Dans son édition du 1er juillet dernier, Chapi-Chapo revient sur la polémique autour du Parc Naturel et de son fameux article 49. Pour mémoire, le ministère de l’écologie a modifié cet article en y retirant les mots « incinérateur » et « Centre Technique d’Enfouissement ». Une broutille pour certains, notamment la sous-préfète de Bar-sur-Aube et Christian Branle (Président du Parc). Pour d’autres, cette amputation, si elle est confirmée, rendrait possible l’implantation d’un incinérateur sur le territoire de Parc Naturel. Et une petite visite organisée par Véolia semble confirmer cette dernière hypothèse.
Opération enfumage pour endormir les aubois
Pour Chapi-Chapo, comme pour les deux amoureux du "Tout va bien, je vais bien" [1], il n’y a pas de quoi fouetter un chat ! Dans cet article, le journal bleu évoque ainsi une « tempête dans un verre d’eau », « un fantasme » et explique même que « Chacun s’accorde à dire qu’il n’y a pas d’affaire ». Pour preuve, nous dit notre ami journaliste, Daniel Boeglin [2] considère qu’une telle éventualité est exclue d’office. Mieux encore, Jean-Pierre Lamalle, directeur opérationnel d’agence chez Véolia, explique qu’il « n’y aura aucune extension géographique, ni aucun autre projet de centre dans l’Aube ». Aucune extension, aucun projet de Centre, mais quid d’un incinérateur (qui n’est pas un centre d’enfouissement) ? Le responsable de Véolia se garde bien de donner une réponse sur cette éventualité précise.
Alors pourquoi, s’il n’y a pas d’affaire, si aucun projet n’est à l’ordre du jour, pourquoi avoir amputé l’article 49 ? Personne ne sait. Tout le monde fait semblant d’ignorer l’évidence. Mais les hasards, dans ce domaine sensible où peuvent se brasser des millions d’euros, n’existent pas.
Départ en bus, affrété par Véolia depuis Montreuil-sur-Barse, direction l’incinérateur de Chalons en Champagne
D’autant (et vous allez rire) qu’on sait que d’ici le 20 juillet, des élus aubois triés sur le volet, dont plusieurs sont situés dans le périmètre du Parc, iront visiter l’incinérateur de Chalons en Champagne ; un incinérateur géré, devinez par qui ? Par Véolia !! Cerise sur le gâteau, ou plutôt dioxine sur la cheminée, le départ sur fera en bus, affrété par la multinationale, depuis Montreuil/Barse, en face de l’église ! Vous avez dit fantasme ?
Autre élément à prendre en compte : celui concernant la durée de construction d’un incinérateur. Entre les études nécessaires, l’enquête d’utilité publique et la construction elle-même, il faut plusieurs années (au moins 4 ou 5) pour construire une telle usine. Or, le CET [3] de Montreuil devra fermer ses portes, au plus tard en 2021 (il a déjà obtenu une prolongation d’exploitation de 4 ans). Il faut donc préparer les esprits à la fermeture du Centre d’Enfouissement de Montreuil et envisager, dès aujourd’hui, de nouvelles installations.
Soyons lucides : A ce niveau les hasards et les coïncidences ne sont là que pour berner quelques naïfs. Et les déclarations lénifiantes de quelques responsables cités plus haut ne convaincront que les gogos. Véolia, dont chacun s’accorde à reconnaître l’influence auprès des élus envisage sans nul doute de construire un incinérateur. Grâce à cet opportun coup de gomme sur l’article 49, que personne ne peut croire fortuit, la multinationale dirigé par Henry Proglio peut sereinement envisager son avenir dans notre département. Pour le Parc, cette perspective funeste sonnerait le glas de tous les efforts faits depuis dès années.











