Ah on l’aura exploité jusqu’au bout le filon. On ne sait plus quoi inventer pour paraître plus écolo que son voisin. A Troyes on a décidé d’être à la pointe. D’une idée plutôt noble, celle de réduire le volume de produits phytosanitaires utilisés pour l’entretien des espaces verts, on aboutit à communiquer sur des soi disant innovations qui frisent le ridicule !
La dernière communication de la ville de Troyes via son adjoint au développement durable Marc Bret nous explique des tas de choses intéressantes. La ville ne veut plus utiliser de produits phytosanitaires, entendez du désherbant. Elle en consommait 200 litres en 2006 20 en 2009 et voudrait se rapprocher de l’objectif « zéro » en 2010. Bon pourquoi pas sur le principe je me dis que c’est certainement bien. Alors commence le verbiage : « pour se donner les moyens de cette ambition, la ville souhaite impliquer les troyens dans la pratique raisonnée des espaces verts. Il s’agit de traiter, de manière adaptée et respectueuse de la biodiversité, chaque site naturel et ses spécificités. ». Moi cela m’enchante de lire de pareilles choses, alors je me dis que la suite va être alléchante, on va m’expliquer comment dans mon petit jardin je vais pourvoir me débarrasser écologiquement des ces herbes folles qui envahissent mes grèves et mes plates bandes. On va ensuite pouvoir aussi m’expliquer le bien fondé de la gestion raisonnée des espaces verts, qui a conduit ma fille de 7 ans à tomber samedi dernier la tête la première dans un bouquet d’orties de près d’un mètre cinquante de haut situé à moins de 30 cm d’un banc dans le parc Henri…. La petite n’a pas particulièrement apprécié la chose, j’ai failli lui répondre que cela permettait aux papillons aux insectes utiles aux jardiniers (je n’invente rien c’est écrit sur les pancartes annonçant les prairies naturelles) de s’ébattre en toute quiétude, lui parler de la bio diversité et pis tout ça. Mais bon sur le coup je ne suis pas certain qu’elle aurait été très réceptive. Ah ça il est en gestion raisonnée le parc Henri, c’est tellement raisonné, qu’il n’est plus raisonnable justement de tenter de s’asseoir sur un banc. Mais bon ce n’est pas le sujet.
Donc le développement durable est devenu le credo de cette municipalité. Dans cet esprit on nous a présenté hier une technique de désherbage 100 % écologique. « Elle consiste à créer un choc thermique pour faire éclater les cellules végétales des plantes et interrompre leur poussée. Les plantes ne sont pas brûlées, mais elles se dessèchent progressivement ». Alors moi je les ai vu en action les désherbeurs écolos, ils étaient hier (jeudi) près de la gare. Le premier est assis sur une sorte de mobylette électrique. Le second est debout et relié par un fil à la mobylette et tient une espèce d’aspirateur au bout duquel se trouve un entonnoir. Il pose l’entonnoir sur la mauvaise herbe, y a un peu de flammes lorsqu’il le retire et hop c’est fait ! Formidable non ? Je me demande déjà où est l’économie car avant il ne fallait qu’une personne là il en faut deux. On passe en outre par un sous traitant, lequel ne doit pas facturer la prestation pour le franc symbolique… Mais si on pousse encore un peu la réflexion on peut se demander quel est le coût carbone de cette solution soit disant écolo… Le gaz est-il moins nocif pour l’environnement que le désherbant ? Pis si on veut vraiment faire dans l’écolo, l’huile de coude n’est-elle pas la meilleure solution ? Vous savez vous prenez des gants, une petite raclette et hop vous désherbez à la main. Il y a des millions de gens qui le font sans pour autant communiquer par voie de presse. Pour désherber un trottoir en cette saison (c’est ce que faisaient les deux employés jeudi) ça va aussi puis le climat sec aidant ça ne repousse plus jusqu’à l’automne. Alors combien coûte encore cette cucuterie lorsque le bon sens aurait voulu qu’on arracha tout simplement les mauvaises herbes comme on le fait depuis des siècles.











