce qu’il est présenté par François Baroin ou Anna Zajac parce que l’un est UMP et l’autre communiste ; à chaque fois nous cherchons à étudier le dossier totalement pour savoir s’il correspond à ce qui est bon pour la ville et pour ses habitants.
Cette attitude est difficile. La majorité, habitué à toujours dire « oui » au Maire, ne supporte ni nos remarques, ni nos interrogations. L’opposition institutionnelle, la « gauche » mais aussi le « radical indépendant » ne comprend pas que nous refusions de voter systématiquement « contre » à tout ce que propose la majorité.
Cette position difficile n’empêche pas les élus du groupe MoDem de se réclamer d’opposition... mais notre opposition se veut différente, plus constructive, plus positive.
Le dossier du canal, exemple de l’efficacité d’une opposition constructive....
L’exemple du dossier du « canal » est ici significatif.
Lors du dernier conseil Municipal, François Baroin présente un dossier très incomplet aux élus et leur demande un « blanc seing »… Réaction « classique » de la gauche, elle refuse nette le vote de la subvention avec des arguments convaincants et redoutables... Le projet était certes obscurs, confus, mal chiffré... Tout était là pour expliquer un refus.
Françoise Delplanque et moi avons choisi de voter cette subvention, en manifestant nos doutes et nos interrogations... Ce qui m’a valu la réflexion de Jaïm Myara pendant le conseil « Tu es brillant mais tu n’es pas un vrai opposant... »
Parallèlement nous avons publié dans Press’Troyes un article expliquant nos interrogations sur le sujet et nous avons essayé de convaincre la majorité qu’il fallait ici écouter la population et modifier le projet.
Grâce à notre action, vendredi dernier, François Baroin a annoncé un projet largement modifié et que nous expliquons dans nos colonnes. Projet qui, s’il ne convient pas à tout le monde, comporte des avancés certaines et je suis certain que le résultat sera un vrai plus pour notre ville.
On a ainsi aboutit à de vrais avancés, bénéfiques à tous. Cela n’aurait pas été possible si, de prime abord, nous nous étions placé dans « l’opposition » refusant tout dialogue, toute concertation... Il eût été facile alors au Maire et à ses adjoints de répondre « ceux qui sont contre, sont contre parce qu’ils appartiennent à l’opposition. Nous gardons donc le projet initial... » Notre ouverture a permis de progresser et finalement, tous les Troyens en bénéficieront.
Bien sûr cette attitude est difficile. Elle sème la discorde dans les rangs de l’opposition. Elle trouble un débat « droite-gauche » apparemment inéluctable. Elle « casse les lignes ».
Sur d’autres sujet, comme le budget par exemple, nous avons refusé de soutenir le Maire car ses options sont, à notre avis, nuisible à la ville.
Françoise Delplanque et moi n’avons pas été élus pour « faire chier » François Baroin mais pour essayer de mieux gérer cette ville. Nous continueront dans ce sens, soutenant la majorité » quand elle a raison, nous opposant quand elle a tort...
La-nouvelle-Agora, une nouvelle démocratie troyenne...
Reste une grande distance entre les élus et les citoyens, un gouffre entre ce que pensent les élus, ce qu’ils se disent, ce qu’ils sentent, ce qu’ils vivent et ce que disent, pensent et vivent les Troyens. Ce « gouffre » est difficile à vaincre pour des « politiques » habitués à être tout le temps ensembles et à ne pas vraiment communiquer avec les électeurs. C’est une forme de gestion obsolète, que j’avais moi-même dénommé « politique ringarde » il y a quelques temps, ce qui m’avait fait subir les foudres (professionnelles également) du Maire et de ses sbires... Car si nous ne sommes pas compris de nos amis de « gauche » nous sommes souvent incompris aussi de nos opposants de « droite »...
Ce gouffre entre les électeurs et les élus nous allons essayer de le combler dans les semaines qui viennent en créant un vrai outil pour une nouvelle démocratie à Troyes, cet outil « la-nouvelle-agora » qui pourra éventuellement être étendu à d’autres structures (conseil général, conseil régional, assemblée nationale). Cet outil devrait permettre d’ouvrir le débat régulièrement et de demander aux citoyens leur avis sur des sujets cruciaux de gouvernement de la cité.
Est-il normal que le conseil général décide une « extension » sans jamais demander aux électeurs leur avis ? Est-il normal de faire payer les transports scolaires sans se soucier de ce qu’en pense les contribuables ? Est-il logique de créer un « auditorium » sans jamais en débattre avec le peuple ? Nous ne le pensons pas.
Même informé, même formé, les élus restent des hommes qui peuvent se tromper et qui doivent se retourner fréquemment vers leurs électeurs. Le temps est loin où on élisait pour 6 ans un conseiller municipal ou général, sans se soucier jamais des vis des électeurs entre les échéances...
A l’heure d’internet, de la formation des citoyens, à un moment où l’on pense que les citoyens doivent être associés aux décisions des tribunaux correctionnels ou à celles des juges d’applications des peines, il paraît anachronique de ne jamais demander leur avis aux aubois quand il s’agit d’impôts, de finance, d’éducation, de culture...
| La-nouvelle-Agora que nous allons essayer de construire peut répondre a ces questions. Ce sera difficile à expliquer et à mettre en œuvre mais ce sera important car cela peut changer la démocratie Troyenne et Auboise... et cela vaut tous les succès électoraux ! |










