Philippe Adnot aime la tranquillité, particulièrement au sein de l’assemblée départementale. Et par dessus tout, il n’aime pas, mais vraiment pas ces enquiquineurs (citoyens ou associations) qui se risquent parfois à remettre en cause la superbe du président-sénateur. Dernière preuve, le 9 juillet dernier, lors de la séance publique du Conseil Général.
A l’occasion du débat sur la baisse des indemnités des conseillers généraux, un spectateur, sans doute soucieux de conserver quelques images pour son album-souvenir, souhaite enregistrer la discussion. Rien de répréhensible, rien de choquant, rien qui vienne troubler le discours de Danièle Boeglin.
Pourtant, 2 minutes après le début de l’enregistrement, Phiphi repère le trublion et l’interpelle : « s’il vous plaît monsieur vous auriez pu demander l’autorisation […] vous ne l’avez pas fait, je vais donc vous demander de ranger votre appareil » et de reprocher à ce spectateur de ne pas respecter les règles de l’assemblée, de manquer de correction et patati et patata... L’attaque est cinglante, et même largement disproportionnée.
Évidemment, l’homme réagit en demandant si cette interdiction figure au règlement intérieur de l’assemblée. Mais Phiphi n’aime pas être pris en défaut. Il réplique donc brutalement en signalant à l’insolent qu’il n’a pas le droit de prendre la parole et qu’il doit ranger son appareil ou sortir.
Abus de pouvoir ou preuve d’un autoritarisme à la petite semaine, Phiphi n’avait aucune légitimité à interdire l’enregistrement vidéo de cette séance publique. En effet, l’article L.3121.11 du code des collectivités territoriales est explicite : « Sans préjudice des pouvoirs que le président du conseil général tient de l’article L. 3121-12, ces séances peuvent être retransmises par les moyens de communication audiovisuelle. » Et la jurisprudence, concernant les séances du conseil municipal, a conduit les juges à considérer comme illégale l’interdiction par le maire de procéder à un tel enregistrement dès lors que les modalités de l’enregistrement ne sont pas de nature à troubler le bon ordre des travaux de l’assemblée communale (CAA de Bordeaux, 24 juin 2003 n° 99BX01857 ; CE, 2 octobre 1992, commune de Donneville ; CE, 25 juillet 1980, M. Sandre). Autant dire, que jeudi dernier, Phiphi a manifestement outrepassé ses prérogatives.
La preuve, en images (l’interruption par Philippe Adnot à 1 minute 40) :











