C’est la surprise de Véolia, le cadeau de fin d’année offert par le gouvernement aux dirigeants de la multinationale : un incinérateur tout beau au coeur du parc naturel d’ici quelques années...
On s’était réjoui très vite (trop vite) du label obtenu par le PNRFO. A peine quelques jours plus tard, la rumeur laissait entendre que le gouvernement avait unilatéralement modifié l’article 49. Dans sa version originale, signées par tous les acteurs du parc (Région, département, communes...), cet article stipulait : « l’État et les signataires s’engagent à ne pas implanter sur le territoire du Parc de nouveaux centres d’enfouissement technique, ni aucun incinérateur, ni centre de stockage de déchets nucléaires ».
La nouvelle version, modifiée par L’État a donc été sérieusement raccourcie pour devenir : « L’Etat et les signataires de la charte s’engagent à ne pas implanter de centre de stockage de déchets nucléaires. »
Exit les mentions interdisant l’implantation de CET et d’incinérateurs. Cette modification marque sans doute une première dans l’histoire des Parcs Naturels. Si parfois l’Etat invite les signataires à revoir leur copie, jamais il ne décide d’une manière autoritaire de telles modifications. Et il y a fort à parier que cette décision sera annulée par la justice si celle-ci est demain saisie de l’affaire.
Évidemment, derrière ce coup de force se cache la présence de Véolia. La multinationale des métiers de l’environnement contrôle déjà le CET de Montreuil/Barse. Elle vient d’obtenir, contre l’avis du Parc, une prolongation de son exploitation et l’accord préfectoral pour y accueuillir de nouveaux déchets, bien plus dangereux que les simples ordures ménagères (terres hydrocarburées, DIB issus d’installations nucléaires...).
Aujourd’hui, la décision prise par le gouvernement de supprimer la mention interdisant l’implantation d’un incinérateur ne doit rien au hasard. Elle annonce, au surement que l’éclair annonce le tonnerre, l’arrivée prochaine d’un incinérateur en plein coeur du PNRFO. Le travail de lobbying de Véolia auprès des élus locaux qui semble se poursuivre ces derniers mois peut même faire craindre à l’imminence de ce projet.
Reste à savoir si les instances tutélaires du parc, la région et le département, resteront inertes ou, au contraire, si elles sauront prendre les mesures nécessaires pour rétablir l’article 49 dans sa version originale.










