Les limogeages d’entraîneurs font partie intégrante de la vie (ou de la survie) d’un club de football et les exemples se renouvellent chaque année plus ou moins tôt dans la saison. Ils interviennent en général pour sanctionner des mauvais résultats et relancer sportivement l’équipe. Plus rarement, ils se produisent lorsque la mission a été menée à bien par l’entraîneur. C’est pourtant ce qui vient d’arriver à Patrick REMY la semaine passée.
Les exemples sont rares mais existent. Rappelez-vous ce qui était arrivé en 2008 à Alain PERRIN remercié par l’Olympique Lyonnais après avoir réussi, qui plus est pour la première fois dans l’histoire du club, le doublé Championnat - Coupe de France !
C’est plutôt les conséquences financières qui nous interpellent au moment où la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG) a rappelé à l’ordre l’ ESTAC en prononçant à son encontre l’encadrement de la masse salariale. A bien y regarder, le club troyen s’est fait une spécialité depuis la fin de l’exercice 2007-2008 de payer 2 salaires pour le poste d’entraîneur en rompant prématurément les contrats à durée déterminée : au salaire du nouvel entraîneur s’ajoutent les indemnités de licenciement à verser au précédent.
Les successeurs à l’époque de Jean Marc FURLAN (son contrat venu à échéance en 2007 n’avait pas été renouvelé après la descente en Ligue 2) ont tous été licenciés avant terme dès la fin première année (les contrats à durée déterminée sont établis sur une durée minimum de 2 ans) et pour les 2 suivants après une deuxième partie de saison ratée voir même complètement ratée.
La belle moustache de Denis TROCH n’a pas pesé lourd face aux piteux résultats des matches retour (avec 11 confrontations sans la moindre victoire lors de saison 2007-2008) qui ont privé le club d’une remontée immédiate en Ligue 1 pourtant à sa portée. Exit l’ancien adjoint d’Artur JORGE qu’il a fallu indemniser pour une année de salaire.
Ludovic BATTELLI a connu la même destinée (avec même une interruption plus brutale à 5 journées de la fin de son premier exercice) pour une 2ème partie de saison (2008-2009) encore plus catastrophique qui a débouché sur un déclassement du club en National. Et, toujours dans ce cas, une indemnisation à verser sur l’année de contrat restante.
C’est au tour maintenant de Patrick REMY de connaître le même sort peu enviable auquel il ne s’attendait sûrement pas de son lieu de villégiature dans le sud de la France ; à savoir qu’il n’est plus utile pour lui de se présenter à la reprise de l’entraînement ce lundi. Pas une question cette fois de mauvais résultats mais de manque de motivation ou d’ambition. C’est du moins l’argument officiel (Cf Chapi-Chapo dans l’édition du 23 juin). L’annonce de cette éviction en a surpris plus d’un. Le motif invoqué à savoir l’usure du métier n’a pas dû faire plaisir à l’intéressé… Bref, il fallait bien trouver pour le Président et son entourage direct, une justification au fait qu’on ne voulait plus de lui. On y aurait davantage cru si on nous avait expliqué qu’il n’avait pas suffisamment influé sur le groupe lors des matches retour (période poussive qui aurait pu encore jouer un mauvais tour cette année).
Nous allons donc retrouver Jean Marc FURLAN qui figurait déjà, comme par hasard, parmi les premiers choix de Daniel MASONI lorsqu’il est arrivé à la tête du club l’an dernier. On espère surtout que l’entraîneur a progressé dans la gestion des troupes pendant les inévitables périodes moins favorables.
On s’inquiètera également de la parcellisation des tâches au sein du staff technique avec l’élargissement des fonctions de Mohamed BRADJA et Sladjan DJUKIC car elle risque de déboucher sur une dilution des responsabilités. Mais ce serait un autre sujet de réflexion.









