2007, année électorale, année comme toutes les autres dans l’Aube :
A ma droite : une majorité présidentielle, héritière du gaullisme à papa, triomphante, hégémonique qui conforte un peu partout ses positions. Baroin, Mathis facilement réélus. Et le petit nouveau, un autre Nicolas... Dhuicq, pour ne pas le nommer, qui décroche aussi facilement que ses camarades le sésame pour l’assemblée nationale et dont les dents de l’ambition poussent jusqu’à, bientôt, en rayer le parquet.
A ma gauche : une opposition défaite, fragile, déclinante, sans leadership, arc-boutée sur les quelques positions et les quelques élus qui lui reste...
Parmi les surprises, petites ou grandes, on retiendra de cette année électorale :
La lourde défaite de Marc Sebeyran.
Annoncé par beaucoup comme le favori de la 1ere circonscription, comme celui qui localement possédait l’étoffe nécessaire pour représenter les aubois, le premier adjoint de Troyes est battu dès le premier tour. Un vrai coup d’arrêt aux ambitions que pouvait avoir le leader de l’UDF.
L’apparition et l’ancrage politique d’Olivier Girardin.
Certes, lourdement battu aux élections législatives. Mais peu importe. En quelques mois, il aura montré sa capacité à rassembler autour de lui, à générer une vraie dynamique à gauche, à redonner un peu d’espoir de ce côté de l’échiquier politique. Le voici maintenant à la conquête de la mairie de La Chapelle-Saint-Luc avec une gauche rassemblée et une possibilité réelle de l’emporter. Un bel exploit ! Un sérieux poisson pour conduire la gauche au succès dans les prochaines années.
La difficile éclosion du MoDem.
Comme partout en France, l’accouchement du MoDem fut douloureux. Lâché par la plupart des élus de l’ex-UDF, Marc Sebeyran en tête, le MoDem aubois a sans doute gagné en cohérence et ne peut plus guère, n’en déplaise à quelques grincheux, être étiqueté à droite. Pascal Landréat, le maire de Pont Sainte Marie en sort renforcé.
On retiendra aussi pour cette année, le retour d’Alain Coillot.
L’ancien président de la CAT et maire de Sainte-Savine tente un come-back politique. Pari risqué. D’autant plus que le terrain savinien parait bien gardé par le maire socialiste Jean-Jacques Arnaud. Pascal Thomas, pourrait également compliquer l’affaire d’Alain Coillot.
2007 fut aussi l’année du lancement de la campagne de Philippe Beury.
Candidat investit par le MoDem à Troyes, il a été le premier à ouvrir le bal de la campagne municipale. Le voilà plus que jamais décidé à briser les lignes politiques traditionnelles, parfois à la hussarde, mais toujours avec passion. Sa candidature fut suivi de très près par celle du candidat socialiste Jaïm Myara. On a longtemps hésité dans le camp socialiste avant de choisir son champion. Un candidat mystère fut un temps annoncé. En vain. Myara, seul en piste, est choisi (par défaut diront les mauvaises langues) pour défendre les couleurs de la gauche.
N’oublions pas le recul du FN et pour faire vite de l’ensemble des petites formations (PC, Verts et Cie) qui ne peuvent que ramasser les quelques miettes laissées par les deux principaux partis politiques. Le vote utile a été ravageur.
Baroin, ses amis, ses amours, ses emmerdes.
Impossible de finir cette rétrospective politique, sans évoquer le cas de notre bien aimé Maire de Troyes. Son année ressemble à cette chanson d’Aznavour : des amis, des amours et des emmerdes.
Des amis qui vous lâchent. Et pour cause : l’espoir de la chiraquie est l’un des victimes collatérales du succès de Sarkozy. Plus de ministère, plus d’honneur particulier. François Baroin doit désormais se contenter de son simple rôle de député. Fort heureusement, la terre auboise est fidèle au gaullisme et à cette figure chiraquienne rassurante.
Des amours cathodiques qui font la Une des magazines people.
Des emmerdes qui s’accumulent :
Une colonie de Servigny qui tourne au désastre, des projets qui piétinent (l’autoroute, le paris-bâle, la bourse du travail...), d’autres contestés (le parking libération), une équipe municipale usée, en manque d’idées, une communication vacillante... Plus grave, l’apparition du parti radical qui revendique son indépendance. Très échaudé par le comportement de Baroin, le Borlooiste Alain Carsenti décide finalement de rejoindre la liste menée par Philippe Beury.
Finalement, le paysage politique aubois aura été fidèle à sa longue tradition de terre conservatrice. 2007, année de tout les succès pour la droite, 2008 en sera-t-elle la copie-conforme ?











