Gégé, alias Gérard Menuel, nous a gâté pendant cette campagne. Non content d’avoir pimenté cette triste élection avec ses one-man-show plus hilarants les uns que les autres, Gégé nous offre aujourd’hui un épilogue abracadabrantesque. D’un coup de poudre de perlimpinpin, il est parvenu à transformer une incroyable raclée en triomphe inespéré.
Tout avait pourtant mal commencé pour Gégé... Lui qui coulait des jours heureux à la mairie de Troyes, comptant avec patience chaque euros économisé, se retrouve, du jour au lendemain, propulsé à la tête de la liste UMP de l’Aube pour les élections régionales. C’est qu’il voulait pas y aller, le Gégé !!! : « ben... euh... j’sais pas... j’ai jamais été candidat.... pis j’ai jamais gagné une élection, einh... euh... moi, quoi... ». Mais voilà, son mentor, François Baroin, Maire de Troyes à ses heures perdues, a une idée... un plan machiavélique pour remettre ses petits petons dans les palais ministériels. Pour Fanfan, pas de discussion, Gégé sera tête de liste ! Un point, c’est tout !
L’Alambic à René
Et v’la not’ Gégé en Campagne : les pieds dans la gadoue, comme au bon vieux temps. Arpentant les coins les plus reculés du département ; traversant les routes enneigées ; bravant les tempêtes, de réunions publiques en réunions publiques... Gégé s’échine à aller à la rencontre de l’électeur. Mais l’électeur préfère rester chez-lui ! D’façon, il n’a rien à vendre Gégé. Pas de programme, pas d’idée, pas de projet. Rien. Et il est là, le plan machiavélique de Baroin : planter la campagne, pour forcer son retour au gouvernement ! Oh bien sur, Gégé raconte quelques histoires aux trois ou quatre autochtones égarés : qu’il veut revendre les Bibis parce qu’ils sont trop pleins et qu’on est « serré... hein... comme des sardines » ; qu’il veut réduire le nombre d’emploi à la région comme il a fait à Troyes parce que « hein... ça suffit quoi ! »... Mais tout cela ne suffit pas à faire une bonne campagne, pas même les histoires de l’Alambic à René avec lesquelles se débat not’ bon vieux Gégé.
Deux boulets aux pieds
Gégé, deux boulets aux pieds (l’un pour Sarkozy, l’autre pour Warsmann) fait donc une campagne aussi joyeuse et entraînante qu’un concert de Fado... Le résultat est dans le ton. Les listes UMP sont balayées dans toute la région. Même dans le bastion aubois, terre de droite qui semblait inébranlable, Gégé s’en prend une... de branlée ! Avec moins de 40%, le bras-droit de François Baroin est à 4 points de la liste de Gauche. Et c’est encore pire à Troyes où Gégé compte près de 8 points de retard sur la Gauche !
Avec une telle déroute, l’avenir politique de Gégé aurait du, en toute logique, s’assombrir un peu. C’est pourtant tout le contraire qui arrive aujourd’hui. Gégé, balayé, écrasé, piétiné par le suffrage universel a réussi à transformer le plomb en or ; autrement dit, une monumentale raclée en un triomphe personnel. Déjà Adjoint à Troyes, il devient non seulement Conseiller Régional, mais aussi, et c’est la surprise du chef, député de la 3e circonscription, à la faveur du retour de Fanfan au gouvernement !!! Décidément, Gégé, c’est vraiment toi le plus fort !
Victime de son succès...
Maire-Adjoint chargé des Finances, Conseiller Communautaire et Président de la commission "Economie" à la CAT, Conseiller Régional et Député, Gégé cumule désormais les mandats comme d’autres enfilent les perles. Or, Gégé déclarait justement pendant la campagne être pour la limitation du cumul à deux mandats : « Moi je suis pour le cumul limité à deux mandats ». Gégé devrait donc logiquement abandonner l’un de ces mandats. Lequel ? Affaire à suivre...











