L'article

10
août
2008

10 - Le double « je » du Doc’

NDLR : Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

La mob de la souris était encore toute fumante. Quelle idée d’installer le siège de « Daube et Clair » si loin du centre !!! Face à une usine de mâts au destin bien branlant... Mais pourquoi ne se reconvertissaient-ils pas dans le mât d’éoliennes ? Il devrait y avoir un marché local conséquent, de quoi amortir un investissement de reconversion de base et proposer un produit concurrentiel... Les lobby locaux étaient peut-être déjà sur la piste . Il fallait qu’elle pense à faire une enquête. Elle avait des enquêtes plein la tête, la souris. Oui, l’appel de « Otto les tuyaux percés » avait fait ressurgir ces quelques pensées alors qu’elle contemplait ces mâts géants qui trouvaient de moins en moins preneurs.

De son côté, le capitaine ne parvenait pas à sortir de son esprit l’enchaînement irrémédiable de sa lente immersion dans le « système ». Oui, ces longues soirées érotiques à outrance n’étaient qu’une couverture, une des plus agréables, mais une couverture. La rumeur circulait qu’en ville, comme dans toutes les autres villes, d’ailleurs, il existait un cercle privé réservé à une certaine élite où ses représentants se rencontraient régulièrement pour faire autre chose qu’enfiler des perles. L’alibi était parfait ! Qui aurait pensé que derrière cette façade fort agréable, se cachait un « système » autrement plus sérieux ?

Oui, la chienlit s’installait peu à peu. Ce n’était plus 68, où des bandes de jeunes quelque peu idéalistes pensaient refaire le monde à coup d’idéaux. Les jeunes avaient vieilli, s’étaient rangés des voitures. Mais, depuis quelques temps, des associations locales s’évertuaient à faire tomber à l’eau de gros projets dans le département. De gros projets dans lesquels le « maître » était personnellement impliqué. De gros projets portés par des membres influents du « système ». Parmi ceux-ci, un complexe industriel « mondial » d’énergie liquide. Le « maître », pensa le Capitaine, avait peut-être à voir avec cet empire familial, cette dynastie régnant depuis plus d’un siècle sur la destinée économique de la région. Côté carrure ça pouvait coller. Côté appétit inextinguible de pouvoir aussi. Il faudrait qu’à l’occasion il utilise son logiciel de comparaison d’empreintes vocales pour voir si côté voix ça collait aussi. Il avait pris la peine, la nuit où le « maître » lui avait proposé ce poste occulte, d’enregistrer leur échange. Et le masque qu’il portait toujours ne devrait pas avoir altéré sa voix.

Une autre question le taraudait, dont il ignorait la réponse : Qui se cachait derrière ces associations ? Quelle organisation secrète et rivale du « système » mettait en péril le long travail du « maître » ? Il suspectait quelques membres même du système. Pourquoi pas le « doc » ? Ce dernier avait été initié et intégré au « système » pour le faire rentrer dans le rang. D’ailleurs, il s’était quelque peu calmé, une fois élu grâce au « système ». Et le système avait éliminé politiquement son plus encombrant allié. De fait ses interventions devenaient de plus en plus mesurées et de pur principe, laissant cependant à l’opposition l’espoir d’une alliance ; une alliance pour mieux la piéger ? Pour mieux la manipuler ? Que voulait réellement le Doc’ ? Jouait-il un double jeu ? Rien ne permettait de le relier à la tête sans corps, sauf peut-être quelques vieilles relations de jeunesse, quand il fréquentait les réseaux d’extrême droite ? Si tant est que ces rumeurs soient fondées. Lui aussi, on l’accusait d’avoir frayé avec les néo-nazes, alors qu’en bon capitaine il n’avait fait que naviguer à vue pour ne pas tomber dans leurs filets. Une chanson lui revint en mémoire « Ah le petit vin blanc, qu’on boit sous les tonnelles, du côté de Nogent... », une de celles qu’il chantait avec ses potes pêcheurs (ex de la Marine et anti-conformistes-romantiques comme lui) quand ils pelotaient les filles sur les bords de l’Aube. Ça lui rappela que dans un des villages près de Nogent, justement, il y avait une fondation tenue par la fille d’un producteur de cinéma très connu. Un qui avait travaillé avec Mocky... ou bien Chabrol. Merde ! Il se faisait vieux et sa mémoire flanchait surtout sur les noms propres. Ce producteur avait une particularité, il était très versé dans l’histoire de l’alchimie. Il avait d’ailleurs un ami troyen qui lui aussi suivait les signes de piste laissés au fil des siècles par ceux qui de près ou de loin avaient flirté avec la quête d’une certaine immortalité. Le cercle magique, les sept cercles. Marrant qu’il pense à ça maintenant, quel rapport avec le « maître » ou les associations ? Il ne manquait plus qu’une histoire de vase ou de « matrice », et l’on se retrouverait dans un scénario digne du « Da Vinci Code » ; d’ailleurs, quoi de plus normal, à Troyes, une histoire tournant autour du Graal ?



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Les commentaires (14)

10 - Le double « je » du Doc’
  • Commentaire 26314 lilith10
    le 24 août 2008  à 16:46

    Bon ben alors on s’endort sur ce roman. Vous avez perdu les chapitres suivants B-)

  • Commentaire 26316 Clovis
    le 24 août 2008  à 19:20

    Je pensais Toto que ce producteur avait travaillé plutôt avec Jean-Pierre MELVILLE notamment pour son film le Cercle rouge.

    Melville et son chapeau noir dans sa caisse américaine noire qui nous faisait faire le tour de Paris la nuit au peu d’amis qu’il avait en nous expliquant que dans tel ou tel bar se trouvaient des amis à lui peu recommandables et qu’il préférait y aller lorsqu’il était seul.

    José Giovanni autre ancien détenu célèbre et grand réalisateur de cinéma me confirma ces propos de Melville.

    Un peu romancé non car Melville était aussi un peu un personnage décalé pour son époque.

    Mais bon dieu le roman de l’été j’y crois à ces histoires.

    Toute ressemblance avec des personnages ayant...bla bla on s’en fout.

    Vivement la suite.

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  • Commentaire 26342 lilith10
    le 25 août 2008  à 17:48

    Gagné Clovis, le "producteur est bien un pote à Melville (et aussi au Président de la République des cancéreux), mais , comme Hitchcock, il ne fait que passer. Le temps d’une séquence, ou deux...

    Pour la suite, moi j’dis que Toto et moi a bien travaillé, et que c’est au tour du Doc’ de s’y coller . A moins que Clovis , Lili ou les autres ne se jettent à l’eau (du canal of course)

  • Commentaire 26343 lili
    le 25 août 2008  à 18:58

    je n’ai pas assez d’imagination, ou alors il faudrait me lancer sur une piste ;-)

  • Commentaire 26347 Clovis
    le 25 août 2008  à 19:45

    En tout les cas je vous félicite toi (je me permets de te tutoyer) et toto pour votre travail et votre créativité (ainsi que les autres rédacteurs) de ce roman de l’été.

    En ce qui me concerne je suis plutôt un lecteur un peu taciturne (un peu le caractère à la Melville ou à la Mocky autre grand réalisateur) et j’attends avec impatience la suite du roman.

    Quant à me jeter à l’eau, oui avec du pastis pas de problème c’est mon apéro et mon dessert (mon yaourt comme dirait Gainsbourg l’homme à la tête de choux et compositeur du requiem pour un con).

    Tiens ce requiem pour un con tu pourrais pas le caser dans le roman
    avec ce pacha de PCG (non je vais trop loin, faut ménager sa monture).

    En tout les cas j’attends avec impatience la suite au prochain numéro.

    Au plaisir de vous lire et encore félicitations.

  • Commentaire 26357 lilith10
    le 26 août 2008  à 11:24

    Hé Clovis, Lili, ce ne sont que des mots à jeter sur l’écran. Un pastis ou 2 et ça soule, pardon ça coule tout seul. EN plus vous avez la plume et le verbe, alors pourquoi ne pas.

    Et si avez peur des fôtes, on les corrigera avant de mettre en ligne.

    Le plus dur, c’est de retrouver le fil : les 2 cadavres, la tronche de Bourmain et le corps de la belle inconnue, le message reçu par le Sénateur président à vie (ça c’est le doc qui a la clé), le lien entre Bourmain et lui. Ah si la souris pouvait nous écrire son papier dans le Daubé ça aiderait ...

  • Commentaire 26368 Clovis
    le 26 août 2008  à 20:19

    Eh bien lilith mon pastis n’a pas eu le temps de se troubler car tu as dû me troubler : j’ai suivi ton conseil mais au lieu de jeter des mots sur l’écran c’est le pastis que j’ai jeté !!

    Bon tant pis je vais m’en resservir un.

    Pour revenir au roman, j’avais évoqué le pacha film policier avec Jean Gabin où ça flinguait grave dont une scène avait été tournée en gare de Troyes.

    Donc tu vois le raccourci entre ce film, la gare de troyes et la passerelle dite Voltaire.

    Du genre : "meurtre ou suicide sur la passerelle Voltaire à Troyes"

    Un sac pendant sous la passerelle voltaire a été retrouvé avec une main débordant du sac et tenant un chapeau rouge.

    Puis tu peux faire le rapprochement avec le Chapeau Rouge (tu vois célèbre bar dans l’avenue galliéni pas loin) ou le chaperon rouge commme tu veux.

    Pas mal non ?

  • Commentaire 26371
    le 26 août 2008  à 21:16

    clovis, écoute la chanson de Christophe :
    séniorita, dépêche-toi ! on a fermé l’alambra ! ça ne te rappelle rien ?rue ?
    et remets ta robe de tafata ! je ne vais plus au cinema !
    ni moi !

  • Commentaire 26372 Clovis
    le 26 août 2008  à 22:03

    Oui je connais cette belle chanson de Christophe. L’alambra j’ai connu aussi quand j’étais ado et avant la cinquantaine. Mais pourquoi la rue ? et je ne vais plus au cinéma NI MOI ?

    Non je ne devine pas.

    Tiens les mots bleus interprétés par Christophe à Taratata dans une version plus rock superbe aussi.

    Et la plus belle que je dédie à mes amours défuntes (oh la faut que j’arrête le délire) mais la musique est merveilleuse et les paroles incroyablement romantiques et belles :

    Oh mon amour !

    Oh mon amour écoute-moi
    un autre monde t’attend là-bas
    non n’ai pas peur il faut me croire
    la vie et belle et notre histoire
    peut continuer quand tu voudras
    et tout sera comme autrefois

    Oh mon amou ouvre ton coeur
    tu m’entendras
    pardonne le mal que je t’ai fait
    je ne te quitterai plus jamais
    oui mais demain dans mes cheveux
    je vois des soleils dans tes yeux

    Il suffit d’aller sur Google : taper youtube Oh mon amour - Christophe

    La vidéo est également superbe et les paroles sont jointes.

    Mais bon je ne vois pas de rapport avec le roman d’Auboisementcorrect.

  • Commentaire 26376
    le 27 août 2008  à 09:01

    c’est ça être décalé !
    il n’y a rien de mieux comme astuce pour arrêter le temps et interpeller par quelque chose qui n’a pas sa place dans un discours conventionnel ! regarde le comique troyen, c’est lui qui a inventé le décalage comique !et ça marche ! ça fait sortir de tous les codes habituels de communication !lolita

  • Commentaire 26373 Toto le clown
    le 26 août 2008  à 22:26

    Aaaah, le chapeau rouge !!! Que de pastis bus !!! C’était le QG de quelques potes...

    Euh, moi aussi j’aime bien le pastis ! Mais j’en ai bu un peu trop pour taper quelques lignes.. Y’a tout qui s’embrouille... Mais après tout c’est pas plus mal pour continuer à délirer. En tous les cas j’aimerai bien cinnaître la clef du mystère : les fameuses patates... J’ai pas bien compris c’qu’elles venaient faire là, les patates. P’tête qu’y z’avaient essayer de faire de l’alcool à bagnoles avec des patates avant de se mettre au blé ? Tiens au fait, à Marnay, c’en est où ? Tous les engins sont repartis ? Reste un immense terrain de cross (c’est les gamins de Marnay et de Ponts qui doivent être contents !) taillé dans la craie... C’est-y pas là qu’y vont mettre l’Osiris, la momie reine du royaume des morts ? Avec un nom pareil, y’a pas de doutes, ça cache quek choses, nom prédestiné pour la zone : le royaume des morts ??? Désolé pour les fôtes... c le pastis !!!

  • Commentaire 26377 lilith10
    le 27 août 2008  à 09:47

    Ouais pas mal Clovis, sauf que là tu me joues celui qui dicte à la scribouillarde qui devra écrire au propre comme au figuré derrière. Déjà que c’est compliqué ce roman, si en plus faut qu’on rajoute des codes et souvenirs (au demeurant excellents) dont on ignore tout because - allez encore une chanson "je ne suis pas une troyenne, ça me gène, ça me gène...", ah la la.

    Allez fait un effort mon ami Cloclo, bois donc ton verre , prends ta plume au clair de lune et écris, bordel ! :-):-):-)

  • Commentaire 26384 Clovis
    le 27 août 2008  à 19:53

    Non surtout pas je n’ai jamais eu la prétention de dicter ou dictaturer !

    Il ne s’agissait que d’une connerie pastisée qui m’était passée par la tête.

    Quant au clair de lune je ferai l’impasse sur certaines chansons bien connues.

    Je préfère de loin : "quand vous serez bien vieille, un soir à la chandelle, assise auprès du feu dévidant et filant etc... (corrige mes fôtes stp car ca m’arrive souvent).

    Par contre notre toto, grâce à lui, le roman il avance et l’intrigue avec.

    Mais je ne suis pas surpris par la qualité de ses textes et de son imagination.

    Bravo à lui.

    Quant à moi, pauvre naufragé de la littérature (c’est n’importe quoi), je vais relire du Ronsard par cette belle nuit qui se prépare, buvant de l’anis étoilé (du vrai pastaga de Marseille ça c’est sûr) pour mieux oublier que demain faut retravailler.

  • Commentaire 26386
    le 27 août 2008  à 21:14

    mignonne allons voir si la rose..
    mais c’est pas mal quand même ! ça allège le sujet...

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