L'article

21
juil
2010

Sens et contre-sens des pistes cyclables

Un sondage est actuellement proposé qui concerne l’utilisation à contre-sens des pistes cyclables. Le résultat sera peut être favorable à cette nouvelle pratique. Je comprends qu’il soit tentant de saisir cette opportunité de favoriser le déplacement à bicyclette mais j’ai voté contre.

Avant d’introduire de nouvelles règles peut-être serait-il sage de vérifier si le réseau actuel de ces pistes rend le service attendu et quelles sont les améliorations à y apporter.

Si l’on met provisoirement en attente une réponse spontanée, nous observons que nous introduisons, du fait de ce contre-sens, une cause supplémentaire de conflit entre les deux-roues, les automobiles et les piétons. Ces situations potentiellement conflictuelles existent déjà dans la pratique actuelle des règles du code de la route sur les voies ordinaires de circulation : écart insuffisant entre automobiles et deux-roues lors des croisements et des dépassements, défaut de signalisation des changements de direction, ouverture imprudente de la portière, etc. Les torts sont souvent réciproques et l’objet de ce texte n’est pas de chercher des coupables.

Les pistes cyclables sont trop souvent étroites, voire d’une largeur plutôt symbolique, et mal entretenues ou encombrées. Elles peuvent être également utilisées par les piétons, les rollers, les voitures d’enfants, etc. Les vitesses respectives de déplacement sont notoirement différentes et la cohabitation peut présenter des difficultés et même des dangers. Une homogénéité insuffisante amène à des incompréhensions, des erreurs et des accidents.

La séparation matérielle des voies de circulation et leurs affectation spécifiquement aux trois usagers, automobilistes, cyclistes et piétons, garantissent une saine organisation urbaine. Il faut la respecter à chaque fois que cela est possible et en particulier dans le cas de réalisations nouvelles. La circulation routière s’est grandement améliorée grâce à la généralisation de la signalisation horizontale, entre autres procédés. La matérialisation des couloirs de circulation sont des repères appréciés pour la conduite automobile. De même le cycliste reconnaît son espace et le piéton son trottoir. Cela introduit chez chaque utilisateur des sentiments de sécurité et donc de respect des autres.

Par contre, il me semble que le cas des rues piétonnes doivent pouvoir faire exception grâce à leur conception matérielle spécifique, aux vitesses réduites et à l’objet particulier des déplacements. Le vélo et l’automobile y sont l’exception et le piéton y est majoritaire.

J’ajoute ci après quelques photographies pour argumenter concrètement mon propos. A titre d’exemple, je propose de partir de l’utilisation des pistes cyclables nouvellement réalisées de l’avenue Jules Guesde. Cette réalisation est, de mon point de vue, très bien achevée et très agréable a utiliser. Elles permettent de joindre le centre ville et la voie des lacs.

JPEG - 81.5 ko

Je laisse volontairement de côté la rupture en fin de parcourt à St Julien car elle n’est pas dangereuse. Il en est autrement pour l’autre extrémité au rond-point Wood et West.

En venant de St Julien, vous devez traverser cette extrémité du boulevard Jules Guesde et vous aboutissez, côté gauche, face au boulevard du 14 Juillet, abandonné en plein contre-sens !

JPEG - 84.2 ko

Sur l’illustration, on devine la piste à la peinture fortement dégradée qui s’achève contre le trottoir dans le virage.

Le rond-point Wood et West n’a aucune signalisation de piste cyclable. Le contournement dans le sens giratoire oblige à affronter les refus éventuels de priorité.

JPEG - 80 ko

L’alternative la moins dangereuse consiste à emprunter les deux passages protégés successifs destinés aux piétons. Mais il s’agît ici d’une option personnelle !

JPEG - 85 ko

Pour emprunter le boulevard du 14 Juillet, dans le sens normal, côté pair, il faut tourner à gauche et rouler sur la voie de droite. Il n’y a aucune piste cyclable jusqu’à la rue Raymond Poincaré. On la retrouve opportunément après avoir traversé cette rue.

Dans l’autre sens, nous trouvons le même défaut. La piste cyclable du boulevard du 1er R.AM. est particulièrement étroite sur tout le parcourt. La prudence conseille de se tenir à distance du trottoir. On constate alors que l’on roule en dehors de la piste. Elle se termine d’ailleurs brutalement au feu du rond-point François Mitterrand.

JPEG - 77.3 ko

Après avoir traversé ce rond-point, le boulevard du 14 Juillet, côté impair, est sans piste cyclable. Le boulevard possède trois voies de circulation. La prudence consiste à rouler au milieu de la voie de droite.

A l’extrémité du boulevard, on trouve facilement la piste cyclable du boulevard Jules Guesde, un plaisir !

On pourrait probablement décrire d’autres situations dangereuses dans le réseau des pistes cyclables de l’agglomération. Mais ce n’était pas le but de cette réflexion. Votre sondage m’a incité à faire le point sur le sens et les contre-sens d’un parcourt que je fréquente habituellement, à bicyclette.

Claude.



repondre Réagir à cet article     forumVoir les 9 commentaires
Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

Les commentaires (9)

Sens et contre-sens des pistes cyclables
  • Commentaire 41372 claudeh
    le 21 juillet 2010  à 07:19

    Dommage que les réflexions et remarques souvent positives des citoyens utilisateurs comme dans le commentaire initial ne soient pas suffisement prises en compte.
    On avance quand même un peu partout en France dans le domaine des pistes cyclables et il y a parfois de vrais difficultés techniques sur le terrain.

    Nous sommes des râleurs par nature et il faut continuer de proposer (démocratie participative) des solutions pour les petits ratés qui existent.

    L’obstacle est aussi dans les têtes, tant que la voiture restera pour certains un symbole de réussite sociale, le vélo restera un objet secondaire vu comme objet de loisir alors qu’il pourrait aussi souvent devenir un outil de travail propre et sobre(vélotaf, etc.).
    Pour les voies à contre sens, il faut être prudent, mais pour l’instant les études ne montrent pas de dangerosité supplémentaire.
    Mais le recul et les expériences sont récentes et trop limitées et les cas chaque fois différents.

    Une autre organisation globale des transports est possible.

  • Commentaire 41375 Etcaetera
    le 21 juillet 2010  à 14:28

    Merci pour votre message et l’ouverture constructive faite à ce débat. Je le souligne parce que c’est rare.
    A une époque encore assez proche, le vélo était un moyen de transport universel accessible au plus grand nombre alors que la voiture ne l’était que pour les classes (très) aisées.
    La voiture est devenue un symbole de réussite sociale et professionnelle, excluant ainsi tout une partie de la population actuelle, dont la situation économique précaire ne leur permet pas l’achat, l’entretien, l’assurance d’un véhicule motorisé.
    Et nous avons donné à la voiture une place qui prime sur toutes les autres utilisations.
    Le vélo n’est pas qu’un objet ou un sport de loisir (il l’est pour ceux qui possèdent une voiture et l’utilisent pour tous leur déplacements) alors que le marketing nous le présente uniquement dans cet objectif là.
    Il ne faudrait pas oublier dans nos débats l’existence des minorités (étudiants, personnes aux revenus précaires de plus en plus nombreuses, personnes à mobilité réduite qui se déplacent en tri ou quadricycle, etc.) pour nous permettre ainsi de réfléchir conjointement sur les problématiques des transports, de leur coût et des impacts secondaires liés aux choix qui sont et seront faits en essayant de voir les problèmes sous des angles moins carrés et à une place que nous n’avons pas, celle des non utilisateurs de voiture, celle des minorités.
    Parce que ces minorités là ne s’autorisent pas toujours à prendre la parole ou bien parce qu’elles n’ont pas accès à cette parole ou à Auboisement correct…
    Un vélo coûte moins cher qu’un ordinateur, ses frais d’entretien sont négligeables et ne nécessite pas un coût de connexion…

    Merci à ceux qui auront apporté et apporteront intelligemment leur contribution aux débats.

  • Commentaire 41379 facteuretraité
    le 21 juillet 2010  à 18:36

    Sarkozy fait il partie des petits ratés qui existent ?

  • Commentaire 41735 claude
    le 28 juillet 2010  à 21:45

    Merci pour l’attention que vous avez apporté à ma proposition de réflexion et de prudence ; cela fait plaisir d’être compris.
    Claude.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 41376 Etcaetera
    le 21 juillet 2010  à 14:49

    Vous avez fait le point sur les principales aberrations des pistes cyclables et il y en a d’autre pour les avoir moi aussi fréquentées. Le contre sens, « dans un sens », me parait très largement moins dangereux que d’avoir à passer de droite sur la gauche et traverser la chaussée pour récupérer la suite de la piste ou bande cyclable dont le début ou la fin (qui est parfois mal identifié) est placé à gauche de la chaussée. Sur certains parcours c’est un vrai slalom qui amène la piste cyclable (bien matérialisée) à traverser la chaussée à plusieurs endroits.
    Concernant le contre sens dont il est question, il s’agit de la piste cyclable des rues à sens unique, et donc à une seule voie de circulation pour les voitures qui roulent moins vite que sur les autres voies d’accès.

    repondre Répondre



  • Commentaire 41377 anne
    le 21 juillet 2010  à 16:54

    En vélo, Jules Guedes que du bonheur, et pourquoi pas Chomeday ???

    De plus, faire des pistes cyclables n’est pas, à mon sens super onéreux pour les voies larges, un bon coup de peinture verte et l’espace est réservé.

    Article de l’Est Eclair sur la possibilité de prendre les rues à sens uniques à contre sens :
    http://www.lest-eclair.fr/index.php...

    Extrait du Code de la Route concernant la circulation des vélos :
    "Article R431-9 :
    Modifié par Décret n°2003-283 du 27 mars 2003 - art. 3 JORF 29 mars 2003
    Pour les conducteurs de cycles à deux ou trois roues, l’obligation d’emprunter les bandes ou pistes cyclables est instituée par l’autorité investie du pouvoir de police après avis du préfet.

    Par dérogation aux dispositions de l’article R. 110-2, les conducteurs de cyclomoteurs à deux roues, sans side-car ni remorque peuvent être autorisés à emprunter les bandes et pistes cyclables par décision de l’autorité investie du pouvoir de police.

    Lorsque la chaussée est bordée de chaque côté par une piste cyclable, les utilisateurs de cette piste doivent emprunter celle ouverte à droite de la route, dans le sens de la circulation.

    Les conducteurs de cycles peuvent circuler sur les aires piétonnes, sauf dispositions différentes prises par l’autorité investie du pouvoir de police, à la condition de conserver l’allure du pas et de ne pas occasionner de gêne aux piétons.

    Hors agglomération, les conducteurs de cycles peuvent circuler sur les accotements équipés d’un revêtement routier.

    Le fait, pour tout conducteur, de contrevenir aux dispositions du présent article ou à celles prises pour son application est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe.

    Article R431-10 :
    Hors agglomération, le long des routes pavées ou des routes en état de réfection, la circulation des cycles et cyclomoteurs à deux roues sans remorque ni side-car, est autorisée sur les trottoirs et contre-allées affectées aux piétons.

    Dans ce cas, les conducteurs sont tenus de circuler à l’allure du pas à la rencontre des piétons et de réduire leur vitesse au droit des habitations.

    Le fait, pour tout conducteur d’un cycle, de contrevenir aux dispositions de l’alinéa précédent, est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la deuxième classe.

    Le fait, pour tout conducteur d’un cyclomoteur, de contrevenir aux dispositions du même alinéa, est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe."

    Ce dernier article autorise les vélos (en roulant au pas) à prendre les trottoirs dans le cas de routes pavées. La circulation des vélos est encore un grand débat troyen, qui je l’espère un jour prendra fin en contentant tout le monde.

  • Commentaire 41736 claude
    le 28 juillet 2010  à 22:21

    J’ai voulu montrer, à l’aide de l’exemple choisi, que la création du réseau de pistes cyclables de Troyes pouvait prendre sens si l’on reliait entre eux les différents tronçons existants. C’est imparfait évidemment. Mais la réalisation récente des pistes de l’avenue Jules Guesde permet de relier le boulevard du 14 Juillet à Saint Julien et à la vélovoie des Lacs. Nous ne sommes plus obligés de prendre la voiture pour aller faire du vélo !
    Les autres tronçons réalisés les années précédantes sont trop souvent discontinus, étroits, encombrés pour être pratiqués de façon régulière ou pour l’agrément.
    C’est intéressant de rappeler ces règlements que nous ignorons parfois. C’est l’usage qu’on en fait qui en souligne la qualité et la pertinence.

  • repondre Répondre



  • Commentaire 41378 claudeh
    le 21 juillet 2010  à 18:07

    Sympathique les informations.

    Juste des remarques générales dont certaines sur les tricycles que je connais un peu.
    D’une part, ils ne sont pas utilisés seulement par les handicapés, mais cela est un détail et un constat négatif concernant certaines entrées de la vélovoie des viennes qui par sécurité sont malheureusement entravées par des chicanes difficilement franchissables par les tricycles.

    Suite article d’Anne :
    "Hors agglomération, les conducteurs de cycles peuvent circuler sur les accotements équipés d’un revêtement routier".
    Cet article est-il applicable aux rocades ou voies rapides lorsqu’il n ’y a pas de panneaux l’interdisant aux accés ?
    Je pense en particulier au tronçon rapide reliant La chapelle st luc à Torvilliers.

    On peut également rappeler le succés des différentes voies vertes où on croise des familles entières et de nouveaux utilisateurs, le tout dans une bonne ambiance.
    Il y a aussi un effet positif sur le plan économique avec une modeste relance de la production locale de vélo.
    C’est quand même mieux quand les vélos ne viennent pas de chine.

    repondre Répondre



  • Commentaire 41505 Cristo10
    le 24 juillet 2010  à 16:48

    Je viens de m’installer à Troyes, et là d’où je viens (une grosse ville tenue par la gauche), les vélos roulent à contre sens des automobiles dans les rues mêmes, sans piste cyclable. Autrement dit, même dans les rues à sens unique, les autos doivent faire attention aux vélos qui viennent en face (et qui roulent aussi mal que les automobilistes)
    Par ailleurs, il y a finalement assez peu de pistes cyclables "pures", sur les routes ou les trottoirs. Il faut partager avec les voitures ou les piétons, et faire attention aux débouchés sur des rues/routes assez brutaux.
    Troyes n’est pas un cas isolé. Dans une autre ville, Lyon, très en pointe avec le vélo, le succès du vélo en libre service tient largement aux quais qui servent d’autoroute à vélo, et permettent vraiment de traverser la ville du Nord au Sud en risquant assez peu (et en débouchant non directement sur les boulevards, mais sur de larges trottoirs et les promenades arborées). Troyes doit faire avec sa pauvreté en terme d’espace non utilisé, tout simplement.

    repondre Répondre



Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d'abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n'oubliez pas d'indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • texte

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 500 visites
  • 9 commentaires
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Fabriqué avec SPIP et YAML - Hébergé par CELEONET - Code & Design par INDIE