En 2002, pas moins de onze candidats s’étaient présentés aux élections législatives sur la deuxième circonscription de l’Aube. Jean-Claude Mathis, candidat de l’U.M.P. était arrivé en tête du premier tour avec 35,34 %, suivi du socialiste Yves Fournier avec 26,35 %. Marc Mallarmey arrivait en 3e position avec 17,43 % des voix, suivi d’Alain Deroin, avec 10,16 %. Au second tour, Jean-Claude Mathis l’emportait sur Yves Fournier avec une majorité écrasante de 58,45 %, avec toutefois une abstention record de plus de 40 %.
Les présidentielles ont montré une extrême droite encore puissante dans la circonscription avec 17,1 % des suffrages exprimés, soit le score qu’avait réalisé Mallarmey, et autant que Ségolène Royal ! Le F.N. n’a pas faiblit ; bien au contraire, il s’est renforcé en nombre de voix. Aussi, dans la circonscription, la faible abstention ne s’est pas faite en sa défaveur ! Aux présidentielles, toute la gauche réunie, Verts, P.S., PC et autre extrême gauche n’a fait que 25 %. La bataille devrait donc se livrer à droite, avec une large possibilité de manœuvre pour un centriste qui voudrait dépasser le cadre traditionnel des étiquettes politiques.
Aujourd’hui, Jean-Claude Mathis semble bien parti pour être réélu. Dans une circonscription très ancrée à droite, et après le forfait d’Alain Deroin, Jean-Claude Mathis apparaît comme un candidat sans véritable rival. Tout laisse à penser qu’il va passer largement le cap du premier tour : le forfait récent d’Alain Deroin qui chassait sur le même électorat que son ami, voisin et collègue, tous deux maires et conseillers généraux, et l’absence jusqu’alors de candidat déclaré au Front National. Et pourtant, il ne néglige pas pour autant sa réélection. Déjà au cours de son mandat, il a su se montrer présent sur le terrain, répondant dans la mesure du possible à toutes les sollicitations et invitations : remises de médailles, inaugurations, événements locaux…, sans compter peut-être la part de la réserve parlementaire dont il a pu faire profiter les communes de sa circonscription. Certains ne lui prêtent cependant pas autant de zèle dans l’activité parlementaire pour laquelle il est élu : trop peu de questions au gouvernement, trop peu d’activité législative, et encore moins de retombées pour sa circonscription. Mais l’activité du parlementaire réside-t-elle en cela ? C’est un candidat traditionnel, sur lequel il ne faudra pas compter pour une véritable rupture pourtant proclamée par son chef de file. Le cumul est sa philosophie, le cumul est indispensable pour accomplir correctement ses mandats d’élu. « Vous êtes beaucoup plus efficace », affime-t-il. Mieux « Quand je suis au conseil général, je peux très bien régler des problèmes de la mairie ( … ) Pour le mandat de député, c’est la même chose ». Heureux habitants des Riceys !
Très tôt, il s’est déclaré en faveur de Nicolas Sarkozy et s’est associé à lui et à son programme. Aussi, devrait-il profiter de la dynamique qui a porté le candidat Sarkozy à la Présidence de la République. Les élections présidentielles à peine achevées, il a déjà commencé à battre le pavé des bourgs et villages de sa circonscription pour mener sa campagne électorale.
Le seul rival déclaré de droite, candidat de droite mais indépendant, s’est lui aussi lancé dans la campagne très tôt. Mais Didier Leprince, maire et conseiller général de Fontvannes ne bénéficie pas de l’avantage d’être le candidat sortant ni ne profite du dynamisme généré par l’élection de Nicolas Sarkozy. Son rayonnement ne semble pas dépasser le cadre de son canton. Son activité associative ne peut que faire de l’ombre à Yves Fournier.
Face à Jean-Claude Mathis, la gauche semble bien fébrile, divisée et hésitante. Le P.C. est représenté par Jean-Pierre Cornevin et Gisèle Malaval. Le P.S. s’est entendu avec le P.R.G. pour laisser la circonscription à ce dernier, aux dépends du candidat P.S. local déclaré, Yves Fournier. A défaut de trouver un candidat issu de la circonscription, le P.R.G. a désigné une conseillère régionale de la Haute-Marne pour mener la campagne, Saliha Ayadi, suppléée par Claude Bianchi. Après avoir un certain temps pensé à entrer en dissidence, Yves Fournier semble avoir déclaré forfait. Enfin les Verts sont représentés par Hervé Murgier et Annik Cordeuil.
Au regard des scores de leurs représentants nationaux dans la circonscription, il est difficile de prédire lequel a des chances de se trouver au second tour face à Mathis, et alors que l’on ne sait toujours pas si un candidat du futur Mouvement Démocratique va se présenter ni même un candidat du Front National. Sans Homme fort au Centre, il est fort à parier que le Front National, s’il présente un candidat, soit qualifié pour le second tour. Et cet Homme fort aurait sans doute une bonne carte à jouer, à condition de ne pas trop tarder car en l’état actuel des choses, on pourrait même se poser la question si Jean-Claude Mathis ne serait pas réélu dès le premier tour ?
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