La presse locale consacrait récemment un dossier aux AMAP. Une seule existe dans l’Aube actuellement et ne rassemble qu’une vingtaine d’adhérents [1]. C’est peu, c’est trop peu.
Il faut dire que le système de l’AMAP est contraignant et constitue une démarche véritablement militante dans laquelle beaucoup ne désirent pas entrer. Car dans une AMAP, l’adhérent doit s’engager par avance, pour 6 mois, à payer les paniers de la saison, à participer à tour de rôle à la distribution et même à donner une journée de son temps au producteur à chaque saison. On peut comprendre que de telles contraintes, même si elles s’inscrivent dans un militantisme plus qu’honorable, dissuadent d’éventuelles consom’acteurs à s’engager plus en avant.
Faut-il alors, si on n’a pas l’âme militante, se résigner aux tristes allées du supermarché, aux prix exorbitants des magasins bio ? Fort heureusement non. Car en complément de ces AMAP, d’autres systèmes ont vu le jour ces dernières années. Ils permettent, sans contraintes, d’accéder à une alimentation locale, bio avec en plus une souplesse très intéressante.
Trois producteurs aubois se distinguent depuis quelques années par la qualité de leurs prestations et le bouche à oreille très positif dont ils font l’objet :
Benoit et Amélie.
Ce sont sans doute les plus connus des Troyens. Depuis plusieurs années, Benoit et Amélie proposent des produits bio, locaux, issus de leur exploitation. Les habitués les retrouvent au marché de Troyes tous les samedis matins à l’extérieur des halles (du coté église St Rémy). On peut également les croiser le vendredi matin sur le marché de Bar sur seine, en face de la boulangerie.
Benoit et Amélie proposent également, un peu à l’image d’une AMAP, un système de Panier. Les particuliers peuvent commander ces paniers de saison par mail ou téléphone et venir chercher ses paniers dans trois lieux :
à Troyes, "Aux crieurs de vin", 4 place Jean Jaurès ;
à Piney, au magasin En-net, Rue du Général De Gaulle
à Brienne Le château, à Eveil et Créations, rue de l’Ecole Militaire
Zig-Zag-Bio
Nouveau venu, Zig-Zag Bio propose lui aussi un service extrêmement riche et complet de paniers bio dans tout le département : Grandes variétés de paniers, achat de paniers au « coup par coup » ou abonnement mensuel, commande de produits particuliers, livraison en point-relais ou à domicile, paiement en ligne sécurisé... tout est possible avec Zig-Zag bio ! Petit plus, grâce à Zig-Zag Bio, vous recevrez régulièrement de nouvelles suggestions, de nouvelles recettes pour cuisiner ces produits. Signalons que le créneau de Zig-Zag Bio, comme son nom l’indique, c’est le bio, pas le local. Avantage : l’entreprise peut offrir un choix bien plus large dans ses produits. Inconvénient : certains fruits auront parfois fait beaucoup de kilomètres et émis quelques gaz à effet de serre. De quoi faire grincher les grognons de l’écologie pure et dure ! Mais reconnaissons-le, pour l’avoir testé, le service proposé est de grande qualité.
Persil et Ciboulette
Dernier de cette liste, mais non des moindre :Persil et Ciboulette. C’est avec Benoit et Amélie, sans doute, le plus connu et le plus réputé de ces producteurs locaux et bio. Installés depuis 30 ans à Fouchères, les responsables de cette petite entreprise, reposant sur un jardin de 8 000 m², sont présents sur les marchés de Bar-sur-Seine et Aix-en-Othe. Eux aussi proposent un système de panier que chacun peut commander en ligne et venir retirer le jeudi sur le parking de l’église St Bruno Av E Herriot et le vendredi sur le parking de l’UTT. Mieux encore, désormais, Persil et Ciboulette ont leur magasin dans l’agglomération, face au centre commercial Carrefour à Saint-André. Un vrai plus pour toutes celles et ceux qui veulent éviter les produits d’une agriculture trop intensive.
Vers un nouveau modèle de production et de consommation
L’apparition récente d’une AMAP, le développement de ces entreprises familiales montrent bien le besoin d’une nouvelle alimentation, d’un nouveau modèle de consommation et de production. Un modèle éminemment écologique qu’on peut résumer en 3 points :
Relocalisation : en proposant davantage de produits locaux et de saison
Proximité : en rapprochant le consommateur du producteur
Qualité : en privilégiant une agriculture moins intensive et plus durable.
Dans une région où les surfaces « bio » ne représentent que 0.6% de la SAU Total (contre 2.5% en moyenne pour la France) où l’agriculture intensive reste prépondérante, l’objectif de 6% de la SAU convertie au Bio en 2012 [2] semble très difficile à atteindre. Pourtant, les agriculteurs sont de plus en plus sensibles à ces questions écologiques et fournissent des efforts constants depuis plusieurs années. De toute évidence, l’enjeu de ce nouveau modèle de développement (économiquement performant, socialement plus créateur d’emplois et écologiquement plus respectueux de notre environnement) sera sans doute au coeur des prochaines élections régionales.










