« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière. » Edmond Rostand.
Très respectable et sérénissime majesté,
Quand je pense que certains prétendent que nous sommes dirigés par de petits sous-officiers médiocres… Quand j’entends les critiques acerbes d’auboisementcorrect contre Baroin et Adnot, je me dis que, décidément, ces gens-là ni ne comprennent rien… Nous avons là deux personnages d’exception, rares, précieux… hautes figures de la politique, que la France entière… Que dis-je la France ? Que le monde entier nous envie… Et ce petit tas de paltoquets insignifiants qui prennent leur pied en concoctant une prose médiocre et assassine, ce ramassis d’aigris, comme dirait l’Express, incapables de comprendre, qui se complet en sodomisant des scathophagae stercorariae, cette bande d’incapable qui crie au loup chaque fois qu’ils aperçoivent une trace de teckel dans la neige ; je ne peux m’empêcher de plaindre ces augustes personnages que la Providence a placé ici…
Car enfin, face à tant de hauteur, d’intelligence, de sens de l’à-propos, face à ces professionnels de la communication que sont les pisse-copies de ce blog de troisième catégorie qui est au journalisme ce que la série B est à Corneille ? Rien… Des chiures de scathophaga justement… rien ! Comment comprendre ce type caché derrière son écran qui s’épanche et se penche au risque de tomber ? C’est un renard gascon (d’autres disent normand) qui, incapable d’atteindre les raisins mûrs, s’en tirent d’un bon mot « Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. » Alors que, comme le dit le fabuliste « Fit-il pas mieux que de se plaindre ? »…
Votre majesté, sachez que côtoyer cette médiocrité m’indispose, que le ton de ces pages m’horripile chaque jours et que je ne reste ici que pour ma gamelle… Offrez-moi une page sur le site du Conseil général, deux paragraphes dans « Press’Troyes » ou deux lignes dans l’Est-Champagne ou Lib-Eclair et je les quitte, je les renie, je reviens vers la lumière…
Deux exemples… Deux petits exemples car je sais que je suis trop long…
François ! Je contemple François dirigeant, de main de maître, le Conseil municipal et je ne peux m’empêcher de m’émerveiller… Et chaque séance renforce mon admiration, chaque heure passée dans la vaste salle de la mairie augmente mon engouement voire ma vénération… Car François s’ennuie devant ces longues séances ! On le voit dans sa façon de lire les notes rédigées par ses conseillers ancillaires. On le voit dans son regard lassé, dans son attitude morfondue quand il contemple ses 38 conseillers pourtant bien sages et bien obéissants, qui ne pose jamais une seule question, sans doute pour ne pas prolonger l’épreuve plus qu’il ne se doit… On le sent dans ses réponses excédées aux questions de l’opposition… Avouez qu’il n’a pas de chance le Premier magistrat des Tricasses, avouez qu’il n’est pas veinards d’avoir une telle opposition. D’autres peuvent compter sur des intellectuels, des gens qui savent ce qu’ils disent, des hommes intéressants… Alors qu’à Troyes il ne dispose que d’incompétents ou de poujadistes. À chaque question de l’opposition, il avance toujours deux réponses… Réponse A : « Vous n’êtes pas au fait de la législation, vous ne savez pas comment cela se passe… » Vous êtes incompétents ! Réponse B : « Votre intervention relève de la plus profonde mauvaise foi », voire, quand il est excédé « Je n’ai jamais vu une intervention si partiale… » Pour gagner du temps, je pense que, dans quelques mois, il ne cherchera plus vainement des mots contournés pour répondre à cette poussière, il dira « Réponse A » à Beury et, plus tard, « Réponse B » à Sydor…
C’est vrai qu’il est admirable notre François… C’est vrai qu’en le regardant on ne peut qu’être impressionné par cet ennui qui le ronge, on ne peut que sentir le désir de s’enfuir, de terminer bien vite cette potion indigeste pour aller, ailleurs, vaquer à des occupations plus heuristiques et plus distractives… Cet homme a un caractère bien forgé pour continuer encore à perdre son temps ici. Il faut un sens du devoir exceptionnel, un respect pour sa tache inimaginable pour accepter de revenir mois après mois, revoir cette pièce qui se rejoue éternellement, sans but et sans logique. Se morfondre à un tel point et ne jamais le dire, ne pas même pouvoir s’endormir… et être encore là ! Avoir vécu cela pendant 13 ans et resigner pour six longues années, 2192 jours d’ennuie ! et ne rien dire… Admirable !
Admirable aussi, vous l’êtes, Auguste majesté, dans votre façon, « sérénissime » de mener les débats du Conseil général…
Regardez. Lundi dernier encore, la façon dont vous avez répondu à ceux qui se permettaient de s’inquiéter de la mise au rancart de ce projet qui vous tient tant, de cette nécessité première pour notre département… l’autoroute Troyes-Auxerre ! Et, alors qu’un ou deux trous du cul se permettaient de vous lâcher, alors que deux ou trois cultots insensibles à votre grandeur, osaient demander que le département cherche, enfin, une solution alternative… Vous avez répondu, Votre majesté, vos augustes lèvres ont laissé échapper ces mots concis et vrais, véritable ciselure de l’esprit et de la réflexion « L’autoroute Troyes Auxerre, j’y crois encore. ». Putain que c’est beau !
Bon Dieu, mais ce sont des hommes comme vous qui ont sauvé la France ! Des personnalités comme la vôtre qui ont changé le monde ! Des modèles comme votre grandeur qui ont réussi à transformer le cours des choses…
Car avouez, votre sérénissime majesté, qu’il faut être clairvoyant comme vous pour y croire encore, informé comme vous pour ne pas douter, conscient des plus petits fonctionnements (ou dysfonctionnement ?) de l’état pour affirmer encore sa Foi dans un projet qui s’éloigne un peu plus chaque jours.
Mais vous… vous y croyez. Comme De Gaulle à Londres ce fameux 18 juin, comme Saint-Paul après le chemin de Damas, comme un militant communiste après la raclée de l’an dernier ou comme ma voisine qui s’imagine encore que le petit agité de l’Elysée va devenir un homme d’État… Contre toute attente, contre toute réalité, contre toute information… Vous y croyez !
Est-ce à Sainte-Maure, chez les bons pères que vous vous forgeâtes cette conviction inébranlable ? Est-ce sur votre tracteur, sillon après sillon que vous passâtes de l’état d’observateur à celui de croyant ? Ou est-ce à force d’écouter les discours des très vieux messieurs du sénat que vous devîntes presqu’un devin ? Je ne le sais…
Reste une évidence… Contrairement à Saint-Pierre, « l’homme de peu de foi » qui n’osait marcher sur les eaux, vous restez confiant. À l’inverse de Saint-Thomas qui voulait plonger ses mains dans les plaies du crucifié avant de croire en sa résurrection ; vous n’avez besoin ni d’enquêtes publiques ni d’enquêtes préalables, vous n’écoutez pas ceux qui démontrent que cette voie rapide ne sera jamais rentable, vous n’entendez pas ce qui prétendent que le pétrole augmente ou que la planète à force de se réchauffer approche du point de fusion… Vous, vous croyez !
Tel Wallace Henry Hartley, le chef d’orchestre du Titanic, qui s’obstina à faire jouer à l’orchestre du transatlantique « Je crois en toi mon Dieu ! » vous croyez… Dommage que mes enfants aient fait leur communion solennelle il y a deux ans. Je leur aurais fait lire votre intervention de lundi, quel meilleur exemple de cette Foi qui abolit les montagnes ? « Je crois ! »
Mais je vous le dis, sérénissime majesté, et les critiques des mécréants, les sourires des zélotes et la soumission des pharisiens n’y feront rien… ce sens du devoir qui pousse François à repousser toujours plus loin les limites de l’endormissement municipal et votre constance dans la Foi sont dignes d’admiration. Ceux qui ne le savent pas, ceux qui ne le disent pas, sont des sots ou des malfaisants.
Plus tard… bien plus tard quand tous les mécréants auront été oubliés, on dira encore de vous « Il y croyait ! » si si… « Il y croyait » !
Voilà c’est fini pour aujourd’hui, Votre Majesté.
J’ai l’honneur d’être, avec le plus profond respect, de Votre Majesté, le très humble et dévoué serviteur.

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