Sauvons les Riches ! Vous connaissez ? Il s’agit d’un collectif qui, avec humour, dénonce la politique menée par le président de la République. A Troyes, la commission des finances a pris la chose très au sérieux. Elle a donc décidé, cette année, d’aider toutes celles et ceux qui peinent à payer les cours de golf au petit Jean-Eudes, en subventionnant, grassement, très grassement les 48 heures Auto.
L’attribution des subventions par la ville de Troyes est aussi transparente que les comptes d’une banque luxembourgeoise. Mais au moins un critère semble clair : plus vous êtes riches, plus vous êtes de droite, meilleures sont vos chances de toucher le gros lot.
C’est ce que vient de révéler Alain Carsenti, le conseiller municipal de droite, tendance « j’suis fâché contre fanfan », sur son blog à propos des "48h auto de Troyes". Siégeant à la commission des finances, où la poilade est de rigueur, l’ancien colistier de Philippe Beury s’est fâché tout rouge en étudiant la demande de subvention présentée pour l’organisation de ce festival bobo de la vieille guimbarde. Et pour cause : Sur une dépense totale de 181 200 euros, la ville de Troyes envisagerait de verser la bagatelle de 68 000 euros à l’association (soit 38% du budget)...
Une subvention d’un repas de gala à 240 euros par personne
Cette généreuse subvention servira notamment, selon Alain Carsenti, à financer (à due-concurrence de 38%) un repas de gala à 240€ par tête de pipe (hors boisson) ainsi que quelques nuits d’hôtels et le Champagne qui sied à ce genre d’événement !!! Pas de quoi s’étouffer pour les adjoints de François Baroin qui semblent considérer comme nécessaire de filer plusieurs dizaines de milliers d’euros pour aider quelques privilégiés à tartiner le foie gras en regardant passer de belles carrosseries.
Pendant ce temps, d’autres associations, moins propres, moins à droite, doivent se battre pour obtenir les quelques milliers d’euros et boucler des budgets serrés où souvent, un mousseux dégueulasse, payé par les adhérents, remplace le Champagne haut de gamme des « 48h de Troyes ». Un seul exemple, sur lequel nous reviendrons, celui de No-Farniente Festival qui s’est vu refuser une subvention de 9 000 euros, indispensable pour l’organisation d’un festival de Musiques Actuelles.
Alain Carsenti a beau être un chipoteur de première et un sarkozyste convaincu, il n’en a pas moins raison, mille fois raison, lorsqu’il dénonce l’indécence de ce dossier et l’opacité des critères d’attribution des subventions. Si la municipalité veut éviter les accusations de « copinage » ou de « clientélisme », elle doit, très vite, rectifier le tir et éclaircir ces modalités d’attribution.










