Après avoir eu raison du national de pétanque, du championnat de gymnastique ; après avoir participé au fiasco des Foires de Champagne et des Foires de Mars, le Cub3 pourrait, si on en juge par la très faible affluence des premiers concerts des Nuits de Champagne, sérieusement compromettre l’avenir du festival.
Lundi 25 devait être l’une des soirées phares de ce festival des Nuits de Champagne avec trois pointures de la nouvelle scène française. Les talents étaient là : Moriarty, Jeanne Cherhal, Gaetan Roussel ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Ils ont surtout fait ce qu’ils pouvaient devant une salle à moitié vide et qui à chaque nouveau titre perdait un peu plus de son public. A vrai dire, on a frôlé le bide et échappé de très peu à un fiasco.
L’acoustique d’une bonne salle polyvalente
Pour comprendre ce demi-Waterloo, il faut d’abord parler de l’acoustique qui n’est pas sans rappeler celle de la salle polyvalente de Champigny-les-Roufflettes (celle où vous avez récemment fếté la communion du petit Kévin...). Et même avec beaucoup de talent (et dieu sait si, sur scène, il y en avait à foison), des guitares électriques à gogo, difficile de croire que nous étions dans une salle de concert digne de ce nom. A deux ou trois reprises, en fermant les yeux, on se serait même facilement imaginer au mariage de tata Gisèle lorsque le Disc Jockey s’apprête à enchaîner les grands succès de la bande à Basile. Et pour tout vous avouer, je me suis même surpris à désirer l’auditorium de Philippe Adnot ! C’est vous dire...
Le Cub3 : Un grand gymnase idéal pour le bal des pompiers
Il faut aussi parler de la chaleur qui se dégage de cette boîte hideuse, à peu près aussi intense que celle de Georges Frêche depuis hier matin. Jeanne Cherhal l’a d’ailleurs évoqué (pas Georges, mais la froideur du cub3). Elle ne s’y est pas trompé. Signe de l’ambiance glaciale qui régnait au Cub3, les artistes n’ont pas traîné sur scène : aucun rappel pour Moriarty et un concert visiblement écourté pour Jeanne Cherhal. Et pour ajouter au pathétique de cette soirée, à la glauquitude du lieu, on pouvait voir, ça et là, un ado un peu bourré divaguant au milieu des spectateurs clairsemés. Un peu plus loin, un vigile perdu s’emmerdait sec près de l’ingé-son. Et deux ou trois choristes se demandaient comment rentrer à l’hôtel. Tout ça ressemblait fort à la fin, un peu triste, d’un bal de pompiers dans un gymnase trop grand.
Bref, ceux qui doutait de l’intérêt du Cub3 seront, après cette soirée, convaincus d’une chose : cette boite noire, osons le dire, est bel et bien une grosse merde !
La machine à faire des bides
Si trois talents comme ceux d’hier soir n’ont pas réussi à remplir plus de la moitié de cette salle des fêtes, on imagine mal comment, ce soir, Aldebert, seul, beaucoup moins connu, pourrait faire mieux. Or, ce festival ne peut guère se permettre d’enfiler les ratés comme des perles. Le Cub3 aura-t-il alors la peau des Nuits de Champagne ? C’est ce qu’on peut sérieusement craindre. D’autant que l’on se souvient que ce parc des expositions a, depuis sa construction, quelques victimes à son tableau de chasse : National de Pétanque annulé, Championnat de Gymnastique avorté, fiasco des Foires de Champagne, polémique sur les Foires de Mars... A chaque fois, le prix exorbitant de la location de cette salle polyvalente exigé par GL Events, l’inadéquation entre l’infrastructure et les réalités locales ont eu raison de ces grands événements. Les Nuits de Champagne pourraient subir le même sort. Des concerts à moitié ou au trois-quart vides dans une salle si coûteuse (et il faut le redire, si mal adaptée pour les artistes programmés) pourraient compromettre l’avenir du festival.
Sans doute, pour finir et pour sauver les Nuits d’un fiasco attendu, il faudra demain choisir :
Revenir à un festival plus modeste et intimiste qui privilégie la qualité artistique et acoustique (il faudra alors abandonner cette horrible salle)
Ou courir après l’échalote du « toujours plus » : plus de stars, plus de publics, plus d’argent... (et renoncer à l’esprit de ces Nuits.)









