Ce que vous dites est vrai...dans tous les partis, au Ps, chez les Communistes, et en premier lieu à l’Ump, puisque là bas c’est une institution. Vous parler de la stratégie commerciale et de conquête en politique, mais sachez qu’elle a toujours existée. Ce sont bien souvent les plus mesquins, les moins sensibles qui grimpent, car il faut etre capable de supporter les pressions, les attaques malignes, les coups bas ; il faut etre opportuniste pour prendre sa chance dans les RDV militants et publics, et on lutte contre d’autres de meme calibre que soit. L’image et la forme prend alors le pas sur le fond (qui ne disparait pas heureusement) car c’est le plus grand aspect de la communication, c’est ce qu’on append dans toutes les écoles de commerce du monde. Il y a une sorte de sélection naturelle qui s’opère, basée sur des ingrédients que l’on peut mettre en bas de l’echelle de l’ethique, mais n’oublions pas une chose, enfin c’est ce que j’ai appris : la forme doit soutenir le fond. Il s’agit simplement d’un moyen, d’ une arme positive. J’argumente, je soigne mon apparence pour me donner de la crédibilité, je garde mon sang froid, j’élabore une stratégie, puis une tactique, mais tout cela pour soutenir des idées, un projet que je trouve bienveillant.
Ce qui vous dégoute c’est le décalage entre les paroles et les actes. Le problème ici, ce n’est pas finalement, les armes, mais plutôt la philosophie morale. Les ergoteurs grecs de l’antiquité maitrisaient parfaitement ces concepts et plaçaient cette notion morale indétachable des moyens employés pour réussir politiquement. Si vous prenez un combat de boxe par exemple. Les coups en dessous de la ceinture sont interdit. C’est une règle morale. Bon il y a un arbitre tout va bien. Mais imaginez que l’un des deux boxeurs néglige volontairement cette règle, il aura evidemment un avantage dans le combat. L’autre, qui souhaite rester dans la règle, donc dans la moralité, ne fera pas de coup bas à son adversaire...noble, mais il perd le combat ! On peut argumenter avec des mensonges, de la mauvaise foi. On peut détruire l’image d’un adversaire, etre mesquin. On prend alors un avantage sur celui qui veut etre toujours de bonne foi, qui ne veut jamais salir l’image de ses adversaires, etc...Si vous etes un voleur, et que je vous dénonce publiquement. Vous protégerez votre image, evidemment, mais dans votre conscience, vous serez sans émotion, car vous vous en moquez puisque c’est vrai. Ce n’est pas un grand coup pour vous. Vous durerez politiquement à ce rythme. Admettons maintenant que vous soyez "pure" sur ce plan, mais mon idée est de vous faire passer pour un voleur, car vous etes mon adversaire politique. Vous prendrez un enorme coup émotionnel. Vous vous defendrez (il le faut), mais vous dormirez mal.
Je pense que la philosophie morale devrait avoir une meilleure publicité dans les enseignements, et dans les statuts et règlements institutionnels, avec de lourdes sanctions. Peut être un jour, dans 50 ou 500 ans.