Comment, en pleine crise, alors que la quasi-totalité des départements serrent les cordons de la bourse, justifier la dépense de 42 millions nécessaire pour construire le projet d’Hôtel du Département ? A moins de trouver du pétrole sous l’ancienne rue perdue, on voit mal comment Phiphi pourra s’en sortir...
Voilà plusieurs années que Philippe Adnot veut construire son Hôtel du Département. Aujourd’hui, Phiphi a chaussé les bottes de 7 lieux et s’approche à grands pas de son but. Il a du, pour cela, faire pas mal de concessions à l’ARPHED : abandonner son premier projet, accepter des matériaux en accord avec les règles du secteur sauvegardé, limiter les hauteurs de son palais, percer le bâtiment de liaison pour retrouver une rue, réduire les consommations d’énergie... Bref, dans l’histoire, Phiphi a ravalé son orgueil et ses prétentions pour pouvoir bâtir son palais.
Pourtant, même si les fouilles archéologiques ont débuté, rien n’est encore fait. Car avec un projet estimé pour le moment à près de 42 millions d’euros, c’est désormais l’aspect budgétaire qui pourrait sonner le glas de ce bâtiment.
Il n’aura échappé à personne que notre pays (et le reste du monde avec lui) traverse une grave crise. Les caisses sont vides. Celles de l’Etat bien évidemment, mais également celle des collectivités locales. A tel point que partout en France les Conseils Généraux réduisent la voilure et mettent au placard un certain nombre de projets jugés trop couteux. C’est le cas des Conseils Généraux de la Loire, du Gard et de l’Ille et Vilaine qui tout les trois abandonnent leur projet d’extension. Dans ces trois cas, il s’agit de s’appliquer la même rigueur que celle qu’on demande aux citoyens. Il s’agit aussi, à la veille d’une importante réforme des collectivités locales, de ne pas engager de dépenses que la nouvelle organisation rendrait inutile. Partout ailleurs, les présidents des conseils généraux haussent le ton et tirent la sonnet d’alarme face à ces difficultés financières. Même notre ami Phiphi, lorsqu’il regarde les perspectives financières, commencent à avoir les “jumelles qui se touchent” ! Il y a quelques semaines,il déclarait à une journaliste de Libération « On est dans une impasse. Comme on ne peut pas augmenter la ressource ni emprunter pour couvrir une dépense de fonctionnement, on diminue considérablement notre autofinancement (différence entre recettes de fonctionnement et dépenses de fonctionnement). Au rythme où vont les choses, on ne pourra bientôt plus faire d’investissements ni même entretenir les routes. ».
Malgré tout cela, les fouilles du palais de Phiphi ont commencé. Sauf si les archéologues mettent la main sur un trésor ou découvrent du pétrole, les 42 millions que coûtera ce projet seront directement pris dans la poche des aubois ! 42 millions qui, comme il est de coutume dans ce genre de construction devraient vite grossir et passer à 50 ou 60 millions d’euros. Bref, alors qu’à Paris, le sénateur Phiphi donne des leçons de bonne gestion, ici, il poursuit comme si de rien n’était, un projet démesuré, dont une moitié au moins (l’auditorium estimé à 23 millions) pourrait raisonnablement être gelé le temps de retrouver un peu de visibilité budgétaire.











