La nouvelle majorité du Conseil Régional de Champagne-Ardenne a procédé à la répartition des postes et des vices-présidences. Et ce nouvel exécutif régional, en privilégiant le Parti Communiste, témoigne de la stratégie politique du PS : maintenir son leadership en étouffant la montée d’Europe-Ecologie.
Sans surprise, Jean-Paul Bachy a donc été élu Président. Et comme notre homme n’a trouvé personne d’aussi compétent que lui-même veut piloter les principaux dossiers économiques, il prendra également en charge le secteur de l’économie et de l’emploi (avec l’assistance d’un conseiller régional délégué : Jean-Marie Meunier).
Pour le reste, douze vice-présidence ont été attribuées. En voici la liste :
Les douze Vice-Présidences
Jacques MEYER (PS, Marne) : 1er Vice-Président délégué à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation
Lorette JOLY (PS, Aube), déléguée aux lycées et à l’apprentissage
Gérard BERTHIOT (PS, Marne), délégué à la vie associative, la jeunesse, les sports et l’éducation populaire
Nathalie DAHM (PS, Marne), déléguée à la vie culturelle et au patrimoine
Pierre MATHIEU (PC, Aube), délégué aux infrastructures, aux transports et à la mobilité durable
Claudine LEDOUX (PS, Ardennes), déléguée aux relations internationales, aux questions européennes et aux coopérations transfrontalières
Yves FOURNIER (PS, Aube), délégué à l’aménagement du territoire
Patricia ANDRIOT (EE, Haute Marne), déléguée à l’économie sociale et solidaire
Roland DAVERDON (PS, Haute Marne), délégué à l’agriculture, à la forêt et au tourisme
Michèle LEFLON (PC, Ardennes), déléguée à la formation professionnelle et à l’orientation
Raymond JOANNESSE (EE, Marne), délégué au développement durable
Joëlle BARAT (PS, Ardennes), déléguée à la santé et au handicap
Karine Jarry (PC) conserve la délégation : lutte pour l’égalité femmes / hommes.
Les communistes, chouchous du PS ?
Dans ce petit jeu des répartitions des postes, le PS se taille évidemment la part du lion avec 8 vices-présidences sur les 12.
Le PC s’en sort particulièrement bien et peu se féliciter d’avoir choisi de partir derrière le grand frère socialiste. Il réalise une très belle opération puisqu’il conserve ses 6 élus alors que, partout en France, il décline sensiblement. Sans nul doute, l’autonomie au premier tour, telle qu’elle a été faite dans d’autres régions, lui aurait coûter très cher... Grâce à cette stratégie, qui, il faut bien le reconnaitre, fait peu de cas de la réelle représentativité du Parti Communiste (qui peut en effet croire qu’il pourrait dépasser les 10% ?), il détient encore plus d’élus que les écologistes et autant que le Front National. Le parti communiste conserve également deux vices-présidences d’importance : Transports et infrastructures et Formation professionnelle. La fidélité des communistes, alliés aux socialistes dès le premier tour, est donc particulièrement bien récompensée.
Europe-Ecologie punie !
Europe-Ecologie peut faire grise mine. D’abord parce que le chef de file de ce rassemblement, Eric Loiselet, a du, sous la pression des socialistes quelque peu rancuniers [1], renoncer à occuper une vice-présidence.
Certes, les écologistes obtiennent 5 élus et 2 vices-présidences, mais ces dernières, au contraire des vices-présidences détenues par les communistes, ressemblent à des coquilles vides.
L’économie sociale et solidaire attribuée à Patricia Andriot reste pour le moment un objet aux contours flous. Quels seront les champs précis d’intervention de la nouvelle vice-présidence ? Quel sera son budget ? Ne sera-t-elle pas, de facto, placée sous la coupe de Jean-Paul Bachy ?
Plus ennuyeux encore, le secteur du développement durable attribué à Raymond Joannesse ne comporte ni l’aménagement du territoire (entre les mains de Yves Fournier), ni les transports-mobilité durable (Pierre Mathieu), ni l’agriculture, ni la forêt (Roland Daverdon). Autrement dit, le responsable régional des Verts, pourtant homme de dossiers, devra se contenter d’une vice-présidence sans grandes possibilités d’agir.
Pour préserver leur hégémonie, le PS joue la carte communiste contre les écologistes.
Politiquement, cette répartition témoigne de l’orientation du parti socialiste champardennais. De toute évidence hégémonique, le PS préfère soutenir un Parti Communiste en déclin (donc électoralement moins menaçant) et laisser à l’écart des principales responsabilités des écologistes qui ont le vent en poupe et capable de remettre en cause leur leadership.
Le procédé est habile, pas vraiment respectueux des réalités politiques mais sans doute efficace pour contenir un concurrent sérieux et en capacité de remodeler l’échiquier politique.
[1] Eric Loiselet avait quitté le PS pour rejoindre Europe-Ecologie










