Un constat d’opinion alarmant
Bon nombre de nos concitoyens pensent que le nucléaire est une énergie propre. Ce constat est alarmant. L’état et les promoteurs du nucléaire trompent l’opinion publique depuis des décennies.
Le nucléaire ne couvre que 2,5% de la consommation mondiale d’énergies. L’entêtement français à perseverer à travers ce mode énergétique n’obéit qu’à des lobbies industriels et à des soutiens politiques. 90% du budget de la recherche énergétique est axé sur le nucléaire. La France est une des seules nations (la seule ?) à ne pas croire aux énergies alternatives. On ne laisse pas de place à des énergies plus jeunes, plus propres et plus vivantes. La France tire les 3/4 quarts de son énergie électrique dans le nucléaire et cherche naturellement à éviter toutes remises en cause de cette énergie. Le système français nous suggère que toutes possibilités de penser l’énergie autrement (à savoir le nucléaire) est tout à fait impossible, et la mascarade dure depuis trente ans ! Notre pays persiste dans sa logique du tout électrique.
Un peu de déontologie peut-être...
Les déchets nucléaires sont quasi-éternels et dangereux. Dans les années 70, on nous racontait que la science allait arranger tout ça, en trouvant des solutions. Et on en a construit de la centrale, on en a construit de l’EPR en se détournant des solutions alternatives. Mais, hélas, le miracle scientifique n’a pas eu lieu. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’y a pas de solutions à la problématique des déchets nucléaires. Le volume de ces saloperies toxiques s’élève à plus de 1,1 million de m3. D’ici 2030, ce stock devrait doubler. Ces vieux fûts de déchets radioactifs commencent à fuir ? Qu’est ce qu’on fait ? On enterre, on enfouit tout ça très profond, on se bouche les oreilles et on ferme les yeux très fort... Soyons clair ; l’objectif du gouvernement est de nous faire croire qu’il est impossible de faire autrement. Il faudrait donc accepter de léguer à nos enfants cette fatalité ? Accepter l’idée qu’il faut vivre avec ces dangers qu’on nous impose ? Nos descendants ont du souci à se faire. L’histoire nous jugera. Qui peut nous prouver que la période de paix en Europe est éternelle ? Imaginez le désastre d’une centrale face à un bombardement. Ce n’est un mystère non plus pour personne que le nucléaire civil est une étape dans l’acquisition de la bombe atomique. Alors quels crédits apportés à nos responsables politiques, de toute échelle, quand leurs réponses au sujet de énergie reposent sur ces principes irresponsables et semblent lourd de conséquence pour l’avenir de nos enfants ? Les réponses sont indignes des enjeux de notre temps car le nucléaire est l’anti-thèse du développement durable. Et nous, petits coqs gaulois, quel est notre but ? Vendre un maximum de centrales nucléaires sur la planète ! Vendre un maximum de ce poison à l’humanité ! « Oui mais vous comprenez, ça represente un paquet de fric important quand même ! ». Je comprends surtout qu’il s’agit de vandalisme légal. Localement, qu’en est-il ? la Champagne-Ardenne est une véritable benne à ordure nucléaire. Pourtant proche d’une Zone Natura 2000, la décharge de Montreuil-sur-Barse (l’Aube encore) pourrait accueillir des déchets de terres hydrocarburées ainsi que des déchets (DIB) issus d’installations nucléaires de base (INB). Cette décision préfectorale va à l’encontre de notre vision de l’avenir. Parce que le nucléaire n’apportent aucune réponse à la crise du climat, parce qu’il présente des risques inacceptables, parce que la croissance des déchets est ingérable, les élus d’Europe Ecologie combattront en Champagne-Ardenne les relances du nucléaire de toutes sortes. Je m’engage, en tant qu’écologiste, à renforcer de toute urgence la transparence, l’information et la sécurité dans ce secteur.
Alors on fait quoi ?
A ceux qui agitent l’argument - « Mais le nucléaire va changer la donne sur la question du changement climatique », je voudrais leur répondre que les conséquences sur les émissions de CO2 restent modestes. Selon une étude de l’AIE (l’Agence Mondiale de l’Energie), une relance mondiale de la filière nucléaire (comme l’a tenté tristement Nicolas Sarkozy cette semaine) permettrait une économie de CO2 de 5% en 2050. C’est évidemment trop modeste. Les autres pistes suggérées sur la même étude sont bien plus prometteuses : maîtrise des émissions de gaz à effets de serre, développement sobre, priorités sur les énergies renouvelables, les solutions existent et à des coûts bien inférieurs. Un exemple : il existe en France une vingtaine de centre de méthanisation, dont 3 en Champagne-Ardenne, il y a plus de 4000 de ces centres en Allemagne (mesurez le retard de la France dans ce domaine !). Le méthane est un gaz qui réchauffe 49 fois plus que le CO2 (sa récupération en France permettraient d’éviter bien plus de gaz à effet de serre que la construction de 3 EPR).De nombreuses études démontrent que l’on peut se passer de l’électricité nucléaire en utilisant les technologies énergétiques alternatives disponibles. Alors pourquoi une telle stagnation ? La réponse est simple : le dogme du nucléaire domine et les élus roupillent ! Demandez à un gars de l’UMP son avis sur l’éolien, la géothermie, le photovoltaïque ou la méthanisation, j’ai essayé...Vous aurez l’impression de parler chinois ! Une politique écologique responsable se doit de mobiliser à tous les niveaux : aménagement du territoire, transports, formations...Toutes les compétences de la région sont liées !
Notre région n’est pas épargnée par la crise de l’emploi. La modernisation écologique, et pas seulement sur le secteur énergétique, mais sur l’ensemble des domaines d’activités, est une formidable promesse d’emplois. Eco-technologies, éco-matériaux, réhabilitation thermique de nos bâtiments (objectif : 25 000 logements réhabilités pour lutter contre la précarité énergétique), développement des réseaux de transports collectifs, énergies renouvelables dans l’industrie, services à la personne, coopératives, commerce équitable, véritable agriculture paysanne, bref la liste est longue...Ce sont là plus de 10 000 emplois possibles et à innover dans ces secteurs. La conversion écologique sur ces activités diverses recéle des gisements d’emplois socialement utiles et non-délocalisables. Faisons de la sobriété et de l’efficacité énergétique une priorité pour la région Champagne-Ardenne. Nous devons sortir progressivement de l’économie de l’uranium. Nous nous attacherons à privilégier une politique volontariste et engagée, au cours de la prochaine mandature régionale, vers une montée en puissance des énergies renouvelables.
Les scientifiques du monde entier sont formels. Il faut non seulement réduire très fortement les émissions de gaz à effet de serre et repenser l’énergie, mais il faut agir vite. Nous n’avons pas de temps à perdre, ni de planète B. Copenhague n’a pas été à la hauteur des enjeux. Aux régions donc de relever ces défis.
Maxime Beaulieu 2ème de liste Europe Ecologie Aube









