Hier lors de ma traditionnelle lecture matinale de la presse locale, un article du bleu dans la rubrique vivre à Troyes, m’informait d’une grande nouvelle, à savoir que la ville de Troyes misait sur les plantes vivaces. Quel titre !!!! Persuadé de la remise à la mode de quelques colchiques où orchidées locales, j’interrompis mon café pour me plonger dans ce captivant article.
Et là je me suis retrouvé comme aux beaux jours dans un foutage de gueule sur fond de communication dite maîtrisée. Le journaliste est là pour rapporter ce qu’on lui dit sans prendre parti. Ce ne doit pas être facile tant par moment les services de la villes de Troyes sont capables de nous prendre pour des blaireaux.
Alors on nous explique que la municipalité va considérablement changer ses habitudes et diminuer les espèces de fleurs annuelles ou bisannuelles au profit de plantes vivaces.
Cela commence par l’aménagement du rond point de la piscine du Vouldy qui va être « vivacisé » cette année. Alors je me suis dit qu’est ce qu’un rond point de plantes vivaces ? En fait c’est un rond point que l’on entretiendra beaucoup moins. D’ailleurs on en connait à Troyes. Prenez le rond point de la caserne des pompiers ou celui qui se trouve face à la concession Volkswagen Audi sur le boulevard Pompidou. Vous savez ces deux ronds points qui paraissent ne pas être entretenus tout au long de l’année. En fait ils sont plus ou moins taillées deux fois par an par une entreprise de Saint Florentin, (il ne devait pas y avoir de pépiniériste dans l’Aube capable de le faire…). Donc un rond point de plantes vivaces, c’est cela ; on y trouve des iris dégénérés, des fausses lavandes énormes ponctuées de lierre envahissant et de quelques gros rochers. Un ou deux cipres, trois arbustes à fleurs et le tour est joué. Alors on pourrait croire que la ville veut faire des économies. Pas du tout on a trouvé l’argument à la mode, c’est plus écologique. Voilà tout est dit, il y a des plantes qui ne sont pas écologiquement correctes, on va faire de l’écologique, du moche quoi. On va de surcroît mettre des espèces particulièrement résistantes des truc des Indes des machins du Japon mais sûrement pas des espèces locales. Mais lisez ce chef d’œuvre de communication : « cette démarche s’inscrit dans une politique de développement durable » (ahh le développement durable) « puisque ces végétaux offriront une animation toute l’année. » Ben oui en plus, voyez-vous, c’est bien connu, les plantes vivaces ont des tas de feuilles l’hiver (je ne dois pas avoir les même dans ma rocaille personnelle, les miennes reviennent bien tous les ans mais perdent la totalité de leurs feuilles l’hiver, mais bon) « tout en respectant l’environnement » ben oui manquerait plus qu’elles polluent mais bon. En gros on nous annonce des arbustes, ne vous attendez pas à trouver des asters des Alpes, des corbeilles d’argent ou des pivoines.
Ne vous y trompez pas, sous des nouveaux arguments écologiques on fait des économies sur le fleurissements tout le reste n’est que bouffonnade. Ne serait ce pas plus logique de le dire ? D’ailleurs pourquoi s’emmerder avec des espaces fleuris, ça ne sert à rein et cela fait beauf, si l’on en croit un maire adjoint bien connu de notre municipalité.
Nous pauvre crétins, on aimait bien les parterres de pensées ponctuées de tulipes au printemps. On aimait bien la profusion de couleurs l’été. Ben non fini, allez près de la caserne des pompiers pour voir l’état du rond point de la piscine dans trois ans. Je dis des bêtises, ce sera mieux entretenu ? Croyez vous ? Allez donc regarder de près les grands parterres de plantes vivaces disposées le long de notre très récent boulevard Jules Guesde, en particulier entre la place Jean Macé et le rue du Pont des champs. Les trois quarts ont crevé, la bâche évitant les mauvaises herbes est lacérée, les herbacés sont envahis d’autres plantes. A peine deux ans et dans un état lamentable. Avant il y avait de l’herbe, c’était beauf, mais un coup de tondeuse et c’était agréable. La tondeuse c’est fini, maintenant on fait dans le raisonné. Cela consiste à ne tondre qu’une partie et laisser l’autre partie en friche. C’est bon pour la papillons il parait. Cela permet surtout d’affecter toujours moins de personnel à l’entretien, un gros nettoyage deux fois par an et le tour est joué.
Et pour bien vous prouver que vous aurez de l’arbuste et plus de fleurs, on précise : « Pour agrémenter le tout (ça ne suffisait pas comme cela) des hais de buis ». Le revoilà le buis en vague ! Vous savez c’est le truc le long du boulevard du 14 juillet entouré d’une espèce de ferraille défoncée (censée empêcher les gens de traverser le dit buis en vague) qui protège des arbustes moribonds souffrant de mauvaise exposition, de soif car on arrose pas et surtout bouffés par la pisse des cadors qui s’en donnent à cœur joie. Eh ben du buis y en avait pas assez autour de la bourse, au centre ville, au 14 juillet, y en aura aussi au Vouldy . Il y a qu’à couvrir le rond point de Pierre d’Etrochey, mettre deux pots de buis, pis ce sera mieux !!! « des haies de buis taillées en forme de mouvement pour rappeler la présence de l’eau dans ce secteur » J’dois vraiment être trop con, car je ne vois pas en quoi le buis rappelle la présence de l’eau dans le secteur, surtout qu’en regardant de tous les cotés on a pas besoin de la rappeler l’eau on la voit. Canal d’un coté, déversoir (fort bien restauré d’ailleurs) de l’autre, bras de Seine sur Jules Guesdes. Bref encore du verbiage qui ne veut rien dire, prouvant s’il en était encore besoin qu’on prend vraiment les troyens pour des cons. On aura nos jardins médiévaux, ça ne doit pas faire beauf ça,











