Très respectable majesté,
Ah mon Prince, vous voilà rassuré...
La votation pour le renouvellement du Bailly de Troyes-Gué Notre Dame a vu l’élection d’un jacobin, échevin de Creney. Celui-là devrait rentrer dans le moule des bienveillants gentilshommes de vos Etats Généraux. Balayé l’échevin du Gué Notre Dame, responsable de la Plaine Démocrate locale !
Déjà que le Bailly du finage de Danton, un de la plaine démocrate aussi, s’était incrusté dans votre auguste assemblée, il n’aurait plus manqué qu’un deuxième vint le rejoindre. Celui là semble calmé pour un temps.
Pauvre Beaudrap, échevin du Gué Notre Dame, il n’avait pourtant pas démérité, usant pour son village, de politiques proches des souhaits des défenseurs de dame nature. Ceux-ci non contents de partir en meute lors du premier tour de la votation, n’ont pas levé le petit doigt pour l’aider au second. Le voilà bien récompensé d’un travail qui semblait pourtant lui tenir à cœur. Pas même un geste des montagnards, il est vrai inexistants dans le canton. Pire ceux de la Terreur avaient appelé à ne pas voter... Le sieur Beaudrap du Gué Notre Dame en est donc pour ses frais. Vous l’avez renvoyé à ses chères études pour tenter de re-convaincre les propres électeurs de sa commune qui ne l’on même pas placé devant votre poulain. Quelle rouste !! On ne s’aventure pas sur les terres de Philippe 1er de Rhèges sans être adoubé, quelle leçon ! C’est un art dans lequel vous êtes passé maître mon Prince.
Avec tout cela vous en avez des soucis pour mener grand train à la conduite de notre département. Le dernier numéro de votre courrier « l’Aurore Naissante » nous a bien expliqué combien il était difficile pour vous de pouvoir à nos incessants besoins, tout en suppléant un Etat dispendieux qui ne tient promesse. Et cet Etat vous oblige à prendre des mesures drastiques pour économiser chaque année près de 10 millions de nos écus, comme vous nous l’expliquâtes si doctement mardi dans les lignes du Courrier de l’Est. Mais vous avez pris le taureau par les cornes, point de fioritures de discussions ou de palabres, c’est fait, acté. En bon père de famille, vous assurerez notre avenir en ne point dépensant plus que raison l’impose. Oh comme c’est beau, vous voilà même décidé à réduire vos propres frais de bouche, une diminution de près de 30% des petits fours !! Comme c’est bon à vous de donner l’exemple et de payer de votre propre personne. Tout cela en sauvant votre salle de menuets et en continuant à irriguer nos contrées de plus de 60 millions d’écus chaque année. C’est magistral !
Mais vous n’êtes pas le seul mon prince. Souffrez d’apprendre que François, vicomte de Romilly et Nogent, marquis de Troyes, Duc de la CAT et surintendant des finances rencontre pareils désagréments. Eh oui les caisses de la commune de notre échevin sont parait-il vides. Se refusant, vous connaissez sa sollicitude envers les manants que nous sommes, à augmenter quelconque dîme, taille ou octroi, il faut trouver d’autres solutions. Les laquais de la maison communale ont donc été conviés à plancher sur une planification d’économies potentielles pour redorer la bourse tricasse. Ah ils ont bien fait leur travail, je vous l’assure. Ils s’étaient même fait aider par un cabinet de roturier du nom d’ « Ernest et Jeunes » très réputé dans le monde de la finance. Des économies ils en avaient trouvé. Même Alain Carsenti Tinville, l’autoproclamé Accusateur Public en serait resté coi. Oui mais voilà mon prince, vous connaissez les laquais, leur dévotion n’a l’heur qu’on leur fasse miroiter quelque faveur ou avantage.
Pourtant François, vicomte de Romilly et Nogent, marquis de Troyes, Duc de la CAT et surintendant des finances avait bien verrouillé avec son recteur général que l’audit, (puisque cela s’appelle ainsi de nos jours), reste interne aux laquais sans qu’un quelconque élu puisse amender le travail. C’eut été sous estimer l’influence de Marc Maurice De Sebeyran Culturor, Premier Vice Echevin de Troyes. Il en a traversé des régimes, une fois dedans l’autre fois dehors, puis de nouveau avec, il a su résister à toutes les tempêtes, souvent outsider, rarement gagnant mais toujours placé. Il a ses réseaux et quelques séides en mal de reconnaissance l’on de ce plan machiavélique informé. Il a réagit immédiatement modifiant ici, ajoutant là, justifiant ailleurs, bref son empire culturel à été épargné. Ah que ne sommes nous mal servis de nos jours. Le personnel de maison n’est plus ce qu’il était, il a fallu que d’aucun profitent de l’intervention de Marc Maurice De Sebeyran Culturor pour en informer leur propre mentor. C’est alors que sautant de la diligence en provenance du palais bourbon, arriva hors d’haleine le Chambellan Gerard de Jasseines notre Deputé par procuration. Lui aussi eut vite fait de remettre de l’ordre. Ensuite l’affaire ayant fait grand bruit dans les ors de la maison communale, chacun voulu y mettre son grain. Il n’y a guère que l’oiselleur François de Mandelli, le bouffon bien connu de l’Auberge de la Rue Poincaré, qui ne vint pas y compter arbitrage.
Pour autant le bel audit, confis de bonnes intentions au départ, était après tous ces palabres devenu bien insipide. Les services des laquais en étaient tout découragés. Pourtant François, vicomte de Romilly et Nogent, marquis de Troyes, Duc de la CAT et surintendant des finances avait décidé grand messe rassemblant les laquais et les élus pour prendre décisions d’avenir. Un temps prévue au palais de Bercy, il paru plus raisonnable de mener moindre train en notre cher hôtel troyen du petit Louvre. La réunion commence et l’énoncé des mesures était si ridicule, que même Ernest et Jeune avait menacé de ne point y poser son sceau. La conclusion du recteur général accoucha qu’il manquait deux millions pour boucler le budget annuel. Las de voir l’incompétence de ses gens François, vicomte de Romilly et Nogent, marquis de Troyes, Duc de la CAT et surintendant des finances s’écria. « Deux millions qu’est ce que c’est, moi à Bercy je cherche 100 milliards ». La messe était dite, point de vrai arbitrage, on décida de repartir comme en 14 et on laissa le Recteur Général avec son problème. Le Vicomte s’en retourna en la capitale traiter tâches bien plus importantes.
Ah que n’avons-nous un homme de votre trempe à la tête de notre cité. Vous eussiez su mener à bien pareille entreprise. Voilà mon prince gardez le cap, le bateau aubois résistera à toutes les tempêtes sous votre amirauté. C’est déjà cela
Votre Majesté. J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, le très humble et dévoué serviteur.











