La promesse d’une électrification de la ligne Paris-Troyes-Mulhouse revient aussi régulièrement que les affaires politico-financières... Mais à la différence de ces dernières où des millions passent de mains en mains, ici c’est du vent et du baratin que glissent avant chaque élection nos élus à nos oreilles naïves.
Ainsi, il y a quelques mois, le microcosme s’embrassait avec passion pour fêter le dossier « débloqué » de l’électrification de la ligne Paris-Troyes. C’était fait, c’était sur et certain. D’ici 2016, Troyes aurait son train électrique. Depuis, comme on pouvait s’y attendre, le soufflet est sérieusement retombé. L’Île de France, qui à l’occasion fait office de la tête de turc rêvée, refuserait de donner les quelques millions restants. Une belle aubaine pour les élus aubois qui pourront toujours se cacher derrière les méchants franciliens pour s’excuser d’une promesse toujours faite, jamais tenue...
Toujours est-il que les premières motrices électriques ne s’arrêteront pas à Troyes en 2016, et sans doute pas avant 2020/2025. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le rapport du SNIT (Schéma National des Infrastructures de Transports).
Comme l’indiquait un de nos lecteurs en réaction à l’éditorial de Philippe Beury, l’électrification est pourtant bel et bien mentionnée au sein de ce rapport : « Il s’agit par exemple de tendre vers une durée de 3 heures pour les dessertes de Brest et Quimper depuis Paris ou d’améliorer la qualité de service sur la ligne Paris-Troyes en procédant à son électrification. ».
Mais l’espoir d’une modernisation réelle de la ligne 4 s’arrête là. Car les projets proposés à l’inscription de ce SNIT ne font pas la moindre mention de l’électrification de la ligne 4 ; ni parmi les projets à engager avant 2020, ni parmi ceux à lancer après 2020. Pire encore, la LGV Rhin-Rhône devrait aboutir avant 2020. Elle aura pour évidente conséquence de réduire un peu plus le trafic sur la ligne 4 et de rendre l’électrification encore plus aléatoire.
Autant dire que l’électrification de la ligne Paris-Troyes avant 2016 relève plus que jamais d’une chimère et permettra de nourrir encore un long moment les programmes électoraux des candidats en mal d’idées...















