Curieux tout de même que cette prise de conscience n’arrive que maintenant. On pourra dire ce que l’on voudra, mais le seul candidat qui avait inscrit clairement dans son programme en 2002 et en 2007 la nécessité d’arrêter de laisser filer la dette est François Bayrou. Il était bien seul en ce temps là à tenir pareil discours et faisait figure d’alarmiste populiste voir de doux rêveur.
C’est donc l’heure des économies. Tout le monde s’y met, enfin tout le monde y va de sa communication. C’est d’ailleurs toujours de la faute d’un autre, souvent le gouvernement donc on tranche dans le vif. Adnot décide de faire payer une partie du transport scolaire par le biais de l’augmentation des frais d’inscription. Baroin commande des audits de la part de cabinets extérieurs pour trouver des économies d’échelle comme on dit. Le gouvernement cherche des milliards. On ne sait plus où donner de la tête. Dans le même temps le gouvernement tente de faire passer au forceps la réforme des retraites, toujours avec le leitmotiv que celle-ci est financée par la dette. La gauche s’y oppose sans pour autant proposer une alternative plausible. Les grand discours et les bonnes intentions pèsent peu au regard d’une réalité mathématique, que la natalité correcte depuis ces vingt dernières années en France (on ne le dit jamais) permet de « limiter ». Le recul de départ à la retraite à 62 ans reste tenable dans notre pays au lieu de 65 voir 67 dans la majorité des nations européennes qui nous entourent.
Alors allons y faisons des économies, mieux vaut tard que jamais. Mais alors faisons en vraiment et à tout niveau. On me dira que les sommes en jeu ne sont pas importantes, mais l’exemple vaut ce qu’il vaut et est fort révélateur des changements que nous devrons opérer si on veut durablement faire changer les choses ; les feux d’artifice du 14 juillet. Oh il n’est pas dans mon intention de ne plus fêter la fête nationale, mais regardons ce qui se passe dans notre agglomération. Pas moins d’une vingtaine de feux d’artifices tirés entre les 13 et 14 juillet. Tout cela pour 130 000 habitants. Un seul feu à Metz 250 000 habitants, un seul sur la communauté urbaine de Marseille 1.2 millions d’habitants, un seul à Paris ! Mais à Troyes, chaque petit maire y va de son petit feu. On frise le ridicule des petites féodalités locales ! Voit on Paris un feu d’artifice par arrondissement (lesquels en moyenne sont à eux seuls plus peuplés que le département dans son entier) ? Non. Pourquoi n’y a-t-il pas qu’un seul feu pour l’ensemble de la CAT ? On pourrait d’ailleurs en faire un encore plus gros qu’à Troyes, sans doute encore plus riche en dépensant au niveau de l’agglomération au minimum deux fois moins. Car nous parlons ici de plusieurs centaines de milliers d’euros à l’échelle de l’agglomération !! Franchement quel est l’intérêt pour Sainte Savine, la Chapelle, Saint André ou Saint Parres de tirer son propre feu d’artifice, sinon que de faire plaisir à certaines sommités locales. Les gens des communautés urbaines françaises sont-ils moins bien servis en festivité du 14 juillet que nous troyens ?
Ce qui peut paraître un détail, est en fait révélateur de la gabegie financière que représente la gestion de notre agglomération par douze petites communes. Ce qui se passe pour les feux d’artifices se passe à tous les niveaux. La simple rémunération de nos élus nous coûte également plus de deux millions d’euros par an que ce qu’une seule commune nous coûterait. Surabondances de bibliothèques communales sous fréquentées, dérive dans les investissements à l’image de la comédie Saint Germain qui ne pouvait qu’aboutir qu’au gouffre financier qu’elle est devenue. Alors faisons de vraies économies, fusionnons les communes du grand Troyes et ce sont de millions d’euros économisés chaque année qui permettront de financer soit l’économie soit des prestations sociales. Les économies à trouver le seront dans la réduction des échelons administratifs. Je ne sais pas si la suppression des départements est une bonne chose où pas. Il y a sans nul doute du pour et du contre. Ne faut-il pas plutôt supprimer les régions qui dans un état centralisé comme le nôtre ne servent finalement pas à grand-chose. En revanche la fusion des communautés urbaines comme celle de Troyes représente à très court terme un gisement d’économies énorme. Alors messieurs les politiques locaux, qui osera prendre son bâton de pèlerin et initier le mouvement ? Ah il faudrait pour cela risquer de perdre vos petites féodalités locales. Mais de droite de gauche osez donc, l’ensemble des habitants de l’agglomération suivra ceux qui auront le courage de se lancer dans un tel combat.









