Projet d’un autre âge, idée du siècle dernier, vieille lubie de quelques élus vieillissants, la liaison Nord/Sud refait surface.
Ce projet, rappelons-le, envisage de percer un axe routier, depuis le rond point des abbayes jusqu’à la rue Paul Doumer à Sainte Savine. L’axe en question constituerait donc, au coeur du site préservé des Viennes, une balafre de plusieurs dizaines de mètres de large agrémentant cette paisible zone verte du bruit des moteurs, de la pollution des diesels et du chaleureux contact du goudron fondant au soleil...
Claude Bianchi, sur sa page facebook appelle à la vigilance. Le conseiller municipal à Saint André dénonce à juste titre une liaison qui : « va décapiter sur une largeur de plus de 25 mètres le dernier poumon vert de St André et de l’agglomération et « couper » la voie verte. »
Il rappelle que l’actuel maire de Saint-André, Attila Alain Balland, numéro 2 de la CAT, a réaffirmé son intention de réaliser cette liaison. Pour quelles raisons ? Pour couper quelques arbres ? Faire chauffer la tronçonneuse oubliée au fond du garage ? Bruler un peu plus de pétrole ? Étaler quelques tonnes de bitume ? Nul ne le sait.
Ce qu’on constate, c’est d’abord le succès de ces Viennes. En quelques mois, elles sont devenues un lieu apprécié pour les promeneurs, les joggers, mais aussi, et c’est loin d’être négligeable, pour ceux qui ont choisi de se déplacer autrement en ville.
Ce qu’on sait également, c’est qu’Alain Balland, justifie ce projet par la densité de la circulation. Sans doute la circulation n’est-elle jamais assez fluide pour l’homme pressé. Mais les quelques minutes journalières de désagréments que doivent subir les automobilistes justifient-elles la disparition irréversible de plusieurs hectares de cet espace naturel ?
Le jeu n’en vaut pas la chandelle. D’autant plus qu’une telle tranchée ne serait que la répétition des erreurs commises depuis 30 ans ou 40 ans. Car, on le sait, chaque mètre de bitume en plus, loin de soulager la circulation [1], génère un trafic supplémentaire et quelques nuisances de plus. Chaque mètre de bitume donne le signale que la voiture individuelle est le seul moyen de se déplacer en ville. Chaque mètre de bitume ne fait donc qu’aggraver les difficultés liées aux déplacements.
La réponse aux questions des déplacements dans l’agglomération n’est très certainement pas dans une solution si simpliste et si destructrice. Elle passera, au contraire, par une meilleure organisation de notre territoire, l’abandon de la spécialisation des espaces au profit d’une plus grande mixité fonctionnelle [2] et le développement d’autres manières de se déplacer.


















