Je vous propose une analyse de la situation politique locale et nationale en trois articles. Le premier sera consacré au PS, le second aux écologistes, le dernier au MoDem.
Un point de vue qui appelle, naturellement des réponses, des commentaires, des critiques…
| Les européenne 2009, une nouvelle donne, pas une révolution !
On n’a pas assisté, dimanche dernier, à une révolution dans la politique française. D’abord parce que le nombre des électeurs était extrêmement faible, ensuite parce que même ceux qui votent, profitent toujours des Européennes pour envoyer des messages non contractuels, des trucs qui n’engagent pas plus que quelques jours. À cet aune, Sarkozy avait été blackboulé comme tête de liste il y a quelques années, juste avant de devenir un ministre hyper populaire puis d’être élu président de la République… Avec ces réserves on peut, néanmoins, formuler quelques remarques. |
Le PS :
On pourrait lui appliquer la maxime « Ce qui ne tue pas, rend plus fort… » sauf qu’on n’est pas certain que le PS ne soit pas mort !
Ce parti veut rebondir… mais, comme une balle, il rebondit de moins en moins haut… Les socialistes veulent changer mais ils appliquent toujours les mêmes modes de raisonnement et recherchent toujours les mêmes alliés…
Tous les leaders, ou presque, était d’accord dimanche soir « à gauche toute… » D’Hamon à Aubry on n’entendait la même rengaine, le PS doit retrouver la gauche , on nous refait même le coup du « Front populaire », pas sûr que cela soit adapté au XXIe siècle !
Déjà en 2002, à l’issue de ce fameux 21 avril, on avait critiqué la « gauche plurielle » et on voulait s’unir de nouveau au PC et au MRG. 5 ans après c’est de nouveau l’échec à l’élection présidentielle. On s’est alors aperçu qu’il fallait s’ouvrir à l’extrême gauche et au PC…
Résultats, le PC continue à taper à longueur de journée sur son potentiel allié, ne l’épargnant jamais sauf au moment des seconds tours, et le NPA ne veut pas entendre parler d’union…
26% d’électeurs à gauche non fiable et 25% sur sa droite… Que choisiriez-vous, vous ?2
Le PS choisit la gauche au nom de certitude idéologique (lesquelles ?) et de recherche d’efficacité électorale (laquelle ?)…
2Le PS ne souffre pas que de problèmes de personnes...2
Les débats du PS ne sont pas uniquement des problèmes de personnes… L’affrontement Aubry-Royal cache de vraies divergences de fond dont les socialistes croient sortir en chantant des mélopées idéologiques pour entrer en transe comme les Derviches tourneurs… La « gauche » jouant le rôle de « l’ordre » à droite ou de la « démocratie » au centre, comme un arrimage psychologique qui empêche de voir le déclin.
Copé avait raison, dimanche soir, de conseiller au PS une grande réforme de ses modes de pensées. Le problème est que les socialistes ont une histoire. Au soir de la quatrième république, ils étaient divisés et ridicules, un peu comme aujourd’hui (un peu moins peut-être…) pour les réunir, pour les rassembler, François Mitterrand a joué le jeu du rassemblement de gauche… et le Parti croit encore que c’est là sera son paradigme !
Mais la situation est totalement différente, pour plusieurs raisons :
D’abord, François Mitterrand s’il a réussi l’union de la gauche, a amplifié le mouvement de l’histoire en tuant le parti communisme qui cache dans l’agitation stérile une inexistence électorale de plus en plus flagrante.
Ensuite parce que le parti communiste des années Epinay représentait plus de 25% des électeurs, largement devant les troupes socialistes avec, de plus, une CGT puissante, relaie de terrain monstrueusement efficace. Si la CGT existe encore c’est au prix de plus en plus d’indépendance avec le parti frère… Et les 25% des « rouges » sont devenus 3 ou 4% !
Enfin, « last but not least »… François Mitterrand était un grand, un très grand homme politique, capable de roueries souvent mais surtout de stratégie, de finesse et d’intelligence… Ses successeurs sont loin de le valoir.
2 La situation auboise est, à cet égard, tout à fait remarquable…2
Le PC, ici comme ailleurs, passe son temps à tailler des croupières à son allié. Les mots les plus durs, les attitudes les plus fermés vis-à-vis des socialistes. A tel point que René Legoas, dans un texte fort, publié sur le site du PS quelques jours avant les Européennes, le dénonçait :
« La lecture de la dernière « Dépêche de l’Aube » est sidérante sur la façon dont nos « partenaires » de gauche jugent le P.S. » (…) « Sauf que, lorsqu’on commence à lire les déclarations des grands penseurs de la gauche de la gauche départementale, le libéralisme c’est nous le P.S. ! » Expression libre
Pourtant, loin de se regrouper et de se défendre, les socialistes aubois restent alliés avec le PC. Pire même, le président de l’association de soutien à Jaïm Myara, l’apolitique Jean-François Planchet… co-présidait le comité de soutien au… « Front de gauche » ! et, comme le dit encore René Legoas « Dans le même journal électoral (NDLR La dépêche), la surprise du chef c’est de voir un militant emblématique du P.S appeler à voter pour …le Front de Gauche ! » Le militant en question est Roger Delavoix qui n’hésitait pas à dire à la veille des Européennes « Le Front de Gauche doit avoir la confiance de celles et ceux qui ouvrent les yeux face à la gravité prodigieuse d’un cataclysme qu’ils n’avaient pas imaginé possible. Le front de gauche est le seul mouvement alternatif à vouloir promouvoir une Europe qui réponde aux besoins des populations de ses Etats. Son programme ouvre les portes à de nouvelles pratiques économiques qui peuvent nous éviter la guerre mondiale déjà bien amorcée »… C’est un socialiste qui le dit « Le front de gauche est le seul mouvement alternatif à vouloir promouvoir une Europe qui réponde aux besoins des populations de ses Etats » ??? COMME PLUS DE 700 AUBOIS ILS ONT DÉJÀ SIGNÉ L’APPEL DE SOUTIEN AU FRONT DE GAUCHE UNIS DANS LA RUE, UNIS DANS LES URNES
Nous avons de nombreux amis socialistes à Auboisementcorrect qui se sont souvent étonnés de nos prises de positions et de nos critiques vis-à-vis de leur parti. Sûr que nous ne sommes pas tendre parfois… mais jamais nous ne sommes allé aussi loin dans les critiques et dans les attaques que… les membres du PS ! Mais aucune envie d’ouvrir les yeux… si un MoDem ou un écologiste critique le PS c’est… qu’ils sont à droite !
2Au niveau électoral, même aveuglement…2
Au municipales à Troyes les socialistes (et leurs alliés radicaux… ) refusèrent l’union avec la liste d’ouverture de Philippe Beury préférant donner des places éligibles au PC et la mairie à François Baroin… Encore et toujours l’idéologie avant l’efficacité… 12% des voix au centre ne vaut pas 3% à gauche ! Même les Verts furent exclus d’une alliance, pas assez sûr, pas assez à gauche… et pourtant ceux qui refusèrent aussi l’alliance avec le MoDem l’était fortement (à gauche)…
Et la guerre des chefs parisiennes existent aussi dans l’Aube. Larvé certainement, discrète, effectivement, mais réelle...
Jaïm Myara bien décidé à rester tête de liste aux régionales supportant de plus en plus difficilement Olivier Girardin (pourtant plus à gauche que lui… ) comprenne qui pourra !
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Ce n’est pas le résultat de dimanche qui est le plus inquiétant pour le PS, que ce soit dans l’Aube ou en France… |
L’avenir :
Sans renier ses idéaux, le PS devrait ouvrir les yeux et entamer des discussions vers ses partenaires potentiels, ceux qui comptent, ceux qui ont des électeurs. 25% des voix !
Battre Baroin à Troyes, défendre Bachy à Chalons ou démettre Sarkozy à Paris passent par un renouvellement des hommes, des structures, des idées.
L’ancien « premier parti de France » le veut-il ? Le peut-il ? Nous l’espérons car si le PS ne peut gagner sans le centre et les écologistes, ces derniers ne gagneront jamais sans le PS… Qu’ils s’aiment ou qu’ils ne s’aiment pas MoDem, écologistes et socialistes sont condamné à s’entendre ou à rester longtemps, très longtemps dans l’opposition…









