Europe-Ecologie revient dans ce communiqué daté du 1er juillet dernier, sur la modification de l’Article 49 de la Charte du PNRFO
Le gouvernement a fait un étrange cadeau au Parc Naturel de la Forêt d’Orient. A l’occasion du renouvellement du label du parc, le ministère de l’écologie a purement et simplement amputé un article (l’article 49) d’une partie importante de son contenu. Un coup de force du ministère qui pourrait annoncer l’arrivée d’un incinérateur en plein cœur du Parc.
Dans sa version originale, signée par tous les acteurs du parc (Région, département, communes...), cet article stipulait : « L’État et les signataires s’engagent à ne pas implanter sur le territoire du Parc de nouveaux centres d’enfouissement technique, ni aucun incinérateur, ni centre de stockage de déchets nucléaires ».
La nouvelle version, modifiée par l’État a donc été sérieusement raccourcie pour devenir : « L’Etat et les signataires de la charte s’engagent à ne pas implanter de centre de stockage de déchets nucléaires. »
Les mentions interdisant l’implantation de CET et d’incinérateurs ont été supprimées en toute conscience. C’est sans doute là une première dans l’histoire des Parcs Naturels. Si parfois l’Etat invite les signataires à revoir leur copie, jamais il ne décide d’une manière autoritaire de telles modifications. Il n’en a d’ailleurs pas le pouvoir. Europe Ecologie tient officiellement à dénoncer ce qu’il faut considérer comme un abus de pouvoir de la part du Gouvernement en contradiction avec tous les engagements du Grenelle de l’environnement.
Derrière ce coup de force du gouvernement contre le PNRFO, Europe Ecologie craint notamment l’implantation dans les années à venir d’un incinérateur sur le périmètre du Parc. Cette crainte est d’autant plus forte que Véolia possède déjà un CET à Montreuil/Barse et vient d’obtenir, malgré l’opposition du Président du Parc et des Amis du Parc, l’accord préfectoral pour y accueillir de nouveaux déchets, bien plus dangereux que les simples ordures ménagères (terres hydrocarburées, DIB issus d’installations nucléaires...). Le lobbying de cette multinationale aura vraisemblablement pesé fort dans la décision du gouvernement. Dans le même état d’esprit, l’altération de la Charte de Parc introduite par le Ministère de la Défense apparaît elle aussi comme un pur scandale.
Face à ces actes autoritaires et sans doute illégaux, Europe Ecologie Champagne Ardenne demande au gouvernement de revenir sur sa décision et de valider la charte et l’article 49 dans leur version originale, tels qu’adoptés par tous les acteurs territoriaux concernés, afin de permettre au PNRFO d’être réellement protégé de telles installations.
Dans l’hypothèse où cette demande n’aboutirait pas, Europe Ecologie Champagne Ardenne s’engagera aux côtés de tous les acteurs concernés pour obtenir le rétablissement de l’article 49 de la Charte.
Contact : Pascal Houplon, chargé de campagne déchets nucléaires, tel : 03.25.73.66.83












