Les estimations des résultats de ces régionales font mal, très mal : 55 % d’abstention en Champagne-Ardenne ; 53 % dans l’Aube ! L’abstention a gagné largement les élections. Majorité absolue !!!
La faute à qui ?
La faute au beau temps, les électeurs préférant sortir se promener ou partir en week-end ? Pas même ! La faute à pas de chance ? La faute à notre Président de la République ? La faute à TOUS nos politiques de tous les bords, à tous ceux qui n’ont pas su rassembler et à intéresser les électeurs. « Tous pourris », expression fustigeant l’ensemble de tous ceux qui souhaitent consacrer une partie de leur vie au bien de leurs concitoyens. « Tous pourris » ? Telle est bien l’expression que l’on pouvait même entendre parmi ceux qui allaient voter. Et combien de bulletins blancs ou nuls ? Combien de bulletins « contestataires » gonflant inévitablement les résultats de l’extrême droite ? Cumul des mandats et sentiments que tous les politiciens sont intéressés, jamais rassasiés de pouvoir ? Dirigisme présidentiel voguant contre vents et marées, reniant les engagements pris au gré des crises et des déclarations fracassantes, et poursuivant inexorablement une politique libérale... ?
Les grands perdants : sans doute le MoDem. Il faut dire que sa n°2, à force de grands écarts, peut-être avec l’objectif de placer le parti dans la perspective d’une fusion pour un deuxième tour, sinon d’aller rejoindre pour de bon les écologistes, ne jouait pas favorablement à un parti au dirigeant peu charismatique et critiqué de façon à peine voilée par cette même n°2. Dans le département comme dans la Champagne-Ardenne, les plus gros perdants sont sans doute les écologistes d’Europe-Ecologie, largement dépassés dans l’Aube par le front national qui fait plus du double des suffrages exprimés ! N’ont-ils pas su, eux aussi, motiver les électeurs ? C’est une cuisante défaite pour ceux qui pensaient « renouveler » la manière de faire la politique, pour ceux qui aspiraient à la transparence, pour ceux qui pensaient se rendre plus attractifs en imposant insolemment de nouveaux cadres à un mouvement écologiste élargi. La révolution de palais a fait long feu et des enseignements doivent être pris. C’est sans doute le plus faible taux réalisé en France par le mouvement, ne lui permettant pas de se maintenir ou de peser véritablement pour le prochain tour ! Il y a désormais une auto-critique à faire, une véritable auto-critique, et non de celles qui consisterait à dire « c’est la faute des autres », les hystériques... ? Il faut désormais agir en adulte et responsable ! Mais les blessures sont profondes et les cicatrices très difficiles à recoudre, sinon impossibles. Ce n’est pas faute pour certains, d’avoir tiré le signal d’alarme, d’avoir appelé au retour à la raison, à appeler à vider l’abcès avant que la gangrène ne gagne...
Je pleure.
Je pleure pour de tels résultats. Pour une telle abstention, autant de bulletins donnés à un mouvement extrémiste qui prône des valeurs contraires à l’idée que je me fais de la Liberté et de l’Egalité, à un mouvement extrémiste qui ne s’érode pas dans ma région mais, au contraire, qui se maintien durablement. Développement durable : seraient-ils les seuls à le réaliser... sur le plan politique ? Je pleure pour la fracture irréductible qui s’est faite au sein des écologistes de l’Aube et de la région. Je pleure parce qu’ils sont restés sourds et aveugles, tellement certains d’avoir raison et de détenir la vérité, tellement certains de réussir, porté par la vague du succès des Européennes.











