« Y a vraiment, parfois, des coups de pied dans le c.. qui se perdent » disait mon grand-père Aimé. Et, effectivement, y en a...
« Fini le plan de relance qui a permis la réfection de 12 Km de voies. Pour 2010, la ville ouvre son porte-monnaie à hauteur de 2 millions d’euros... »
Dernièrement, le ban et l’arrière-ban des médias départementaux (c’est-à-dire Chapi et Chapo, canal 32 et quelques obscures radios locales, pas auboisementcorrect, bien sûr ! ) étaient convoqués par le sieur Mandelli qui voulait apporter la bonne parole sur les travaux sur les rues...
On se préparait à une formidable anthologie d’enfoncement de portes ouvertes, à un florilège de stupidités dignes de figurer dans l’édition 2010 des « bons mots des cancres » ou à un spicilège de bons mots style « Tontons flingueurs » car quand l’adjoint responsable du macadam et de l’UMP l’ouvre, c’est toujours un grand moment, comme un doux chant d’oiseaux par un soir d’automne...
Et bien, on a eu raison d’attendre car des stupidités y en a eu beaucoup et le beau merle on a parfois envie de l’enfermer dans une cage (des fois que ça lui ferait plaisir)...
Ce qui est curieux, c’est toujours l’extrême ductilité des « journalistes professionnels ». ( Voir à ce propos La ductilité des politiques aubois, texte où il n’y a rien à retirer et qui expliquait, en 2006 déjà… pourquoi le cube serait un échec et en quoi cela ne préoccupait pas François Baroin dont les objectifs étaient autres)
Les journalistes professionnels donc, quand auboisementcorrect, un "certain blog" dépasse les bornes, sont au premier rang pour s’inquiéter des dérives du web ou de l’incompétence d’obscurs scribouillards qui se prennent pour des pisses-copies, grands reporteurs de toutes petites choses...
Quand un médecin merdouille, y en toujours une ou deux gazetières pour relever incompétence du corps médical dans son ensemble et de l’aubois en particulier. Quand un chauffeur de taxi débile tabasse un pauvre handicapé c’est la diarrhée épistolaire de nos pigistes qui se déverse sur les ambulanciers de l’Aube entière... Mais, les politiques, les « zélus » locaux, peuvent raconter n’importe quoi sans trop risquer de retours de baton...
On se souvient de l’épisode des pavés à la parisienne qui valurent à auboisementcorrect son premier procès (et l’explosion de son audience, merci encore merci !). Là aussi, la relation par la presse locale des idioties d’un fonctionnaire troyen furent relatées, benoîtement, dans nos feuilles de choux sans qu’on relève, ni alors (fallait s’appeler auboisementcorrect) ni maintenant, les erreurs et les empapahoutages dans ses propos...
La « souplesse » de la presse locale, son ancillarité est tellement poussée, que les mêmes clowns politiques peuvent, à propos du même sujet, raconter un nouveau monceau de stupidités, personne n’y trouve rien à dire. Pas même une ligne étonnée. Les édiles auraient bien tort alors de se priver de nous prendre pour des gogols, puisque personne ne se donne la peine de le souligner ou de s’y opposer.
C’est quand même curieux que des gens aussi attachés à la noblesse de leur mission, à leur « liberté constitutionnelle », à leur « convention collective » et à leur réputation, soit tant dépourvu de sens critiques et d’analyse quand c’est un minuscule adjoint au maire de Troyes ou un obscur conseiller général de l’Aube qui raconte des billevesées.
Allez, foin de réflexions philosophiques de cafés du commerce, regardons un peu les faits. Cela ne me fera certainement pas de nouveaux amis chez Chapi-chapo mais participera à l’éducation des masses (comme disaient hier les tenants de la révolution permanente [c’est un clin d’œil à notre copine Anna Luxembourg]) et, à l’extrême, cela me fera plaisir...
Acte 1 : de la « technique à la parisienne » à la marqueterie délicate...
Revenons un peu en arrière, car cela en vaut la peine… Le 15 juin 2006, Chapi le bleu, se fendait d’un article ubuesque sur la troisième réfection de la place Jean-Jaurès. On nous y expliquait doctement, qu’on avait trouvé « LA » technologie adéquate pour les pavés troyens en utilisant la « technique à la parisienne » (sic) pour fixer ces petits morceaux de pierre. La technique se voulait idoine puisqu’elle venait de Paris, où des milliers de véhicules circulaient… L’article était tellement thuriféraire qu’il en frisait le ridicule et auboisementcorrect avait réagi sous ma plume par une niaiserie excessive qui nous a valu les tribunaux (où nous gagnables d’ailleurs !) Sous les pavés, le goudron ! Certe l’article manquait un peu de finesse mais il disait ce qu’il fallait dire…
Mais voilà t’y pas qu’en août, profitant de notre somnolence caniculaire, les mêmes « zélus » ou presque, profitèrent du même lieu, devant les mêmes journalistes pour nous raconter les mêmes idioties… Parce que, contre toute attente, il fallait de nouveau refaire le macadam… quatre ans seulement après la troisième et précédente réfection !
En 2006 nous disions que c’était « ni fait ni à faire »… En 2010 le sieur Boisseau nous explique, toujours aussi doctement… les mêmes balourdises.
Que lit-on dans Chapo le rouge qui relate les propos du sieur Boisseau ? : Qu’en 2006 « la ville avait retenu cette technique car, à l’époque, elle apparaissait la plus efficace. Ne demandant pas de temps de séchage comme pour un béton, elle permettait de raccourcir les délais du chantier. Et comme les bureaux d’études avaient toutes confiances en elle, nous l’avions retenue » tout cela est bien beau, c’est une belle histoire pour amnésiques car, à l’époque, on ne parlait pas de « délai de séchage » et auboisementcorrect avait dit « gratuitement » que ça ne tiendrait pas longtemps… On aurait pu éviter de donner des ronds aux « bureaux d’études », » ça aurait gagné du temps, de l’argent…. Mais à Troyes on aime bien les audits inutiles...
L’adjoint à la « requalification du quartier de la bourse » (comme il ne s’occupe plus que de cela, la ville étant couverte de buis, je ne vois pas pourquoi il ne porte pas ce noble titre !) ajoute plus loin « il faut dire, qu’au début des années 2000, on n’était alors qu’aux balbutiements de la requalification urbaine et que l’on ne disposait pas beaucoup de recul. » Fantastique niaiserie encore… Au début des années 2000 on n’en était pas aux « balbutiements de la requalification urbaine » d’abord, ensuite les pavés furent largement utilisés par les Romains il y a 2000 ans, avec succès puisque certaines de leurs voies, comme la voie Agrippa (Milan Boulogne rien que ça) qui passe par Troyes a ses pavés qui tiennent encore dans certaines sections comme à proximité de Bouilly… 2000 ans c’est un bail, la même technique aurait pu être mise en œuvre, non ? Et si les services techniques de la ville de Troyes veulent des renseignements, pas besoin de se payer un nouvel audit inutile, il suffit de taper « voies romaines » sur Google et vous aurez 197 000 résultats !
Bon passons vite car les lecteurs s’impatientent…
Donc comme à Troyes on est incapable de faire des pavages, on a été chercher en Bretagne une nouvelle technique qui tient plus de la marqueterie que des sols bitumineux… En gros on fait un couvrant de bitume classique et on colle des faux pavés dessus. Mais ce qui convient parfaitement à la délicatesse d’un meuble Louis XVI semble peu approprié au passage des bus, non ?
N’importe quel imbécile sait que ça ne tiendra pas deux ans… Pas grave ! On communique là-dessus et la presse quotidienne départementale relate ça sans un frisson, sans un soupçon de critique, sans vouloir y voir le mal ! (L’éducation des masses ils s’en tapent, hein, Anna ! )
Acte 2 : Chaque rue de Troyes sera refaite tous les 45 ans…
Mais attendez, car dans le genre scrognognoterie on fait encore plus fort !
Cette semaine c’est le sieur Mandelli qui s’y colle… Fallait bien qu’ils disent quelque chose car les adjoints, faisant la queue à la porte des rédactions comme les fidèles devant le confessionnal le samedi Saint, les uns après les autres, convoquent la presse pour raconter de belles histoires afin de faire croire qu’ils bossent comme des malades, … Donc l’adjoint au bitume et à l’UMP convoque Chapi chapo et explique le programme routier de Troyes pour cette année.
Pour goûter tout l’humour des articles de la PQ il faut citer l’intégralité d’un paragraphe. Nous prendrons l’article de Sylvianne Moreau qu’on a connu plus talentueuse aux temps de la « Chair salée » dans Libération-Champagne du 22 septembre dernier. : « Vingt-cinq millions d’euros, 12 Km de voies. C’était en 2009, le temps de la relance. En 2010, la ville n’en continue pas moins son travail de réfection de la chaussée, suite à l’audit qui avait été réalisé sur 180 Km de voies. Le logiciel a permis de disposer d’une base de données qui ne s’arrête pas à la signalisation horizontale et verticale. L’état des réseaux a pu être ainsi mis en évidence. Un budget de 2 millions d’euros va permettre la réfection de 4 kilomètres cumulés sur 14 rues. Une est déjà achevée, la rue Urbain IV, dans l’hypercentre. »
Comme dans nos analyses de textes d’antan, commentons…
L’année de la relance on a fait 12 Km de rue à Troyes. Exact ! On s’en rappelle tous… Mais dans le même temps, l’adjoint aux bitumes et à l’UMP rappelle (il n’a pas honte quand même…) que la ville s’est payé un audit ridicule avec des camions « renifleurs » que nous avions relatés il y a presque un an… Mandelli rassemble les journalistes : " Chante, beau merle !" Et cette fine analyse, inutile et coûteuse, portait sur 180 Km de voies…
« Et alors ? » me direz-vous… Et bien, l’adjoint au bitume et à l’UMP vous dit dans le journal qu’il y a 180 Km de voies et qu’on fait la réfection cette année de 4 Km… « Et alors ? » Ben, si on fait 4km par an et qu’il y a 180 Km de rues à Troyes, ça veut dire que, en moyenne, chaque rue sera refaite tous les… 45 ans !
45 ans c’est un bail quand même… Y’a 45 ans de Gaulle était président de la République, François Baroin faisait sa première dent (j’espère qu’on l’a gardé), Obama rentrait au jardin d’enfant, Anna ne croyait pas encore au grand soir mais se gavait de fraise tagada (rouge), Malcom X était assassiné, Terré n’avait pas encore sacagé le quartier du gros raisin, Adnot était à l’école agriculture de Ste-Maure, la France faisait la politique de la Chaise vide en Europe et Paul VI concluait le Concile VaticanII… Ça fait un bail, non ?
« Et voilà pourquoi votre fille est muette ! » aurait dit Sganarelle… En gros le sieur adjoint vous explique qu’on refera la place Jean-Jaurès en 2055, j’aurai 100 ans, j’espère voir cela…
Et bien nos journalistes locaux n’ont rien dit, rien critiqué, rien remarqué… Ils ont écrit ce qu’on leur disait plus fidèlement que moi au brevet élémentaire (car moi je faisais des fautes… déjà !) et ils étaient probablement contents de leur copie.
À ce niveau on se demande pourquoi Chapi-Chapo paient des professionnels avec charges sociales, conventions collectives, etc. etc. Car si c’est pour faire cela il n’y a qu’à faire des copier-coller des communiqués de la mairie.
Conclusions :
Comment finir cette diatribe ? En vous félicitant de lire auboisementcorrect car si nous ne sommes pas des professionnels, si nous manquons de moyens, si nous sommes partisans, aigris, imbus de nous-mêmes, si nous possédons un « égo surdimensionné » et si nous sommes tout près d’adhérer au PS comme des huîtres adhèrent aux potelets des plages… nous disons des choses qui se confirment au fil de temps...
Et peut-être qu’un observateur malicieux, très malicieux je le reconnais, pourrait prouver qu’on ne dit pas plus de bêtises que les professionnels du secteur… CQFD !













