Me revoilà, Mon Prince, fidèle observateur de la vie de notre cité, la politique comme ils disent de nos jours. Oh ce n’est pas que l’activité politique soit particulièrement importante en ce moment, mais souffrez que nous abordions ensemble un aspect assez amusant de l’attitude de certains lorsque leurs petites prérogatives sont touchées
Lors de l’annonce du changement de d’appellation de la CAT (communauté de l’Agglomération Troyenne) en « Le Grand Troyes », je me réjouissais de cette avancée et prévoyais une rapide levée de bouclier. Vous me savez homme de la Plaine Démocrate, je pensais voir une réaction montagnarde pourquoi pas jacobine, mais je ne pensais pas que la première vraie salve viendrait de mon propre camp !!
Franchement mon prince, y a-t-il crime de lège majesté dans ce changement de nom ? Lorsque nos amis habitant Saint Parres où Bréviandes en vacances à l’autre bout de notre beau pays parlent de l’endroit d’où ils viennent, ils disent en général j’habite dans la banlieue de Troyes pour les puristes, ou plus vraisemblablement j’habite à Troyes. Le maripontain des tribunes du stade de l’aube encourage bien l’ESTAC sans pour autant arborer un tee shirt « supporter de Pont Sainte Marie ». Lorsqu’un dryat reçoit des amis et décide de faire visiter la ville, il passe vite l’église de son bourg pour se rendre au centre ville de Troyes. Y a-t-il une différence entre un habitant du boulevard Jules Guesde ou de l’allée des Sapins ? La qualité de vie est elle vraiment différente entre Les Noes et Sainte Savine ? Et bien pourtant mon Prince il semble que oui.
Dans son édition du 8 octobre la gazette locale de l’Orient Etincelant nous propose une interview de Pascal Landréat l’échevin du Gué Notre Dame (Pont Sainte Marie de nos jours). Dès le départ on est fixé. Tout de suite les grands mots : « avec le Grand Troyes la CAT perd l’équilibre ». On se demande de quel type d’équilibre il peut bien s’agir. Quel grand malheur nous menace donc !! Apprenez mon prince que notre maire dénonce qu’une seule réunion de bureau a été organisée sur le sujet avant mise en délibération au milieu de 55 autres rapports sur ce fait crucial, majeur, énorme, vital, incontournable qu’est le nom de notre agglomération ! Il aurait fallu selon le sieur Landréat que l’on fasse comme ne 2000 où une année pleine de discussions fut nécessaire pour passer d’une communauté de communes à une communauté d’agglomération. Si je comprends le temps nécessaire des discussions en 2000 (car à ce moment les changements et transferts entre communes et communauté étaient importants), autant on peut s’interroger sur la volonté de passer une année à bavasser sur une simple dénomination. Est-ce bien sérieux ? Mais la CAT serait devenue toujours selon Pascal Landréat « une machine administrative qui a pris le pas sur les élus et le débat politique » Rien que cela mon prince ! Alors on attend des vrais arguments, on se dit que l’on va avoir droit à un vrai réquisitoire. Et bien non jugez donc de l’argumentation qui suit « quand la ville centre représente 80 ou 90 % de la population concernée la donne est différente. Là Troyes c’est 50 ou 55% des habitants de l’agglomération » Notez qu’il est surprenant de constater que Monsieur Landréat si devant Echevin donc Vice président de feu la CAT, n’est même pas certain de ses chiffres. 50 ou 55 %. C’est dire s’il a bossé le dossier ! Je ne vois pas d’ailleurs en quoi la hauteur du pourcentage rendrait un nom plus présentable. Avec ce type de raisonnement les troyens auraient du écraser par le sang les velléités de la petite commune de Croncels au XVIIIeme siècle.
Mais attendez la suite mon prince « En réduisant la communauté à son seul nom (Troyes) on restreint la visibilité politique à la moitié de notre territoire ». Grandiose non ? Quelle belle phrase, quel bel argument qui ne veut malheureusement rien dire. Mais ça fait bien. Ca le pose là comme dirait ma fille. On croirait le Chevalier Boisseau en train de défendre la technique de pose de pavé dite à la parisienne ou l’oiseleur Mandelli vantant les mérite des aubergistes locaux….
Quelle peut bien être la visibilité politique dont parle Monsieur Landréat ? Ou plutôt quel intérêt politique au sens strict du terme (vie de la cité) pourrait se trouver restreint par ce changement de nom pour les habitants des communes périphériques ? Qu’est ce qui vient brutalement de changer dans la vie des sancéens ou des ribocortins avec ce changement de nom ? J’ai beau chercher, je ne vois pas. Leurs impôts viennent-ils d’évoluer ? Non. Ont-ils perdu brutalement un quelconque service de proximité ? Pas que je sache. Non, plus surement, c’est le fait que l’on parle moins de leur petite commune et par voie de conséquence de leur petite personne qui semble inquieter nos élus. N’est –il pas savoureux de constater de la part de ces bons républicains un brutal réflexe féodal de petits roitelets locaux ! Ah elle est belle la république lorsque l’on touche à leur prérogative. Touch’ pas à ma commune aurait-on scandé il y a peu.
« La décision de s’appeler Grand Troyes est lourde de sens et aura des conséquences » poursuit Pascal Landréat. Lesquelles serait on tenté de demander ?? Des conséquences pour la qualité de vie des habitants de l’agglomération où des conséquences politiques ? Il n’a rien contre François Baroin dont il dit partager un grand nombre d’idées sur les débats nationaux. Tiens c’est Bayrou qui va être ravit d’apprendre cela, mais bon ce n’est pas le sujet. Voilà donc la raison, plus de Grand Troyes, c’est moins d’influence pour nos petits maires. Pire ce grand démocrate sous entends que si on est pas majoritaire, on a tord…. François Baroin aurait donc eu juridiquement tord car il ne serait pas politiquement majoritaire, voilà qui me rappelle des souvenir de 1981… 12 écharpes à sauver pensez dont si la place doit être bonne pour qu’ils s’y accrochent de la sorte. Comment nos journaux locaux pourraient t-ils mettre en avant l’inauguration de la bibliothèque machin du rond point duchmol et j’en passe s’il n’y avait plus qu’une seule commune. Rendez vous compte mon prince il n’y aurait plus qu’une grosse cinquantaine de places au conseil municipal, comment caser les douze maires, les 80 adjoints au maire et plus de deux cent conseillers municipaux actuels. Ah je comprends mieux pourquoi ils ont la trouille !
Ce n’est pas le bien de leur concitoyens qui les animent. Ils veuillent pouvoir veiller tranquillement sur leurs serfs sans que le suzerain local ne puisse passer sur leurs terres ! Alors je me fâche rarement mon prince mais je dis non. !!! Que tous ces hobereaux locaux nous présentent de vrais arguments, chiffres à l’appui. Je suis prêt à croiser le fer avec eux sur le sujet. Que l’on me démontre chiffres à l’appui que notre taux d’équipement est supérieur à celui d’une ville de 130 000 habitants. Que l’on me prouve que l’on ne paierait pas moins d’impôt si on fusionnait les communes. Je m’arrête là mon prince, car ils en sont bien incapables. Ils se réfugient derrière des soi disant identités locales qui n’arrivent plus à cacher leur soif de pouvoir personnel.
Je reste majesté votre dévoué serviteur.










