Très respectable et sérénissime majesté,
Ah Majesté, voilà bien longtemps que Cassandre ne s’est plus adressé à vous. A croire que les petits fours et les vins d’honneur lui grillent les neurones... Je reprends le flambeau et la plume des" Nouvelles des Palais " pour vous divertir et vous amuser... C’est que, conscient de vos grandes responsabilités et de la tâche harassante qui vous incombe au quotidien, je ne voulais pas vous déranger. En lisant la presse j’ai pu constater avec bonheur que votre projet de palais ducal semblait avancer à grands pas. Est-ce un changement de stratégie de mon bon Philippe 1er de Rhèges qui vit au fil de ces derniers mois vos plus fiers opposants rentrer dans le rang et baisser les armes ? Même ces Montagnards de l’ARPEHD ont été obligés de reconnaître votre grande habileté et convenir que votre récente proposition répondait entièrement à leurs dernières lettres de créance.
Souffrez encore ma profonde admiration de votre réussite ! Vous avez aussi dans votre grandeur convertit ce rétrograde bourgeois de la Plaine, ci devant Philippe Beury, qui en vint récemment à glorifier votre salle de menuets. Parce que les Montagnard eux, sans cesse perclus d’esprit revanchard, s’évertuaient à faire passer votre efficiente vision de l’avenir en simple plaisir du Roy. Croiriez vous qu’ils s’acharnèrent à faire croire qu’il n’était point besoin en notre fière ville de Troyes d’un refuge permettant de célébrer les grands messes corporatives de notre beau pays ? Oui mon prince, même le sieur Beury l’a reconnu : l’ensemble de notre laborieuse nation brûle d’impatience de venir dans notre ville festoyer en l’honneur du travail. Oh comme ils vont être bien en cet espace majestueux ! Comment ont-ils pu survivre sans ce lieu, qui d’aucun en conviendront trop tard sans doute, deviendra mythique dans un avenir proche ! Vous avez pensé à tout mon Prince, rassemblé les hôteliers, uni les aubergistes qui verront séant une foule de journaliers, manufacturiers, artisans que sais-je hommes de médecine ou même de loi envahir les rues de notre ville pour se restaurer après une journée de labeur. Dussiez-vous les divertir, que votre havre de culture sera à même de leur proposer fugues, sonates, requiems et symphonies dans le respect total du grand art musical. Pire, non content grâce à vos généreux subsides décennaux d’être parvenu à sublimer notre clique locale, ce joyaux permettra à notre désormais orphéon aubois de s’y produire dans des conditions inconnues jusqu’alors ! Et que dire de votre infime bonté, d’apprendre de votre bouche que même nous les manants de la cité, serions invités à écouter musique dans cet antre du bonheur. Merci mon Prince, merci de tant d’amour pour ces tricasses qui ne savent vous le rendre.
Mais je vais encore une fois me voir dans l’obligation d’abuser de votre clémence. C’est que François, notre éminent bourgmestre vient d’être appelé à servir notre nation et s’est vu confier la lourde tâche de gérer les finances de notre cigalier pays ! Oh ce fut un crève cœur pour lui que de nous abandonner. Mais vous le savez bien vous, lorsque de devoir appelle, il n’est l’heur d’y renoncer. Il s’est donc mis à la tâche derechef, faisant devoir de n’être qu’exemple vivant de la rigueur qu’il se voit contraint d’imposer à ses sujets ; se contentant pour ses rares heures de repos d’un modeste meublé sur les quais de Bercy, allant même jusqu’à demander à sa roturière de compagne de solder ses avoirs aux nouvelles Indes ! Quel exemple mon Prince ! Mais voilà, on n’est jamais aussi bien servit que par soi même ! Le maître absent les apprentis veulent la place. Et bien sur, ils n’ont pas le savoir faire et le recul, mais ils veulent surpasser le prince. La mode est à l’économie, même au sein de notre cité. Ils en sont à vouloir brader les joyaux que leurs prédécesseurs ont mis à disposition du petit peuple. Pensez dont après le domaine de Servigny où des générations de nos têtes blondes pouvaient s’oxygéner loin de nos insalubres ruelles, après la tentative de bradage de la gentilhommière de Menois à un simple commerçant sans noblesse, miraculeusement stoppée par la mobilisation de quelques hobereaux du tiers état, voilà qu’ils veulent se séparer de nos quartiers d’hiver de Lamoura. Fini donc les pentes neigeuses pour ces plainards de champenois. Voyez vous l’obole de la cité serait trop conséquente au regard de ses faibles ressources. Aucun intérêt électoral non plus puisqu’il semblerait que les habitués des lieux vieillissent. Seule 19500 nuitées passées l’année dernière. Pourtant ils ont essayé mon Prince, sous la houlette du chevalier Marasse une commission de sages siège depuis près de deux ans pour tenter d’éviter l’échéance !!! Ah ils ont travaillé dur, si vous saviez. Pourtant ils ont bien du se rendre à l’évidence la maintenance des lieux n’est plus l’affaire d’un bourgmestre. La mort dans l’âme ils veulent confier les lieux à des « professionnels du tourisme » comme ils disent. Pensez ils étaient tellement désolés à la perspective de ne plus pouvoir offrir aux manants des séjours à prix symbolique qu’ils en ont oublié d’entretenir les lieux depuis 10 ans. Ah triste ambition de la jeunesse, on oublie l’essentiel, il faudrait rendez vous compte près de 30 Millions de nos écus pour réhabiliter les lieux.
Mais vous mon bon prince, vous le chantre du développement manufacturier, vous le créateur de l’enchanteur pôle et de sa prestigieuse université. Vous qui avez su sauver de la banqueroute en rachetant son patrimoine il y a quelques années, notre glorieuse équipe de soule, nous pouvez vous pas venir au secours de ces jeunes perdreaux en dérive ? Les hobereaux du tiers Etat crièrent « sauvez Menois » ne pourriez vous sauvez notre Lamoura. Je ne vois que vous comme sauveur mon bon prince, aidez nous !
Voilà c’est fini pour aujourd’hui, Votre Majesté. J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, le très humble et dévoué serviteur.









