Les parcours à droite sont parfois difficiles à suivre. Les trajectoires des uns et des autres se croisent et se re-croisent au grès des ambitions, des remaniements, des rancœurs personnelles. C’est la valse des égos et des petites prétentions.
Prenons, par hasard, deux figures de la droite locale : Alain Carsenti et François Baroin. Nos deux loustics ne se supportent pas. On le sait. A tel point qu’en 2008, le notaire de Troyes, pourtant membre de l’UMP, avait rejoint la liste « arc-en-ciel » conduite par Philippe Beury.
Au 1er temps de la valse, Alain danse avec Sarko et François fait « banquette »
En 2008 justement, Alain incarne, la droite centriste et radicale (tendance Borloo). Il soutient logiquement un Nicolas Sarkozy qui a fait de Jean-Louis Borloo son numéro 2.
François représente la chiraquie, la droite héritière du bon vieux Général. Le président fraîchement élu lui a alors promis un long purgatoire : « 5 mois à l’intérieur, 5 ans à l’extérieur » disait-il. François, pendant les trois premières années du quinquennat ne rate alors pas une occasion pour dire tout le mal qu’il pense du Sarkozysme...
Les choses sont clairs. Alain est Sarkozyste, François ne l’est pas. Alain valse avec Nicolas et François fait "banquette". Et le notaire tape tant qu’il peut sur l’anti-sarkozysme primaire du maire de Troyes. Extrait : « On peut s’étonner de l’acharnement déployé par François Baroin à critiquer systématiquement, ou presque, l’action du Président de la République. On peut comprendre son désappointement et son amertume d’avoir été éloigné des sphères gouvernementales, mais il n’y devait son appartenance qu’ à son "parrain" Jacques Chirac. Et encore, Alain Juppé n’avait pas hésité à le renvoyer dans ses foyers après l’aventure des "juppettes"... » [1]
Au 2e temps de la valse, Nicolas enlace François sous le regard incrédule d’Alain.
Après les élections régionales, changement de cavalier ! François reçoit un coup de fil de Nicolas : « Rejoins-moi je t’en supplie, sans toi se brise ma vie ! ». François pour un marocain au budget, un poste de super expert-comptable, rallie le Sarkozysme. Alain, en perd un peu les pédales et ne sait que penser. D’autant que son gourou radical reste n°2 du gouvernement. Fidèle à ses convictions, Alain ré-affirme son Sarkozysme de la première heure. Mais bon, les trucs à trois, c’est pas sa tasse de thé... Et les premiers signes de ce nouvel amour entre Nicolas et Fanfan inquiètent notre notaire qui se demande quel contrat secret, quel pacte inavouable ont pu signer les deux hommes.
Au 3e temps de la valse, Nicolas quitte Jean-Louis et Alain reste seul...
Et ce week-end, c’est le drame ! Nicolas annonce son remaniement et piétine les pieds de son premier cavalier. Borloo est viré, Baroin confirmé et même conforté à travers le poste de Porte-Parole. Anti-sarkozyste hier, Fanfan est aujourd’hui le nouveau favori de Nicolas... Fidèle du président, Alain voit le patron de son écurie, Jean-Louis, éconduit brutalement par le chef de l’Etat au profit de la chiraquie honnie. Le monde d’Alain se retrouve soudainement sans dessus-dessous !
Au 4e temps de la valse, Alain et François ne danseront toujours pas ensemble.
Que fera notre notaire-sarkozyste ? Restera-t-il sous le charme du regard de Nicolas ? Ou, comme on peut s’y attendre, prendra-t-il la place de François dans l’antisarkozysme de droite ? Il ne resterait plus à Alain qu’à reprendre les discours passés de François pour préparer ses futures interventions politiques ! La situation est en tout les cas étonnante et montre que le Sarkozysme n’est finalement rien d’autre que la danse des ambitieux.












