L'article

16
juil
2010

Dette insupportable, économies à tout va

Curieux tout de même que cette prise de conscience n’arrive que maintenant. On pourra dire ce que l’on voudra, mais le seul candidat qui avait inscrit clairement dans son programme en 2002 et en 2007 la nécessité d’arrêter de laisser filer la dette est François Bayrou. Il était bien seul en ce temps là à tenir pareil discours et faisait figure d’alarmiste populiste voir de doux rêveur.

C’est donc l’heure des économies. Tout le monde s’y met, enfin tout le monde y va de sa communication. C’est d’ailleurs toujours de la faute d’un autre, souvent le gouvernement donc on tranche dans le vif. Adnot décide de faire payer une partie du transport scolaire par le biais de l’augmentation des frais d’inscription. Baroin commande des audits de la part de cabinets extérieurs pour trouver des économies d’échelle comme on dit. Le gouvernement cherche des milliards. On ne sait plus où donner de la tête. Dans le même temps le gouvernement tente de faire passer au forceps la réforme des retraites, toujours avec le leitmotiv que celle-ci est financée par la dette. La gauche s’y oppose sans pour autant proposer une alternative plausible. Les grand discours et les bonnes intentions pèsent peu au regard d’une réalité mathématique, que la natalité correcte depuis ces vingt dernières années en France (on ne le dit jamais) permet de « limiter ». Le recul de départ à la retraite à 62 ans reste tenable dans notre pays au lieu de 65 voir 67 dans la majorité des nations européennes qui nous entourent.

Alors allons y faisons des économies, mieux vaut tard que jamais. Mais alors faisons en vraiment et à tout niveau. On me dira que les sommes en jeu ne sont pas importantes, mais l’exemple vaut ce qu’il vaut et est fort révélateur des changements que nous devrons opérer si on veut durablement faire changer les choses ; les feux d’artifice du 14 juillet. Oh il n’est pas dans mon intention de ne plus fêter la fête nationale, mais regardons ce qui se passe dans notre agglomération. Pas moins d’une vingtaine de feux d’artifices tirés entre les 13 et 14 juillet. Tout cela pour 130 000 habitants. Un seul feu à Metz 250 000 habitants, un seul sur la communauté urbaine de Marseille 1.2 millions d’habitants, un seul à Paris ! Mais à Troyes, chaque petit maire y va de son petit feu. On frise le ridicule des petites féodalités locales ! Voit on Paris un feu d’artifice par arrondissement (lesquels en moyenne sont à eux seuls plus peuplés que le département dans son entier) ? Non. Pourquoi n’y a-t-il pas qu’un seul feu pour l’ensemble de la CAT ? On pourrait d’ailleurs en faire un encore plus gros qu’à Troyes, sans doute encore plus riche en dépensant au niveau de l’agglomération au minimum deux fois moins. Car nous parlons ici de plusieurs centaines de milliers d’euros à l’échelle de l’agglomération !! Franchement quel est l’intérêt pour Sainte Savine, la Chapelle, Saint André ou Saint Parres de tirer son propre feu d’artifice, sinon que de faire plaisir à certaines sommités locales. Les gens des communautés urbaines françaises sont-ils moins bien servis en festivité du 14 juillet que nous troyens ?

Ce qui peut paraître un détail, est en fait révélateur de la gabegie financière que représente la gestion de notre agglomération par douze petites communes. Ce qui se passe pour les feux d’artifices se passe à tous les niveaux. La simple rémunération de nos élus nous coûte également plus de deux millions d’euros par an que ce qu’une seule commune nous coûterait. Surabondances de bibliothèques communales sous fréquentées, dérive dans les investissements à l’image de la comédie Saint Germain qui ne pouvait qu’aboutir qu’au gouffre financier qu’elle est devenue. Alors faisons de vraies économies, fusionnons les communes du grand Troyes et ce sont de millions d’euros économisés chaque année qui permettront de financer soit l’économie soit des prestations sociales. Les économies à trouver le seront dans la réduction des échelons administratifs. Je ne sais pas si la suppression des départements est une bonne chose où pas. Il y a sans nul doute du pour et du contre. Ne faut-il pas plutôt supprimer les régions qui dans un état centralisé comme le nôtre ne servent finalement pas à grand-chose. En revanche la fusion des communautés urbaines comme celle de Troyes représente à très court terme un gisement d’économies énorme. Alors messieurs les politiques locaux, qui osera prendre son bâton de pèlerin et initier le mouvement ? Ah il faudrait pour cela risquer de perdre vos petites féodalités locales. Mais de droite de gauche osez donc, l’ensemble des habitants de l’agglomération suivra ceux qui auront le courage de se lancer dans un tel combat.



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Les commentaires (10)

Dette insupportable, économies à tout va
  • Commentaire 41298 CHARPENTIER
    le 17 juillet 2010  à 07:41

    Dans Les Echos du 8 mai 2010, on pouvait lire dans la chronique d’Eric Le Boucher

    ... " La croûte des compromis européens, c’est aussi la vie réelle, la vie démocratique "grecque" et trop d’austérité tuera l’austérité. l’euro doit-il sauter ? Sauf que la politique aura le dernier mot et qu’alors, ce ne seront plus les mêmes politiques mais les extrèmes populistes et nationalistes au pouvoir. Et eux n’hésiteront pas une seconde à frapper les banques, taxer les bonus, priver la finance de sa liberté, et ensuite pire" ...

  • Commentaire 41299 claudeh
    le 17 juillet 2010  à 10:54

    Apparement, il y a encore des citoyens qui croient aux vertus du néolibéralisme !:-((
    Extrait discutable :
    "priver la finance de sa liberté, et ensuite pire"

    Evidement, il faut réguler la finance mondialisée et cela n’est pas du populisme, mais la nécessité économique de demain.

    Il faut ponctionner une partie des bénéfices des banques et les réinjecter dans l’économie via une politique industrielle planifiée,
    il faut priver la finance parasite de sa liberté de spéculer.
    Et ce sera mieux pour tous et tants pis si c’est pire pour une poignée de charognards.

    D’accord pour économiser dans les secteurs non vitaux.
    D’accord pour diminuer la dette, mais commençons par annuler en priorité celle des pays pauvres du tiers-monde qui les empêche de se développer,
    prisonniers des taux d’intérêts.

    claudeh

  • Commentaire 41303
    le 17 juillet 2010  à 13:56

    Si certains pays du tiers-monde arrêtaient de se taper sur la gueule et d’acheter des armes pour faire la guerre, ou bien encore de faire des coups d’Etat tous les 3 4 matins, créant une instabilité, plutôt que de construire des plans économiques stables à long terme comme l’ont fait certains, ça les aiderait surement à ne pas rester dans leur situation catastrophique...

  • Commentaire 41304 marre des conneries
    le 17 juillet 2010  à 15:42

    annuler la dette des régimes bananiers ?
    qui paiera l’ardoise ?
    le pauvre pékin de français ?
    il y en a marre de toujours payer pour les autres.
    de toute façon, on presse suffisamment le citron du français.
    pas besoin d’en rajouter.
    encore en belle vision gentille d’un gentil écolo, ou d’un gentil gauchiste ?

  • Commentaire 41305 claudeh
    le 17 juillet 2010  à 18:31

    Ni l’un ni l’autre, simplement un citoyen un peu informé que dans la plupart des cas, l’argent prété aux pays pauvres a déjà été largement remboursé sous différentes formes et qu’il ne reste sur le plan financier que les "intérêts des intérêts" qui ont gonflés en raison d’une conjoncture financière spéculative mondialisée et qui surtout empêche les investissements des locaux.

    Le résultat , ce sont les chinois qui vont investir en Afrique et faire fructifier des richesses réelles locales qui ne profiteront pas à ceux qui en aurait le plus besoin.
    Comme dans certains cas en "France" de prêts immobiliers, des gens honnêtes, mais mals informés se font piéger par des emprunts à remboursements progressifs.

    Les conflits dans ces pays sont effectivement regrettables, mais font parfois bien les affaires des groupes industriels étrangers qui y sont présents.

    Pour en rajouter dans le style gauchiste et utopiste décrié par les assis, on pourrait fortement taxer la vente d’armes et utiliser l’argent comme banque solidaire de micro crédit.:-P

    claudeh

  • Commentaire 41306 marre des conneries
    le 17 juillet 2010  à 18:51

    tout ce baratin est certainement très juste.
    vous n’avez cependant pas répondu à ma question :
    qui va payer l’annulation de la dette ?
    je renouvelle ma réponse :
    le brave pékin de français qui se fait presser le citron à tire-larigot ?
    vous me répondrez :
    qu’il paie un peu plus ou moins,
    il paie déjà tellement, on peut bien ajouter une couche !

  • Commentaire 41307 marre des conneries
    le 17 juillet 2010  à 19:06

    je ne suis pas très fortiche en économie, mais il me semble que, meme s’il faut annuler les interets des interets, cela doit représenter une jolie somme qui doit etre payée.
    le pognon ne tombe pas du ciel, tout seul.
    mais ces braves deshérités peuvent toujours attendre un miracle.
    peut etre tombera-t-il de ma poche ?
    merci, doux jésus, je n’arrive déjà pas à boucler les fins de mois, mais je vais encore payer pour les impécunieux !
    et puis, j’arrete de discuter, vos aneries me gonflent !

  • Commentaire 41308 claudeh
    le 17 juillet 2010  à 19:51

    Selon certaines estimations, pour 1 dollar dû en 1980, les pays en développement ont remboursé 8 dollars mais en doivent encore 4.

    Donc, honnêtement ils ont remboursé, mais avec l’augmentation anormale des taux d’intérêts, ils sont encore endettés et ne pourront jamais rembourser.
    Leurs dépenses de santé par exemple sont dans leurs budgets beaucoup plus faibles que les remboursements de la dette.

    Mais ce n’était pas le sujet de départ et il faut reconnaître que la sévère rigueur Sarkozienne est anormalement subie par les couches moyennes et défavorisées alors que les économies à faire sont plus du ressort de la gestion politique en changeant de systéme économique.

    On aura beau replatrer, les lézardes vont réapparaitre et il faudra payer, non pas pour les pauvres, mais pour les riches:-((
    Sans être un gauchiste, on peut penser qu’une autre répartition des richesses serait plus juste.
    Alors que certains devront travailler jusqu’à 62 ans, d’autres surfent sur les marchés financiers et transportent des valises vers les paradis fiscaux théoriquement démantelés par Sarkozorro.

    claudeh

  • Commentaire 41309 CHARPENTIER
    le 17 juillet 2010  à 22:03

    Il paraît difficile d’attendre autre chose d’un directeur de rédaction d’un journal financier comme Les Echos. C’est l’analyse « trouillomètrique » d’un libéral forcené qui me semble intéressante ; ce qui ne signifie pas que je partage le même goût de l’exploitation, sans limite, de ce milieu mortifère pour la démocratie.
    Quand les "dirigeants" cessent d’être populaires, ils ressortent le vieil épouvantail du populisme.

    Tenez, la dernière dont vous n’entendrez pas parler sur France Intox :

    http://www.nicematin.com/diaporama/...

  • repondre Répondre



  • Commentaire 41325 wil
    le 18 juillet 2010  à 22:15

    Le problème principal est que plus d’argent ne rentre dans les caisses,alors on peut faire les économies que l’on veut...
    Dettes publics = fortune privée !!!

    repondre Répondre



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