Comment faire croire qu’on a dit ce qu’on a pas dit sans dire ce qu’on aurait du dire quand il fallait le dire ? Pas facile... C’est pourtant l’exploit, que dis-je, le double salto arrière, le triple loots piqué, le retourné de veste, le pas de moon-walk exceptionnel réalisé par notre municipalité.
On se souvient qu’entre la dinde aux marrons et les huitres, Jacky Morin annonçait la suppression pendant deux ans des Foires de Mars. S’en est suivi une levée de bouclier, des protestations, des pétitions en veux-tu, en voilà, des vrais-faux rapports d’EDF et finalement... Miracle ! François Baroin trouve la marche arrière, désavoue brutalement le courageux Jacky Morin et annonce le maintien des Foires de Mars.
Ben non... Place Israël, on n’a pas vécu la même histoire. Et c’est une plus belle fable que nous raconte ce mois-ci le magazine municipal Press-Troyes. Là-bas, dans ce monde merveilleux, la fête n’a jamais été supprimée... tout juste : « failli être ajournée... » ! Là-bas, dans ce paradis, les « risques de morts » invoqués par ce bon Jacky 3 mois plus tôt, deviennent « des difficultés majeurs ». Là-bas, la municipalité n’a pas cédé sous la pression des milliers de troyens et d’aubois... Non, non, non ! Dans ce monde parfait, selon ce brave Jacky : « Chacun a mis du sien [...]. N’est-ce pas l’honneur d’une collectivité de faire des concessions intelligentes pour concilier les attentes de la population et les exigences de sécurité ? ». Tu l’as dit bouffi !
Dans ce monde parfait, pas besoin de pétitionner, de s’égosiller dans les médias, de dénoncer d’étranges rapports, de menacer de bloquer la ville... là-bas, dans ce monde parfait, « Être à l’écoute des habitants et de tous les acteurs qui participent à la vitalité de la cité est une exigence pour une ville qui veut avancer. La recherche de consensus est une preuve d’ouverture et une méthode efficace pour répondre aux attentes légitimes qu’exprime la population. » Si, si !! J’vous jure !
Bon... je ne demande pas que mes amis de l’Hôtel de Ville s’auto-flagellent, que Jacky soit sacrifié au dieu des Forains ou que Fanfan entreprenne un chemin de croix pour expier ses fautes... Mais un p’tit aveu... un mea-culpa... un : « désolé, on s’est planté »... est-ce trop demandé ? Ne serait-ce pas l’honneur de nos élus que de reconnaître, de temps en temps, leurs erreurs ? Une chose reste certaine, c’est grâce à la mobilisation des forains et des habitants, hors de toute structure politique, que ces foires ont été sauvées. Et ça, c’est une véritable raison de se réjouir de cet événement.









