La projection-débat du documentaire de Coline Serreau a été un succès incontestable. Sans les relais médiatiques traditionnels [1], près de 900 personnes ont assisté aux deux séances organisées par auboisementcorrect.
Ne nous y trompons pas. Cette réussite est avant tout le signe à Troyes et dans l’Aube de cette soif d’échanges et d’idées nouvelles.
Avec Claude et Lydia Bourguignon, les deux pieds et les mains dans la terre
Des idées nouvelles, le documentaire de Coline Serreau en regorge. Du Brésil à l’Ukraine, de l’Inde au Maroc en passant par la France, partout dans le monde des hommes et des femmes ont décidé d’agir plutôt que de subir. Là, un ukrainien s’est lancé dans le bio.
Ailleurs, le Mouvement des Sans-Terre milite pour retrouver une dignité perdue. En France, l’association Kokopelli fourni gratuitement des millions de semences pour maintenir la biodiversité dans notre environnement. Et les époux Bourguignon... Claude et Lydia : deux formidables chercheurs, drôles et talentueux. Agronomes et spécialistes de la microbiologie des sols, ils nous invitent à repenser la complexité des sols et du vivant. A travers l’image d’une terre abreuvée de produits chimiques et rendue presque stérile, Claude et Lydia tentent, aux quatre coin de la France, de nous faire retrouver l’essence de l’agriculture : celle d’un système où interagissent les forêts, les plantes, les animaux mais également les micro-organismes qui colonisent les sols.
Faudra-t-il se souhaiter bonne chance avant de se mettre à table ?
Certes, tout n’est pas rose : pollution des eaux, suicides des agriculteurs, misère et pauvreté...
Et comme le dit Pierre Rabhi, peut-être faudra-t-il un jour se souhaiter bonne chance plutôt que bonne appétit avant de déjeuner... Mais au fond, ce qu’on retiendra de ce documentaire, ce sont les sourires, la joie de ces personnes qui nous donnent à tous l’espoir et l’envie d’avancer.
Le long débat qui a suivi la projection a d’ailleurs montré ce désir de changement et d’action :
« Existe-t-il une Amap dans l’Aube ? »
« Où puis-je acheter des légumes bio ? »
« Comment faire pour mieux consommer ? »
« Quelles sont les associations qui défendent l’environnement, protègent la biodiversité ? »
Bref, comment se rencontrer, se fédérer ? Comment, ici, mutualiser l’énergie de ces milliers d’aubois et développer des solutions locales, en dehors des carcans politiques ? C’était justement l’un des objectifs de cette soirée. Et c’est même l’une des raisons d’être de notre site auboisementcorrect que d’offrir des espaces créateurs de liens, d’échanges, de débats dans la plus grande pluralité possible.
Le besoin d’agir et de croire aux petits matins
Les interventions ont toutefois montré à quel point le désir d’agir était fort. Mais comme l’a rappelé Alain Aubry, ce sont les petits pas de chacun, les graines semées, ici ou là qui feront changer notre société. Et même dans notre département, ces graines du changement et de l’espoir sont présentes. Pour preuve, beaucoup de ces acteurs locaux étaient, ce vendredi soir, dans la salle du Ciné-City : Amap « L’Aube des légumes », producteur bio, SCOP des Viennes, Croqueurs de Pommes, Commerce Équitable (Artisans du Monde) [2]...
C’est l’une des réussite de cette soirée : montrer que les petits matins valent mieux que le grand soir ! Apporter le témoignage que la somme de nos petits gestes peut faire bouger le monde. Souligner l’exceptionnelle richesse qui peut naitre de la multitude de nos actions. A chacun d’être l’acteur de son propre changement. A chacun de construire son destin et de se donner les moyens de réaliser ses rêves. A ce propos, un internaute citait il y a quelques jours Voltaire et son Candide : « Il faut cultiver son jardin ». Au sens figuré (et même au sens propre), tout est ici parfaitement résumé.
Pour finir, je vous invite à lire ce conte améridien souvent cité par Pierre Rabhi et raconté, vendredi soir par Alain Aubry :
L’histoire du Colibri
| Un jour, un grand incendie se déclare dans la forêt…
Tous les animaux, terrifiés, observaient impuissants ce désastre.
Seul le petit colibri, aussi frêle que déterminé, s’active en allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec, qu’il jette sur le feu, recommençant son manège sans relâche.
Au bout d’un moment, le tatou agacé par cette activité à ses yeux inutile, lui dit :
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[1] nos amis de Chapi-Chapo n’ont pas cru bon devoir relayer l’annonce de cette projection
[2] Et, même s’il n’a pas été cité vendredi soir, pensons à l’écofestival de la Rivière de Corps qui se tiendra le 2 et 3 octobre prochain












