Il l’avait promis, le voilà de retour : l’étrangleur des déficits, l’égorgeur de la dépense sociale, Philippe Adnot ! Crise oblige, Phiphi a besoin de trouver 10 millions d’euros pour boucler le budget de son département. Pour y parvenir, le président-sénateur a décidé de tailler non seulement dans le gras, mais aussi le muscle et jusqu’à l’os !
Première victime de cette véritable saignée, l’auditorium de son altesse... Non j’déconne ! Phiphi 1er, têtu comme une mule, estime que cette dépense reste indispensable. Les contribuables claqueront donc 23 millions pour permettre à quelques nantis d’écouter l’orchestre symphonique de Monsieur Phiphi. Pour pousser la plaisanterie encore plus loin, Phiphi a même expliqué que l’auditorium était plus important que les déviations attendues depuis de longues années du côté de Lesmont, de Piney et Villery ! Les habitants de ces communes sauront sans doute mieux que personne apprécier l’intérêt de ces 23 millions quand depuis dès années des camions par centaines viennent gâcher leur existence.
A défaut de revenir sur cet auditorium, Phiphi a donc voulu réduire les indemnités des élus, leur retirer 200 euros (sur les 2 000 qu’ils reçoivent mensuellement) en cas d’absence injustifié. Pas de quoi fouetter un chat. D’autant que la plupart des élus touchent leur pension de retraite ou continuent d’exercer une activité professionnelle. D’ailleurs, dans n’importe quelle profession, les absences donnent lieu à une retenue sur salaire. Pourquoi pas chez nos élus ? Ben non ! Raté ! Les élus ont grondé, la gauche la première, en s’élevant contre une décision jugée ridicule. Résultat, il faudra 3 absences injustifiées dans les réunions plénières ou les commissions permanentes au cours de l’année pour se voir sanctionner de 200 euros. Autrement dit, les élus, exemplaires pour nous expliquer la rigueur, ne feront aucun effort pour eux-mêmes !
Et ma saignée alors ! Et ouais, il s’agit quand même de trouver 10 millions et si l’on ne peut toucher ni à l’auditorium, ni à l’hôtel du département, ni aux indemnités, il reste heureusement un bon morceau de gras à tailler. D’abord les subventions aux associations. Elles baisseront de 10%. Phiphi a même décidé de ne plus subventionner les activités de pur loisir. Pour se justifier, il a eu ses mots avec lesquels il pourra prétendre au grand prix de l’humour politique : « Je joue au golf et je ne demande pas que l’on subventionne mon loisir. La même chose s’appliquera aux joueurs de pétanque ». Les joueurs de pétanque, aussi fortunés que les golfeurs comme chacun le sait, apprécieront...
Par bonheur, il reste les transports scolaires. Ils sont pour le moment gratuits. Et pas question de revenir sur cette gratuité. Pirouette, double-salto, les lycéens devront demain payer la carte de transport nécessaire pour voyager gratuitement (sic) ! Sans commentaire.
Les tarifs pour emprunter gratuitement (re-sic) les cars scolaires seront les suivants :
20€ par élève du niveau élémentaire (maternelle et primaire),
50€ par collégien,
30€ par lycéen interne
100€ par lycéen externe ou demi-pensionnaire
Pour des familles pour qui chaque euro compte, cette décision aurait du faire hurler la gauche. Vraisemblablement assommés par la canicule (c’est la seule explication digne que j’ai pu trouver), les élus de l’opposition, ceux qui ont le coeur près du peuple auraient pour l’un (Jean-Marc Massin) aimé doubler ces tarifs ! Et pour l’autre (Marc Bret) dit ne pas être choqué par cette mesure. Les deux ont quand même réclamer quelques critères sociaux sur ces cartes... Chacun appréciera. Mais les lycéens pourront se consoler. A défaut de pouvoir occuper gratuitement un siège en sky dans un bus miteux, ils pourront profiter d’ici quelques années des magnifiques fauteuils de l’auditorium pour un spectacle évidemment... payant !











