Le 30 septembre, dans les locaux du groupe Soufflet à Nogent, s’est déroulé une rencontre entre VNF (Voies Navigables de France) et l’association Seine 3000T. Seine 3000T est une association regroupant des industriels de l’Aube et de la Seine et Marne principalement, directement concernés par la mise à grand gabarit du canal de la petite Seine (partie entre Bray et Nogent). Ce lobby industriel est composé bien évidement d’entreprises agroalimentaires, de sociétés de granulats mais aussi d’entreprises classiques intéressées par la conteneurisation. Il travaille depuis maintenant trois ans à faire avancer ce dossier afin qu’il aboutisse le plus rapidement possible.
Un travail de fond entre l’adminstration et les industriels
L’objet de cette réunion était la présentation d’une pré étude socio économique sur la viabilité à court moyen et long terme de ce projet dont le volume global de fret (sur la zone Bray Nogent) est estimé à ce jour à 11 millions de tonnes ; 80 % de routier, 13.9 % de rail et 5.4% de fluvial. Cette étude est également déclinée en fonction des divers scénarii envisagés par VNF selon la capacité future du canal. La discussion a été intense entre industriels et responsables de cette étude qui doit être présentée en Décembre 2010, à la commission qui statuera définitivement sur l’avenir de ce projet. Echanges assez vifs s’agissant de l’avenir du marché des granulats (carrières et extractions alluvionnaires principalement situées dans la vallée de la Bassée en Seine et Marne, livrant les besoins en matériaux de construction de la région parisienne). La zone de la Bassée sauf nouvelles autorisations va s’épuiser d’ici une quinzaine d’années et il n’est pas certain que les zones d’extraction remontent un peu plus en amont, c’est-à-dire dans l’Aube où cependant, deux nouvelles zones d’extractions viennent d’être autorisées dans la région de Nogent. De même les projections concernant la conteneurisation sur les zones d’achalandages possible du port de Nogent, (Chalons, Troyes et Auxerre) demandent à être approfondies. C’était de toute façon le but de cette réunion. Confronter les résultats de l’étude à l’avis des professionnels concernés. L’étude va donc être modifiée dans le sens des remarques des professionnels.
Au contraire de l’électrification du Paris Bâle, cette arlésienne auboise progresse régulièrement
En tout cas c’est la première fois que depuis que ce dossier renaît des ses cendres, qu’il avance régulièrement en respectant le calendrier établit par l’administration. La prochaine étape outre les études techniques sera le débat public qui sera lancé en septembre 2011, conformément aux articles inscrits dans la loi du Grenelle 1 de l’environnement. Une année avant ce débat est nécessaire, car ce dossier doit avancer conjointement avec celui de l’aménagement de la Bassée (dernière forêt alluviale de l’Ile de France) dossier de 500 millions d’Euros mené par l’IIBRBS. (Institution Interdépartementale des Barrages - Réservoirs du Bassin de la Seine). La liaison Seine Nord devrait être terminée en 2016, la mise à grand gabarit jusque Nogent semble bien partie pour être réalisée dans la foulée. Reste maintenant le manque de réelle pluri modalité de ce port avec le rail, en particulier l’absence d’une liaison avec le nord, qui pourrait pour les 30 années avenir être préjudiciable au développement de ce port « in land ». Mais cela nos élus l’ont-il compris, c’est une autre histoire.










