En matière d’écologie, le maire de Pont-Sainte-Marie n’a manifestement pas à rougir de son action politique. Bien au contraire, face à une gauche souvent timorée sur ces questions, Pascal Landréat en présentant le 15 avril dernier les trois projets pour le futur éco-quartier du Moulinet, a montré qu’il gardait quelques longueurs d’avance sur ces petits camarades de l’agglomération.
Rappelons pour mémoire qu’il y a quelques années, avant la mise en place de la collecte hippomobile, la ville de Pont-Sainte-Marie avait mis les deux pieds dans le développement durable. Au coeur de cette ambition, le projet de bâtir de toute pièce un éco-quartier sur l’ancien camp militaire du Moulinet. Après une longue période d’étude, de concertation, de discussion, ce projet prend aujourd’hui forme. Au total, 2 000 à 2 500 habitants devraient venir s’installer dans les années à venir sur ce site entièrement conçu pour figurer la ville de demain : respectueuse de son environnement, de l’équilibre social, du développement économique mais aussi d’une gouvernance démocratique. A tel point que le projet maripontain devrait devenir un éco-quartier de référence pour les futurs projets français.
Le marché de définition : un modèle de concertation
Il faut d’abord saluer la méthode employée par le maire de Pont-Sainte-Marie. Contrairement au projet d’extension du Conseil Général, jamais soumis à l’avis des citoyens, défini sur le coin d’une table par quelques élus, Pascal Landréat a choisi ici de lancer un « marché de définition ». Derrière ce barbarisme technocratique, cette méthode permet, contrairement à un concours classique, de présenter et de soumettre à la population différents projets. C’est justement ce qui a été fait le 15 avril. Trois cabinets d’urbanistes ont présenté trois scénario d’aménagement pour le futur éco-quartier. Pour tous, le cahier des charges était le même. Pourtant, les 3 projets proposent 3 manières radicalement différentes d’envisager ce quartier. C’est dire si malgré de sévères contraintes, les urbanistes peuvent faire preuve d’imagination : une leçon à méditer pour les futurs aménagements de l’agglomération (je pense à la bourse du travail, au quartier de la planche-clément et à bien d’autres encore). Sans populisme, sans démagogie, l’exercice démocratique a donc parfaitement été réalisé par le maire de Pont-Sainte-Marie.
Le contenu des trois projets est dans la même veine. Chacun offre à sa manière une lecture extrêmement pertinente de ce que doit être un éco-quartier dans l’équilibre des 3 piliers du développement durable : environnement, social et économie. Chacun limite l’usage de la voiture, sans l’interdire totalement. Chacun met l’accent sur les transports doux, les économies d’énergie (les bâtiments seront BBC ou passifs). Chacun propose une mixité sociale (logements sociaux, locatifs privés, accession à la propriété...), et générationnelle (résidence sénior, résidence étudiante...). Chacun inscrit également la mixité fonctionnelle au coeur de ces projets (habitat, services, commerces...). Bref, pour le conseil municipal, qui en dernier ressort devra trancher, le choix à faire sera difficile !
Mais alors, ces trois projets sont-ils des clones ? Loin de là. C’est toute la force des travaux proposés que d’offrir trois lectures différentes, trois manières d’envisager des préoccupations communes. C’est aussi la preuve que l’écologie, loin d’être l’idéologie monolithique qu’on croit parfois, offre une grande diversité dans ses approches.
Le premier projet
Le premier projet a des allures de petit village, avec sa place verdoyante (sur l’ancienne place d’arme du camp militaire). Autour, des bâtiments construits selon les principes bioclimatiques permettent d’optimiser les apports solaires et de limiter les déperditions de chaleur. Ce projet offre également une complète diversité dans les constructions : maisons individuelles et petit collectifs.
Il limite sans l’interdire la voiture et propose des parcs de stationnement sous différentes formes sur les marges de l’écoquartier ou en sous-sol des petits collectifs. Enfin, ce premier projet comprend également la présence de jardins partagés ou familiaux.
Le deuxième projet
Le deuxième projet offre une plus grande homogénéité dans l’habitat. S’inspirant des maisons de ville qui composent l’essentiel du tissu urbain de Pont-Sainte-Marie, ce scénario propose essentiellement un habitat individuel, composé de logements mitoyens d’un ou deux étages au milieu de quelques collectifs plus rares. Il laisse également une plus grande place à la voiture en autorisant le stationnement au pied des logements.
Le troisième projet
Le dernier projet est a comme principale particularité la présence d’un lagunage pour traiter les eaux usées. De ce fait, le bâti y est bien plus dense et oblige à faire disparaître toute trace de la place d’arme.
Au final, la présentation faite par Pascal Landréat et les explications précises des urbanistes témoignent d’une parfaite connaissance de ce qu’est le développement durable dans toutes ses dimensions et ses nuances. Si les trois projets sont tous séduisants à différents titres, c’est sans doute le premier scénario qui paraît le plus « appétissant ». Il est à la fois le plus réaliste dans son approche des transports, le plus complet dans la multitude des types de construction qu’il propose, le plus ambitieux dans l’approche des espaces verts et des jardins.
Mise à jour du 5 mai : Quelques images des projets 1 et 2

















